14 juillet 2007

Huées

Les cérémonies d’ouverture des Jeux, qu’ils soient olympiques, méditerranéens, panarabes ou vénusiens, prétendent célébrer, sur fond de chorégraphies crypto-staliniennes, l’amitié entre les peuples autant que le culte de l’effort et de la compétition. C’est aussi l’occasion pour tout un pays de se retrouver soudé autour de son équipe et d’oublier ses querelles internes.

Rien de tout cela n’a fonctionné hier lors de l’ouverture officielle des Jeux panaméricains. Si des applaudissements ont été émis, ils ont été largement couverts par les huées.

Détestation des États-Unis, de l’Argentine et du Venezuela nous rappelaient de quel bois nationaliste est fait le public des stades brésiliens et, il faut l’admettre, d’un peu au-delà. L’anti-américanisme reste assurément une valeur sûre, que la gaffe de Kevin Neuendorf a su raviver à temps. Qu’importe si la puissance des États-Unis n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été à son apogée (de 1917 à 1945, pour être clair et précis), ils sont encore nombreux à croire payant de lui imputer la responsabilité des malheurs du monde.

Siffler les Argentins relève plutôt du folklore. L’Argentine est le meilleur ennemi du Brésil, celui sans lequel il ne serait pas possible d’exister. Prochain rendez-vous, ce dimanche soir lors de la finale de la Copa América.

Le Venezuela est assurément la valeur montante des haines dans la région. Il est évidemment absurde de confondre le pays avec son Chef d’État-Major, mais les foules, sans doute trop sentimentales, ne s’arrêtent pas à ce genre de détail.

Mais le grand gagnant à l’huées-mètre a sans contestation possible était Lula en personne. Hué à six reprises, le Président en a même renoncé à déclarer ouverts les 15èmes Jeux panaméricains, comme l'exige le protocole.

Dire qu’il ne le méritait pas serait un tantinet exagéré, en ces temps où il démontre avec une constance de bourrique sa propension à ne pas gouverner. Cela le sortira-t-il de la torpeur auto-satisfaisante où l’ont plongé encore plus profond les derniers sondages qui démontrent une popularité jamais égalée ?

Maristela, dans un brillant billet, voudrait croire qu’il n’est pas près d’oublier ce sale quart d’heure. J’ai plus que des doutes. Lula sait que les spectateurs du Maracanã, qui ont payé jusqu’à 250 R$ le droit de se montrer aux caméras de Globo, ne sont pas les mêmes que ceux, beaucoup plus nombreux qui l'appuient.

J’en veux pour preuve, une preuve par l’absurde si l’on veut, que les spectateurs qui ont hué Lula ont applaudi chaleureusement Cesar Maia, le maire de Rio. Franchement, Cesar Maia mérite-t-il des applaudissements ?
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