12 février 2009

C’est quoi le Brésil (2)

« Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous les voyons comme nous sommes », dit le Talmud. Krishnamurti ne dit pas autre chose : « L’observé est l’observateur. » Faut-il que justifie mon détour par des anecdotes autobiographiques avant d’entrer dans le vif du sujet ? La réponse à cette question se trouve dans le Talmud et chez Krishnamurti, entre autres.

Rassurez-vous, je n’en dirai guère plus, sinon qu’après divers allers et retours entre le Brésil et la France, puis un mariage avec une Brésilienne, j’ai fini par choisir de m’installer à Vitória. D’où ce blog, d’où ce questionnement sur ce qu’est le Brésil, du moins mon Brésil, d’où cette tentative d’y répondre après quelques années de vie ici.

Puisqu’il n’est pas question ici de se lancer dans une description encyclopédique de ce pays — il y a Wikipedia pour ça —, et parce que je ne sais pas par quel bout me saisir de l’objet, il va bien falloir que je me jette à l’eau et que je sorte une première énormité. Une énormité, parce que je vais avancer à tâtons, me contredire et me corriger sans cesse.

Alors disons le tout de go : le Brésil est le pays du chaos moyen. Je commence par cette phrase, plutôt banale, parce que souvent je reviens à cette conclusion, banale, après avoir tenté d’analyser telle ou telle facette de l’objet. « Chaos », bien évidemment, parce qu’il n’y a pas de pays, de société qui n’ait atteint aujourd’hui, par entropie, une complexité hors de contrôle. « Chaos moyen », parce que le Brésil me paraît être loin du meilleur comme loin du pire de notre monde.

On le voit, déjà, le simple fait de situer le Brésil sur une sorte d´échelle qui irait du pire au meilleur exige que je précise mes références. Ce que je considère le meilleur n’est sans doute pas ce que tous mes lecteurs considèrent comme le meilleur des mondes.

Pour qui ne vit que pour le ski — pour prendre un cas limite et de saison pour les Européens —, le Brésil ne sera jamais le meilleur des pays où vivre. Pour qui ne vit que pour l’étude de la sexualité des piranhas, le Brésil sera sans doute le meilleur endroit où poser son sac et ses éprouvettes.

Je sens que je ne m’en tirerai pas comme cela et qu’il va falloir que je me découvre un peu plus, que j’essaie de définir ce qu’est mon échelle de référence, pour mieux situer le Brésil sur cette échelle. Je le ferai au prochain épisode, dans quelques jours. Je serai en effet très occupé à partir de demain, début du Carnaval à Vitória.

Merci GB pour la référence au Talmud.

santa teresa
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