11 février 2008

L’impossible retour aux sixties

Au Brésil, comme en France pour autant que je puisse en juger, au prétexte de la vieille rengaine sur l’écrasant pouvoir de la super-puissance, les médias nous bassinent avec les élections américaines, comme si notre vie dépendait de leur résultat. Mouais...

Supposons un instant que cela soit vrai. Reste l’essentiel : y a-t-il une différence de politique à attendre des trois candidats encore en lice ? Des nuances sans doute. Mais rien de plus.

Ce qui m’amuse est l’espèce d’aura dont jouit Barack Obama, du seul fait qu’il n’est pas Blanc. Cela en fait-il pour autant le candidat d’une rupture avec la période Bush ? Il me semble pourtant clair que s’il était élu, Barack Obama serait le candidat de la plus grande continuité avec le président actuel, ses positions passées sur la guerre en Irak ne changeant rien à l’affaire. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que de plus en plus de Républicains bon teint lui apportent leur soutien public. Ou que les rumeurs se font de plus en plus insistantes sur un ticket Obama Powell.

Quel est en effet le programme de Barack Obama ? Que du très vague : l’espoir rendu au peuple. Le retour aux sixties et Kennedy, qui serait perçu aujourd’hui comme l’un des pires présidents que les États-Unis ont connu s’il n’avait pas été assassiné. Un retour qui relève évidemment de l’illusion ou, pire encore, de l’hallucination collective. La réalité, la vérité d’Obama, surgit parfois au détour d’un débat. Ainsi, sur une question comme l’assurance santé obligatoire, que défend Hillary, Obama botte en touche en disant a priori préfèrer en rester aux principes actuels de la sacro-sainte liberté de choix des citoyens. Dans son esprit, la restauration de l’espoir est la restauraution du rêve américain, dont il est d’ailleurs une illustration réussie.
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