07 avril 2009

Vaste programme

Il fut un temps où lire le journal le matin, en buvant un café, offrait à bon compte le plaisir de retarder le moment de se mettre au boulot. Et, d’ailleurs, le boulot, c’était juste un mauvais moment à passer, on ne s’embarrassait pas de faire semblant d’être motivé. On était là pour gagner sa vie, à la perdre, disaient certains. On se foutait pas mal des objectifs, on savait que si la boîte venait à mettre la clé sous la porte, on trouverait du boulot en sonnant à la porte d’à côté. On faisait grève chaque fois que possible, parce que, comme disait mon grand-père, « mieux valait être rouge le plus longtemps possible, on avait toujours le temps de rosir ».

Mais pourquoi faut-il que je te raconte ça, toi lecteur qui n’a pas connu ce temps ou qui ne l’a pas vécu comme ça ? Va savoir...

Etel et moi sommes abonnés à la Folha de São Paulo, mais uniquement aux éditions papier du samedi et dimanche, ce qui, soit dit en passant, permet de lire en ligne l’intégralité du journal l’intégralité de la semaine. L’édition dominicale contient un cahier que je déguste à part, uniquement dans les toilettes. C’est le « caderno mais! » Un vrai plus, qui permet de sortir de l’actualité immédiate, celle qui part à la corbeille aussi vite que le pq dans le vaso sanitário. Car, soit dit en passant, il n’est pas vrai qu’il faille jeter le pq dans une poubelle adjacente et malodorante, de la terre de feu jusqu’au mur anti-latinos.

J’ai comme l’impression que je prends des gants pour en venir là où je veux en venir. Je dois dire que c’est tellement énorme, et c’est le cas de le dire, que je me demande encore si ça vaut la peine que je fasse ce petit billet, qui rejoindra les poubelles du cyber-espace aussitôt qu’il aura été pondu. Mais, bon, après tout, puisque vous êtes encore là, autant y aller.

C’est un Prix Nobel, Monsieur Steven Chu. Il a récemment présenté à son président, Monsieur Barack Obama, les slides d’un power point phénoménal. Pas besoin d’être Prix Nobel pour comprendre, c’est toujours ça de pris. Et j’ai d’ailleurs vérifié sur mon tableur, ça colle. Que disait-il Monsieur Chu ? Que si on continue comme ça, c’est-à-dire comme depuis 20 ans, jusqu’en 2050, et même en mieux, c’est-à-dire en améliorant sensiblement (de 500%, une bagatelle) l’efficacité dans l’usage de l’énergie, il va falloir :
- Inaugurer une centrale nucléaire tous les lundis, mercredis et vendredis, et un dimanche sur deux ;
- Et construire un million de moulins à vent ;
- Et couvrir un million de toits par jour de panneaux solaires.

Je le répète : faire tout ça à partir de demain matin et jusqu’en 2050 !

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Addenda le 21 avril

On compte aujourd'hui 439 réacteurs en service dans 31 pays. Moins de 40 unités sont en construction, mais 230 projets sont à des stades plus ou moins avancés. De 375 gigawatts (1 gW = 1 million de kW), la capacité installée pourrait ainsi passer à 650 gW en 2030, selon des prévisions déjà optimistes de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) – source : Le Monde en ligne le 21/04/2009
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