10 mars 2007

Griserie de l’éminence grise

Condoleezza Rice et Celso Amorim
(Photos : Wilson Dias / Abr, ci-dessus,
et Ricardo Stuckert / PR, ci-dessous
)

De l’avis général, le memorandum of understanding (mémorandum d’entente, si vous préférez) signé vendredi entre Condoleezza Rice et Celso Amorim n’aura guère d’impact. Comme souvent ce genre de document, c’est un catalogue de bonnes intentions. Le Brésil et les États-Unis s’engagent à collaborer dans le domaine des biocarburants, et ce aux niveaux bilatéral, régional et multilatéral. Entendez par là qu’outre la coopération scientifique et technique entre les deux pays, il s’agit d’entraîner dans leur sillage l’Amérique centrale et les Caraïbes — le Brésil travaille déjà avec la Jamaïque et El Salvador — puis, sur les autres continents, des pays sélectionnés pour leur capacité à produire de l’éthanol et/ou du biodiesel.

George Bush et LulaPersonne ne se faisait d’illusion sur les barrières douanières nord-américaines. Et, à dire vrai, le Brésil peut se permettre de patienter. Les clients qui ont afflué ces derniers jours, au premier rang desquels le Japon, et qui vont continuer d’affluer — les Britanniques sont attendus dans les prochains jours — suffisent au bonheur des producteurs brésiliens qui seraient bien en peine de satisfaire toutes les demandes.

Cette affluence soudaine, on la doit à Bush et, dans l’ombre, à Celso Amorim. En faisant inviter le président des États-Unis, le ministre des Relations extérieures était certain d’attiser les convoitises des concurrents et d’attirer les caméras du monde entier pour faire la publicité de l’éthanol brésilien. Ce qui lui a fait dire en fin de journée que le moment le plus important de la visite a été la photo de W. coiffé du casque de Petrobras.
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