07 novembre 2007

Pétrole : en attendant le grand déballage

Ils sont formidables. Ces gens formidables sont les experts de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Depuis des mois, ils touillent en tous sens les chiffres et les petites cases de leurs feuilles de calcul et de leurs méninges, et ils ne s’en sortent pas.

Ce qui doit pourtant sortir, c’est leur rapport annuel. Le World Energy Outlook 2007 a fini par être rendu public, ce mercredi 7 novembre, à Londres. Ils ne parviennent pas à cacher leur embarras.

D’un côté, il faudrait faire passer la production journalière de 84 millions de barils à 116 millions, si l’on veut simplement accompagner l’augmentation de la croissance économique mondiale, c’est à dire, pour l’essentiel, celle de la Chine et de l’Inde. Cela, cela ne mange pas de pain, c’est facile à calculer et c’est facile à dire.

De l’autre côté, sur la face cachée de la Lune et du problème, il y a ce que l’on sait et que l’on n’ose dire que du bout des lèvres. Parce qu’il devient de plus en plus difficile de faire comme si les réserves étaient extensibles.

Alors, ils tournent autour du pot, qui est un gros puits de pétrole, celui qui fait carburer leurs imaginations depuis des décennies. Et, de leurs puits de science, nous sortent la grosse artillerie, prise à l’ennemi, les prophètes de mauvaise augure, ceux qui veulent nous convaincre de l’inévitable réchauffement de la planète. C’est un comble, mais nous y sommes, l’AIE nous vante désormais la modération au nom de la préservation de l’environnement !

À côté du grand déballage à venir, que le baril de brut passe aujourd’hui les 100 dollars, c’est un détail. D’autant que 100 dollars, ça ne fait que 70 euros.

Dans cette affaire, le Brésil est aussi un détail. Mais c’est un détail qui ne m’est pas indifférent, puisqu’après tout j’y vis. La question énergétique y fait débat depuis longtemps. Grâce à Evo Morales, le gaz occupe le devant de la scène. Sa fourniture aux automobiles, notamment aux taxis, a été suspendue quelques jours. La Bolivie est incapable de répondre aux besoins de ses clients, l’Argentine et le Brésil, ni même à ses propres besoins.

Petrobras a décidé de livrer en priorité les usines thermo-électriques et les industries auxquelles il a vanté depuis des années les vertus du gaz naturel. C’est un arbitrage somme toute raisonnable. Tant pis pour les transports et, en particulier, les automobiles. Ce type d’arbitrage, je parie qu’il va souvent se renouveler. Et pas seulement s’agissant du gaz et du Brésil.

Cela n’a pas plu du côté du Planalto. Les taxis roulent de nouveau, même si les problèmes ne sont pas résolus et ne sont pas près de l’être. Dans la meilleure des hypothèses, il faudrait trois ou quatre ans, si l’on décidait la reprise des investissements en Bolivie, pour satisfaire la demande. Par conséquent, notre Brésident demande que nos usines thermo-électriques deviennent au plus vite bi-combustibles, comme les moteurs flex-fuel, mais gaz et diesel. Le Brésil est et sera bi-combustible, c’est inscrit dans sa Constitution !

Autre détail, les constructeurs automobiles ont multiplié ces dernières semaines leurs annonces d’investissement au Brésil. Malgré le real fort et le custo Brasil. Dommage qu’ils ne nous aient pas dit la vraie raison de ce choix !

----------------------------

Selon l’IBP (Institut brésilien du pétrole, du gaz et des bio-carburants), le parc automobile à gaz comprend 617.131 véhicules dans l’État de Rio et 363.073 véhicules dans l’État de São Paulo, ces deux États comptant pour 75% du parc national.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...