28 juillet 2007

Pets de vache et cannes à sucre

Une étude britannique vient de le rappeler fort opportunément, le cheptel bovin, gros de 180 millions de têtes, est le premier facteur qui contribue à l’effet de serre au Brésil, comme dans d’autres pays. Chaque vache émet en effet en moyenne 200 litres de méthane par jour, un gaz autrement plus nuisible que le dioxyde de carbone. De toutes les études en cours visant à modifier leur alimentation afin de réduire leurs flatulences, ressort à l’heure actuelle qu’un apport d’ail pourrait faire l’affaire. Comme j’adore ce condiment, je me réjouis à l’avance de boire bientôt un lait aillé... à la source.

Peut-être serait-il plus malin de consommer moins de viande et, par conséquent, de diminuer la taille des élevages. D’autant que l’on serait gagnant sur tous les tableaux, les maladies cardiovasculaires perdant, au Brésil et sans doute ailleurs, leur rang de première cause de mortalité.

Les lecteurs fidèles ont déjà compris où je veux en venir : un plan national d’occupation des terres agricoles est en cours de préparation, dont l’objectif est de favoriser le développement de la culture de la canne sur les zones dégradées par les pâturages.

Encore faut-il que les producteurs de canne cessent de brûler les résidus, émetteurs de 4,5 tonnes de CO² à l’hectare. Selon l’IAC (Instituto Agronômico de Campinas), lorsque la cueillette est mécanique, ils sont laissés sur le sol, servent d’engrais naturel et contribuent à l’amélioration des sols (jusqu’à 20 tonnes par hectare et par an), en augmentant leur humidité et leur fertilité. De plus, cette dernière décennie, ont été mis en culture 80 variétés nouvelles de canne. Cette diversité crée une meilleure résistance et facilite la protection contre les maladies, ce qui permet de diminuer le recours aux pesticides.

Chercheurs et producteurs ajoutent, à l’intention de Fidel et ses affidés, que cette expansion favorise la production d’aliments. Du total des surfaces actuelles, 15% restent disponibles chaque année, par rotation, pour d’autres plantes. Dans la plus grande région productrice, celle de Ribeirão Preto (État de São Paulo), l’ensemencement direct, sans brûlis ni nettoyage, permet la culture de variétés précoces de soja et d’arachide, entre deux cycles de culture de canne.

Autre mesure annoncée, la certification sociale et environnementale de la chaîne de production d’éthanol, en cours d’élaboration par l’Embrapa (Empresa Brasileira de Pesquisas Agropecuárias), sera prochainement présentée aux producteurs.

Reste qu’il conviendra que le gouvernement brésilien se donne des moyens de contrôle à la hauteur de ses ambitions. Comme je l’ai déjà maintes fois écrit, la pression internationale peut l’y aider.
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