24 mars 2007

Bouffonneries

Des vieux amis, on supporte beaucoup de choses. Les facéties, les sautes d’humeur, la mauvaise foi. Et puis, un jour, on se lâche. Une goutte fait déborder le vase. Ainsi du Brésil et du Venezuela.

Si Lula s’efforce de minimiser chaque fois les incartades de son homologue de Caracas, il arrive un moment où, dans son entourage, l’on finit par ne plus se contenir.

Tout est parti d’une remarque du ministre brésilien des Communications sur la télévision d’État vénézuélienne. Il ne disait rien de bien méchant, Helio Costa, en affirmant que cette chaîne publique n’est pas mauvaise, mais à chier. Il ne disait rien de méchant puisqu’il corrigeait aussitôt le tir en précisant qu’elle était excellente pour qui avait envie de se bidonner, se gondoler, se poiler.

Qui peut contester que Hugo Chávez est l’un des plus grands comiques de la scène internationale ? Ces one-man-shows sont certes un peu longs, mais il y a toujours matière à se marrer. Pour les spectateurs qui voient en Chávez un homme politique, et qui le croient de gauche, la rigolade se fait aux dépens du mauvais clown étatsunien. Pour ceux qui ne le supportent pas, le rire prend une couleur jaune.

L’ambassadeur du Venezuela en poste à Brasília, Julio García Montoya, n’a pas apprécié la franchise de Helio Costa. Il s’est fendu d’un communiqué pour tenter de sauver la face de son Lider maximo. Du coup, Costa en a remis une couche en comparant Venezolana de Televisión à la télévision cubaine, à celles de la Pologne communiste et de l’Union Soviétique, qu’il dit avoir bien connues lorsqu’il était en exil.

Insultant, selon Montoya. Exemplaire de la liberté d’expression qui règne au Brésil, selon Costa. Symptomatique du fossé qui lentement mais inexorablement se creuse en Amérique latine.
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