06 janvier 2007

Trêve

Tá chuvendo ?
Est-ce qu’il pleut ? C’est la question rituelle que, depuis des semaines, elle me pose tous les matins en se réveillant. Bilan des pluies de la veille : 29 morts à Rio et São Paulo. Et dire qu’en France, ils croient que le Brésil, c’est sea, sex and sun...

Comme il ne pleut pas ce matin et que la couverture nuageuse ne semble pas menacer de crever, nous décidons de commencer la journée comme il convient, en avalant les 10 kilomètres de calçadão, pour se mettre en jambes et en appétit.

Aujourd’hui, c’est jour de ratissage sur la plage. Et arrachage d’herbes folles. C’est fou ce que ça pousse bien dans le sable ! Ils sont une armée de balayeurs en tenue de travail orange. « Limpeza » est imprimé en grand. De même que « Prefeitura de Vitória ». Afin que nul n’ignore que la corruption n’a pas tout englouti des impôts locaux.

Perché sur un des poteaux de ciment qui longent le rivage et impressionnent par leur diamètre et leur hauteur, un noir urubu surveille les techniciens de surface — comme ils disent en France. De quelles ordures mises à jour par les ouvriers va-t-il faire son miel ?

Nous marchons.
À vive allure.
Sans parler.
En jetant un oeil à droite.
Un oeil à gauche.
De temps en temps.

Les navires mouillent dans l’embouchure de la baie, les premiers embouteillages se forment, les balayeurs balaient. Nous marchons sans penser à rien de figé. Nous nous vidons des rêves et des cauchemars de la nuit. Nous sommes prêts à prendre en main le destin de notre journée.
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