10 décembre 2007

Banque du Sud : un dimanche entre amis

Ils se sont retrouvés chez les Kirchner. Hugo, Evo, Nicanor, Rafael, Lula, ils étaient presque tous là. Manquait Tabaré, qui n’est plus dans les petits papiers de ses voisins méridionaux, mais qui devrait tout de même se joindre à eux pour l’investiture de Cristina, ce lundi.

Ils se sont envoyé des compliments et des amabilités : de Hugo à Lula « le cheikh de l’Amazonie », qui appelait pour réponse à Hugo l’éculé « roi du pétrole » ; de Lula à Evo « la chose la plus extraordinaire de l’Amérique du Sud » et « nul mieux qu’Evo n'incarne la Bolivie ».

Ils ont signé le document portant création de la Banque du Sud, sous leurs propres applaudissements et ceux de Dominique Strauss-Kahn.

On ne sait pas grand chose de ce que sera la Banque du Sud, mais l’on sait, grâce à Guido Mantega, le ministre des Finances du Brésil, qu’elle n’a « rien à voir avec le FMI », ce qui explique la présence de DSK, mais plutôt avec la Banque mondiale ou la Banque interaméricaine de développement.

Si son siège sera à Caracas, ce n’est pas, toujours selon Guido, parce que le Venezuela a eu l’idée de cette banque, mais parce que Hugo en est le plus enthousiaste défenseur. Un sous-siège ( !) se trouvera à Buenos Aires. Et s’il n’y aura rien à Brasília, supposé être le plus gros contributeur, c’est sans doute pour signaler à quelle hauteur se situe l’enthousiasme du président brésilien.

En principe, les équipes ont maintenant 60 jours pour rédiger les détails de ce que seront les statuts de l’établissement. Le diable étant dans les détails, il est plus que conseillé d’attendre avant de se faire une idée de l’utilité de la Banque du Sud.
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