08 novembre 2007

À voile et à l’éthanol

Bon, il faut être juste, ou du moins objectif, il n’y a pas que les mesquins type AXA, il y a aussi des annonces plus consistantes, comme celle associée à la transat Jacques Vabre. Ainsi, les émissions de CO² liées à l'organisation de cette compétition seront, pour partie, compensées grâce au soutien d'un projet de reforestation au sein d'une zone de 15.000 hectares, située au sud de Salvador de Bahia.

Les courses de bateau, ce n’est certes pas ma tasse de thé et encore moins de café, même lorsqu’il s’agit d’un événement sponsorisé par un torréfacteur. En revanche, je rêve depuis quelques jours de faire mon prochain voyage vers l’Europe sur un cargo. Cette idée, je la dois à Benjamin qui m’a fait parvenir les Journaux de voyage de l’Albert Camus.

C’était en 1949, le futur prix Nobel de littérature avait été invité à donner des conférences au Brésil et, collatéralement, en Argentine, au Chili et en Uruguay. Albert avait embarqué à Marseille le 30 juin et débarqué à Rio le 15 juillet. C’était le temps heureux où l’on savait s’ennuyer et rêvasser en contemplant la mer, la nuit, les étoiles, la galbe de la jambe d’une femme voyageant sur le même navire. C’était le temps où l’on pouvait prolonger une conversation deux semaines durant, la ruminer, l’approfondir, l’argumenter. C’était le temps où l’on pouvait élaborer de savantes stratégies de séduction. C’était le temps où l’on avait le temps de penser.

Ce temps reviendra-t-il ? Peut-être. Sur leurs planches à dessin qui sont aujourd’hui des écrans d’ordinateur, des architectes navals dessinent aujourd’hui des cargos hybrides à voile et à l’éthanol qui transporteront demain dix mille tonnes de Santos au Havre en une quinzaine de jours.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...