12 septembre 2008

Anniversaires

On commémore en 2008, je l’ai déjà évoqué, les 200 ans de l’installation à Rio de la Cour portugaise, fuyant l’avancée des troupes napoléoniennes sur Lisbonne, et, par conséquent, la véritable création du Brésil. On célèbre aussi les 100 ans de l’arrivée des premiers migrants japonais et le début de l’implantation de la communauté qui aura le mieux réussi, collectivement parlant. Et, pour faire bonne mesure, on fête les 50 ans de la naissance de la bossa nova et le début de l’intégration de la musique populaire brésilienne (MPB) dans le grand jukebox mondial. Sans oublier qu’on arrosera les 25 ans de mon fils dans quelques semaines, mais cela n’a rien à voir avec le Brésil...

C’est aussi les 200 ans de la création de Banco do Brasil, qui pour l’occasion organise une tournée des capitales avec un spectacle, Lua em Concerto, um olhar erudito sobre a obra de Luiz Gonzaga, l’une des icônes du Brésil, le roi du baião, disparu il y aura bientôt 20 ans.

Porter un regard érudit sur la musique de Luiz Gonzaga, c’est tendre l’oreille à ses compositions interprétées par des musiciens plus souvent habitués à revisiter Vila Lobos et Bach qu’un chanteur nordestin à chapeau de cangaceiro ! En son temps, la soprano Cathy Berberian s’était livrée au même exercice à partir des mélodies des Beatles. Une autre soprano, l’étatsunienne Carol McDavit reprend ici les succès immensément populaires de Gonzagão. Elle est accompagnée, à moins que ce ne soit l’inverse, par Turíbio Santos, le maître de cérémonie, par Nonato Luiz et par Oswaldinho do Acordeon.

Élever le niveau de jeu des compositions de Luiz Gonzaga passe remarquablement bien la rampe. Le public de Vitória s’est laissé séduire et a eu le droit — il faut le dire comme ça — de chanter en chœur avec la belle Carol Asa Branca.
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