10 novembre 2008

Les mystères du samba

Le Brésil vous intéresse ? Les Brésiliens, plus précisément ? Je ne sais pas si vous vous êtes déjà demandé comment on pouvait être brésilien. Je ne parle pas du passeport, je parle de l’âme. Les Français n’ont plus d’âme, puisqu’ils ont tué Dieu. Les Brésiliens inventent deux ou trois religions par jour. Mais je m’égare. Quoique...

Être brésilien, ça n’est pas donné à tout le monde. Et j’aurais beau habiter 50 ans au Brésil, acquérir la nationalité (bientôt, se Deus quiser...), voter et même mourir et être enterré dans la meilleure des terres brésiliennes, je ne serai jamais brésilien dans l’âme. Pire, je ne comprendrai jamais comment on peut être brésilien.

Notez bien que les Brésiliens non plus ne savent pas comment on peut être brésilien. Ça les amuse parfois, ça les agace de temps en temps, en tout cas ça les étonne qu’un pareil peuple puisse exister sur la face de la Terre.

Le samba, c’est un peu pareil. Un vrai mystère. Des mystères, même, si l’on en croit le titre du film consacré à la Velha Guarda da Portela, présenté lors du dernier festival de Cannes, un film à ne pas manquer si vous vous demandez comment on peut être brésilien.

Puisqu’il est impossible d’expliquer, les réalisateurs, Carolina Jabor (la fille d’Arnaldo ?) et Lula Buarque (de la dynastie), tentent d’approcher leur sujet au plus près, si près parfois que le grain de la peau des hommes et des femmes qui composent la famille de la Velha Guarda devient l’alphabet d’une sorte de livre dans lequel nous tentons de lire leur vie. Mais à ce petit jeu-là, spectateurs comme réalisateurs, nous sommes analphabètes.

La caméra recule, le plan s’élargit pour embrasser la trentaine de personnes réunies autour d’une table, qui jouent, qui chantent, qui vivent. Alors, ça vous prend à la gorge et vous vous dites que oui, il y a bien des mystères dans le samba et dans l’âme brésilienne, des mystères qui ne seront jamais percés, et que c’est sans doute mieux comme ça.
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