22 mars 2008

Poussières

J’avais une dizaine d’années. Le Pays de Galles n’évoquait qu’un pays gris, aussi gris que celui que je parcourais entre Flandre et Picardie, aussi gris que l’écran du téléviseur devant lequel le paternel restait scotché le samedi après-midi lors des Galles France du Tournoi des cinq nations.

En parcourant aujourd’hui les rues de Merthyr Tydfil en compagnie de Robert Haines, le retour au Pays est un retour aux couleurs de cette enfance, aux heurs et malheurs de ce monde presque effacé de ma mémoire.

Les Tommy Gravedigger, Billy Bricks, Dai Llewellyn, je les ai pourtant bien connus. Et si ce n’était pas eux, c’était leurs cousins, ça j’en suis sûr. Ils s’appelaient Delannoy, Tavernier ou encore Sadowski.

Il y a loin, à première vue, de la lumière du Brésil à la grisaille du Nord de la France et du Pays de Galles. Il y a pourtant en commun cette même poussière noire qui s’infiltre partout, cette poussière que maman ne cessait de ramasser dans la grande maison presque vide de la rue des Ferronniers, cette poussière qui, ici à Vitória, souffle du port de Tubarão vers les villes du Grande Vitória alentour. Car on n’échappe jamais tout à fait à son passé, fut-il poussières.
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