18 juillet 2009

Femmes sauvages

“[...] cigarettes, whisky and wild, wild women”, c’était à ce stimulant cocktail que Henry Allingham attribuait sa longévité. Il a fini par mourir. Doucement. 113 ans, c’est un sacré bail de locataire sur cette foutue Terre.

Les cigarettes, le whisky, je comprends. J’ai jamais fumé, je n’aime pas le whisky, mais je peux comprendre. Mon père fumait, aimait le whisky. Deux paquets de clopes par jour, deux petits whiskies le soir avant de passer à table. Deux, c’était les soirs où il était raisonnable. Henry avait fait la Grande Guerre, mon père la Seconde. Les cigarettes et le whisky avaient eu raison de la santé de mon père bien avant celle de Henry. La différence entre les deux, c’était peut-être les femmes. Quoique...

Des femmes sauvages, c’était indubitablement le secret le mieux gardé de Henry. Mon père s’était contenté de femmes pas assez sauvages. Peut-être. Des femmes sauvages, cela intrigue. C’est quoi une femme sauvage ? Comme l’enfant sauvage, la femme sauvage vit dans les bois ?

La première guerre mondiale. Combien de morts ? Et combien de souffrances infligées à la surface de la Terre ? Et dire que ce n’était peut-être rien en comparaison des souffrances qui lui sont infligées de nos jours. C’est qu’une autre guerre, une autre sorte de guerre n’en finit pas de creuser ses sillons à la surface de la Terre. Parmi ceux qui sont nés le jour où Henry s’est doucement éclipsé dans son sommeil, des images de femmes sauvages dans ses rêves, combien parviendront à fêter leur centenaire en 2109 ? Sans doute aucun, si la guerre ne prend pas fin dans les tout prochains mois.
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