10 février 2008

L’ennemi numéro un du Brésil

Un milliard de dollars. La défense de l’espace aérien et du territoire brésiliens vaut bien ça. Vraiment ? Toute doctrine militaire impose le choix d’un ennemi numéro un. Il faut donc en identifier un, pour ensuite définir un plan. Quel peut bien être le principal ennemi potentiel du Brésil ? Les pays qu’on nous présente régulièrement comme susceptibles de menacer la sécurité mondiale, l’Iran ou la Corée du Nord, se trouvent bien trop loin. On imagine tout aussi mal les armées boliviennes se lançant dans une tentative de récupération de l’Acre. L’Argentine et le Brésil ne s’aiment guère, mais ont choisi depuis longtemps de porter leurs velléités belliqueuses sur les terrains de football et de s’en tenir à cette forme d’ordalie moderne. Et, d’une manière générale à l’échelle du continent, hors les terrains de football, le Brésil n’a que des amis. Alors, je vous le demande, qui ?

Toujours est-il que, mardi dernier lors de son séjour en France, Nelson Jobim n’a pas discuté que de sous-marins nucléaires. Selon la Folha, le projet de satellite géostationnaire brésilien (SGB) était sur la table du dîner offert par Denis Ranque, le président de Thales. Un milliard de dollars, donc. La nord-américaine Raytheon est sur les rangs. Une entreprise russe aussi. Mais le Brésil a toutes les raisons de préférer l’entreprise française à ses concurrentes trop marquées géopolitiquement. Par défaut, en quelque sorte. Et puis l’essentiel de ce genre de négociation ne filtre que modérément. En tout cas moins que les SMS de Sa Suffisance à madame l’ex-première Dame de France.

Ce mardi, profitant de son passage aux marges amazoniennes de son Petit Empire, le Petit Empereur recevra son voisin Lula. Il sera question une fois encore du SGB. Et de sous-marins. Et de créer un axe Brasília Paris, sous forme de partenariat stratégique. Ce qui ne mange pas de pain.

Accessoirement, les deux Chefs d’État parleront aussi du quartet formé par leurs deux pays, l’Argentine et Cuba. Un quartet qui s’efforce depuis quelques semaines de relancer les négociations en vue d’obtenir la libération des otages des FARC. La présence de Cuba peut surprendre, elle est toutefois la confirmation de ce qui a transpiré de la récente visite de Lula à Fidel, à savoir que La Havane observe d’un œil méfiant son meilleur allié, le Chávez, sur cette question.

Enfin, pour amuser la galerie, il sera question de l’immense effort que fourniront ensemble et en bonne intelligence le Brésil et la France pour préserver la bio-diversité. Et du fameux pont, qui a déjà fait couler tant d’encre, dont une maquette sera dévoilée au public, un public moyennement enthousiaste côté guyanais.

Cependant, tout cela ne nous aide guère à identifier l’ennemi numéro un du Brésil. Mais vous avez peut-être une idée ?
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