13 mai 2009

Puta que pariu

Forme abrégée de l’expression « Vai para a puta que te pariu! », soit littéralement « Va chez la putain qui a accouché de toi ! », « puta que pariu » est une expression pour laquelle je me suis reposé la question de sa traduction à l’occasion de la rédaction d’un récent billet sur Seu Jorge.

Dans la vie de tous les jours, elle peut marquer la surprise, l’exaspération, la colère.

Lorsqu’on cherche un peu sur Internet des propositions, on trouve surtout « fils de pute ». Personnellement, je pencherais plutôt, selon les circonstances, pour un « putain de ta mère » ou un « putain de ma mère » pour les raisons qui suivent.

« Fils de pute » et « putain de ta (ou ma) mère » rendent correctement compte toutes deux du mot « puta ». En revanche, « pariu » m’incite à désigner sans détour, comme dans l’expression portugaise, la « mère » plutôt que le « fils », car « pariu » est le perfeito do indicativo du verbe « parir » (« accoucher »), donc directement associable à l’idée de maternité. De plus, je crois utile de distinguer la traduction de « filho da (ou de) puta », qui n’incite guère à l’exégèse, de la traduction de « puta que pariu », qui peut entrouvrir une série de placards lacaniens.

Reste qu’il faut décider, pour se conformer aux usages ayant cours en français, entre « ma mère » et « ta mère », le premier portant en lui une dose d’auto-ironie qui sied, par exemple, à l’adaptation du Chatterton de Gainsbourg par Seu Jorge lorsqu’il s’exclame « E eu, puta que pariu, não vou nada bem », tandis que le second stigmatise un interlocuteur, fût-il imaginaire.

Cela étant, je reste ouvert à toute proposition. Ne craignez pas de nous faire part de vos éventuels arguments. À condition toutefois de ne pas vous montrer outre-mesure vulgaire.
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