21 novembre 2008

Le Brésil et la Chine, modèles de stabilité

Ce n’est pas moi qui le dis — d’ailleurs, je ne le pense pas — mais les Britons du Daily Telegraph : « Le Brésil et la Chine émergent comme modèles de stabilité ».

Et, à propos du verbe « émerger » que l’auteur emploie, l’article rappelle que l’expression « marché émergent » aurait été inventée par un bureaucrate de la Banque mondiale il y a 30 ans pour qualifier les pays ayant un faible revenu par tête.

Mouais, je n’ai jamais aimé cette expression fourre-tout. Qu’ont de commun le Brésil et la Chine, ou plutôt qu’ont-ils de commun quant à leur évolution ces 30 dernières années ? Pas grand chose, à mon humble avis.

La Chine a vraiment fait un grand bond en avant — pas celui dont rêvait Mao —, qui a permis l’émergence d’une classe de consommateurs de, disons, 2 ou 3 centaines de millions de personnes — et l’on ne discutera pas ici du colossal prix payé par la population chinoise.

Le Brésil est aujourd’hui, socialement, à peu près dans la même situation qu’il était il y a 30 ans, 60 ans ou 90 ans. Les proportions entre riches et pauvres n’ont guère varié. Si le marché brésilien est devenu plus intéressant aux yeux des industriels des pays développés, c’est tout bêtement, c’est-à-dire arithmétiquement, que sa population augmentant, la classe de ses consommateurs augmente. Un tiers de 60 millions d’habitants, cela faisait 20 millions de consommateurs il y a 90 ans. Le même tiers aujourd’hui fait 60 millions, soit grosso modo autant de consommateurs qu’en France.
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