27 mars 2009

Du passé de l'avenir du Brésil

« Ah, l’Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné » : cette saillie est du même auteur que « le Brésil est un pays d’avenir et le restera longtemps », un ironique compliment qui revient souvent lorsqu’on évoque notre cher Brésil.

S’agissant de la seconde phrase, des recherches en paternité sur Internet nous conduisent pêle-mêle à Paul Claudel, De Gaulle et Clemenceau. Chacune des hypothèses est tentante. Comment trancher ?

Ministre plénipotentiaire à Rio, l’auteur de Cent phrases pour éventails aurait pu, un jour de grande chaleur, confesser son dépit à Darius Milhaud en conclusion d’une discussion sur les chicanes bureaucratiques que le musicien aurait eu à négocier pour importer six tonnes d’amandes pour le compte de son père.

Réputé l’auteur d’un fameux « Le Brésil n’est pas un pays sérieux », De Gaulle pourrait avoir aussi complété son diagnostic par cette prophétie à l’emporte-pièce. Et rien n’empêche que le général ait repris la phrase susdite à l’occasion de la « guerre de la langouste ».

Mais, pour confirmer un récent commentaire de MMC, de nombreux indices laissent penser que c’est bien Georges Clemenceau qui en a été l’inventeur. Clemenceau les a tous précédés au Brésil. C’était en 1910. Le grand homme avait besoin d’argent pour payer sa grande maison de Bernouville. Il vend alors huit conférences aux publics argentin, uruguayen et brésilien. Devinez de quoi il a parlé à São Paulo ! De démocratie et d’éducation...

Pour éliminer le peu de doute qui subsiste, et plus encore par curiosité pour les impressions que son voyage au Brésil lui avait laissées, j’aurais voulu lire ses Notes de voyage dans l’Amérique du Sud. Hélas, Amazon me refuse la commande, alors que le Brésil fait partie des pays où il prétend expédier les livres.
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