20 mai 2007

Apatrides

Ils sont trois frères, de mêmes père et mère brésiliens. L’aîné et le benjamin ont la nationalité de leurs parents, le cadet non. Raison de cette anomalie : il n’est pas né au Brésil. Depuis 1994, c’est le droit du sol qui inspire le code de la nationalité brésilien. Comme en France, mais à la sauce tropicale. Ici, le territoire possède une dimension exclusive : si tu ne nais pas sur la terre de la bien aimée mère patrie, tu es étranger, mon fils.

Comme cet enfant, ils sont 200.000 dans ce cas. Apatrides pour la plupart, car dans l’impossibilité d’obtenir la nationalité du lieu de leur naissance, le droit du sang s’appliquant dans de nombreux pays.

Dans un monde prétendûment global, soi-disant réduit à un village planétaire, les absurdités de cet acabit se multiplient. Il ne fait pas bon perdre ses papiers et devoir les renouveler quand la couleur de la peau ou les sonorités du patronyme ne paraissent pas en accord avec le pays dont on est pourtant citoyen. Pour avoir été un témoin direct de ce genre de situations, il m’a semblé que les frontières étaient plus présentes dans les têtes que dans les textes. À cela, la réponse des démagogues vient de prendre la forme, en France, d’un scandaleux ministère de l’identité nationale.
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