01 avril 2007

Rien, mais déjà beaucoup

Abaissement des droits de douane sur l’éthanol, reprise des négociations du cycle de Doha, sur ces deux dossiers présentés comme importants par la partie brésilienne, Lula n’a pas caché n’avoir rien obtenu.

Malgré tout, de toutes les réunions entre les deux présidents, celle-ci a été la plus productive, dixit Lula. Faut-il y voir une pirouette ? Ou convient-il de tenter de comprendre ce que cache cette formule ?

Une clé est peut-être donnée par les propos qui suivent : « Les accords que nous avons signés aujourd’hui et que nous pourrions signer dans le futur sont de nature à affirmer, sans le moindre doute, que les relations entre les États-Unis et le Brésil ne sont pas seulement nécessaires, mais sont stratégiques. »

Lula se berce-t-il d’illusions ? En tout cas, cette déclaration révèle sa vision du monde et, surtout, des Amériques : un géant au nord, les États-Unis, et un géant au sud, le Brésil, doivent s’entendre pour imposer leur leadership au continent. Il y a dix ans encore, ce scénario n’aurait eu aucune crédibilité, les États-Unis donnant l'impression de largement dominer le monde. Aujourd’hui, alors que son économie pèse de moins en moins dans les échanges internationaux, que son armée est embourbée en Irak, que sa diplomatie est impuissante à régler les conflits, il n’est pas interdit d’imaginer que se prépare une nouvelle façon de partager, dans une certaine proportion, le pouvoir.
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