09 octobre 2007

Ché dégueulasse

Les journaux du monde entier n’en peuvent plus. Le monde entier ? J’ai des doutes. Qui a entendu parler du Che en Chine, par exemple ? Bon, nous ne ferons pas la fine bouche. Il s’agit tout de même de célébrer le quarantième anniversaire de la mort du Che. Son assassinat, pour être clair. Un acte lâche et dégueulasse. Voire contre-productif.

Les éditorialistes d’aujourd’hui tentent de relancer l’intérêt en cherchant à tirer au clair d’où est venu l’ordre d’exécution. Histoire d’en remettre une couche sur la responsabilité des Yankees, et notamment de la CIA qui aurait agi sans en référer au Président. Ce qui n’aurait pas été une première, puisqu’il est avéré que, comme Frankenstein, la CIA est une création qui a depuis longtemps échappé au contrôle de son créateur.

Commémorer ce quarantième anniversaire, ça veut dire quoi ? Personnellement, c’est tout bêtement cette question qui m’intéresse. Qu’est-ce qu’on fête au juste ? Le fric fait par le capitalisme mondial qui, très vite, a su recycler en tee-shirts, livres et films l’icône produite lors de la construction du mythe ? La résistance du mythe à l´érosion du socialisme réel et aux pertes d’illusion qui ont suivi ? Au total, je me demande si le Che n’a pas fait plus pour l’ennemi que pour la cause qu’il avait embrassée.

Il y a longtemps, Régis Debray a publié un livre sur le Che. Il y raconte comment le Che avait gagné un pari lancé à ses camarades. Il s’agissait de faire tenir droits sur une table leurs slips, tellement sales qu’ils en était devenus, du moins celui du Che, rigides. Une blague de bon goût, comme on entend dans les facultés de médecine du monde entier. Du monde entier ? Voilà que, comme les journalistes, je me laisse emporter par mon enthousiasme.

Le Che est mort, vive le Che !
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