16 mars 2008

The Golden Door

Une seule image : celle d’une foule de va-nu-pieds, de crève-la-faim, de rêveurs d’un nouveau monde. Une foule filmée du dessus, qui ne semble faire qu’une, où domine la couleur noire des habits élimés, des trognes mal lavées, des ongles sales. Et puis, dans le grondement effrayant d’une machinerie qui se met en branle, la moitié de cette foule se sépare lentement de l’autre moitié. Les uns ont embarqué, les autres sont restés à quai.

À la sortie de la projection, les descendants d’Italiens se regardent et s’interpellent, pour rendre hommage à leurs ascendants, descendus du bateau, ici, dans le port de Vitória, une île aussi, comme Ellis Island. Après une quarantaine, c’était accès direct au pays de cocagne, au bordel ambiant et au territoire à défricher et conquérir.

Alors, ces Locatelli, ces Signorelli, ces De Luca, ces Coser, ces Perrone, dont les aïeux en ont chié, peuvent bien me faire remarquer que, pour moi, cela a été, en comparaison, une simple formalité.

Le même jour, cela n’a pas été une simple formalité, mais l’aboutissement d’un long processus pour les trois musiciens cubains du groupe Los Galanes ayant demandé le droit de rester à Recife. Ni pour Bruno Daniel et Marilena Nakano, le frère et la belle-soeur du maire de Santo André (État de São Paulo) assassiné dans des circonstances pas totalement éclaircies, à qui l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a accordé l’asile politique...

De tout temps, les femme et les hommes ont eu besoin d’émigrer. Ces mouvements ne sont pas près de s’arrêter. Aucune loi, si sévère soit-elle, ne pourra s’y opposer.
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