20 décembre 2007

Carabobo, bobo

Récemment encore, Hugo Chávez affirmait, en exhibant des graphiques Excel, que son pays possédait les plus importantes réserves d’hydrocarbures au monde. De quoi rassurer ceux qui ne pensent pas utile de se préoccuper outre mesure de l’approvisionnement en pétrole.

Toutefois, Petrobras a pris la peine d’annoncer aujourd’hui, par un communiqué de son directeur de l’International, Nestor Cerveró, qu’il envisageait de ne pas donner suite au partenariat signé avec son homologue vénézuélien, pour l’exploitation du gisement de Carabobo.

La raison de cette hésitation est le montant de l’investissement : 12 milliards de dollars. S’agissant de réserves estimées à 45 milliards de barils, cela peut paraître raisonnable, à environ 25 cents le baril quand celui-ci flotte aujourd’hui, sur le marché, autour de 90 dollars. Encore faut-il y ajouter les intérêts des emprunts nécessaires, les charges d’extraction et, surtout, les marges.

Et puis, pourquoi s’engager dans un tel investissement quand on peut payer moitié moins en Angola, au Nigéria ou en Turquie ?

Bien sûr, cela fait partie de la négociation avec PDVSA. Mais il y a aussi intérêt à laisser monter encore le cours du brut.

Petit à petit se dessine une nouvelle carte, celle des réserves en fonction de leur rentabilité. C’est une carte géologico-économique, mais aussi géo-politique, qui dégonfle petit à petit les prétentions abracadantesques des clowns à la Chávez et des Assurancetourix de l’ère du pétrole.
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