09 janvier 2007

Sieste catalane

Si je ne m’abuse — et j’ai la flemme de vérifier via Google ou Ms Dewey —, c’est Salvador Dali qui a inventé la sieste catalane. Le principe en est simple : le candidat au repos s’installe dans un fauteuil confortable, en tenant dans une main une assiette ; dès qu’il s’endort, l’assiette échappe à son contrôle, tombe et se brise ; le dormeur se réveille, à peine s’est-il endormi.

Il m’arrive de pratiquer la sieste brésilienne, après avoir déjeuné. Je m’allonge sur le sofa. De la piscine en contre-bas me viennent les cris des enfants jouant dans le petit bassin, du chantier voisin les stridulations des cigales électriques, de la radio une chanson brésilienne un peu mièvre:
“Eu sonho,
Eu vivo
Eu...”
Je me réveille en sursaut. La réminiscence d’un lointain souvenir joue le rôle de l’assiette dalienne. La sensation est délicieuse, la frustration est grande. Si grande que je m’efforce de localiser le souvenir remonté à la surface.

Le doute, aujourd’hui, n’est pas permis. Est-ce la même proximité de la mer, le même air chaud et humide, les mêmes murs blancs, tout semble fait pour me ramener à La Fosca, lieu-dit de Catalogne.

Je m’allongeais après déjeuner, écoutant le pop rock en sourdine d’un disque des Beatles, faisant passer derrière mes yeux les images des filles aperçues le matin à la plage. C’était dans les années soixante. C’était il y a une seconde.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...