22 mai 2008

Remède et poison

brasil
Lu, dans la Folha de São Paulo du 17 mai, une interview de José Miguel Wisnik, professeur de littérature à l’USP (Université de São Paulo), à propos d’un ouvrage qu’il consacre au football, Veneno Remédio.

Question de Marcos Augusto Gonçalves : « Pourquoi le football s’est-il si bien acclimaté au Brésil ? »

Réponse de Wisnik : « Comme nous le savons tous, le football brésilien a exploité la marge de liberté ludique que le football admet, faisant de cette latitude un instrument efficace. Si le football inventé par les Anglais résout une espèce de ‘quadrature du cirque’ de la modernisation, en joignant le jeu au rite, avec des éléments modernes et pré-modernes, le football brésilien a introduit l’ellipse, le lancer non-linéaire, en démontrant une réelle vocation, qui lui est toute personnelle, à exploiter ses limites et en tirer parti.

Par la maîtrise de ses dons, à la fois enviables et ‘improductifs’, avec tout ce que cela a d’ambigu, le Brésil apparaît aux yeux du monde comme l’inventeur d’une sorte de technologie de pointe de l’oisiveté.

D’où cela vient-il ? De la conjonction de l’esclavage et du métissage, de la dialectique de la roublardise, de ‘l’homme cordial’, du retard, de la puissance anthropophagique ? Je ne vais pas commencer à répondre à cette question ici, alors que je viens de terminer un essai qui devait tenir en 40 pages et qui a fini par en donner 400. Je veux simplement rappeler que, contrairement à tous les autres domaines de la culture de masse, où règnent les modèles nord-américains, le sport le plus universel n’intéresse pas les étasuniens, alors que les sports nord-américains n’intéressent pas le reste du monde.

C’est curieusement là où l’hégémonie de l’imaginaire étasunien est prise en défaut, qu’apparaît mystérieusement le Brésil. »

Il n’est pas dans mon intention, ni même de ma compétence, de critiquer les propos et encore moins le livre de Wisnik, mais je ne puis m’empêcher de faire remarquer que les États-Unis ont en commun avec le Venezuela et Cuba l’amour immodéré pour un même sport, le base-ball. De là à penser que les bisbilles qui fâchent les États-Unis avec ces deux rivaux latinos...

copa 2006
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