25 juillet 2009

Si on refaisait la journée...

Tiens, comme l’a écrit Chris quelques heures avant moi du côté d’Osaka, « c’est samedi pour encore quelques minutes ». Je pourrais très bien ne pas écrire. Pour ce que j’ai à dire... Mais, tiens, c’est bizarre — j’ai dit bizarre ? — j’ai envie d’écrire quelque chose. Bizarre, sans doute. D’ailleurs, ceux qui se livrent à cette étrange activité qui consiste à écrire, sans autre but que celui d’écrire, pour prendre les mots à neurones la cervelle, ceux-là sont des gens vraiment bizarres. Cela aussi, quelqu’un l’a dit avant moi. Et je ne me donnerai pas la peine de chercher qui. Pas envie...

Donc, du côté d’Osaka, Chris a photographié deux enfants qui semblent guetter l’arrivée d’un véhicule. Le garçon, le petit frère peut-être, donnerait presque l’impression de faire du stop, si ce n’était incongru.

C’est donc samedi pour encore quelques minutes et je passe en revue ce que j’ai fait aujourd’hui, ce que je n’ai pas fait que d’autres feront dimanche. Je ne me suis pas baigné à la plage. J’ai bu quelques bières pendant la fête d’anniversaire d’Adriana. Je n’ai pas lancé le frisbee, ni lancé la balle. Je n’ai pas joué la combinaison gagnante 09 - 10 - 21 - 36 - 41 – 48 de la Mega-Sena, tirée ce soir, qui m’aurait permis de partager 56 millions de reais avec un joueur de Rio. J’ai accroché au mur deux animaux fabuleux peints par Hélio Coelho sur des coupures de 100.000 cruzeiros qui n’ont jamais servi avant. Un excellent support, les billets de banque. Un des meilleurs qui soient.

Ce samedi, Felipe Massa a fait bégayer l’histoire du sport automobile. Le jour où Ayrton Senna s’était tué, jamais le Brésil n’avait été aussi silencieux, aime-t-on me raconter de temps en temps. Je veux bien le croire, je ne suis pas contrariant. Je me souviens que ce jour-là, j’étais dans le Péloponnèse et qu’il faisait froid.
Je me demande ce qui pousse des dizaines de milliers de gens à payer le droit d’assister à des courses de F1. Je me demande ce qui pousse des centaines de milliers de gens à s’agglutiner sur les pentes du mont Ventoux pour regarder passer des cyclistes chargés de sang recyclé. Je me demande ce qui pousse des dizaines de millions de gens au Brésil ou en France à ne rien faire de sérieux pour tenter de léguer à leurs enfants une planète encore vivable. Ce sont des questions stupides, j’en conviens. Des questions qui n’ont pas lieu d’être.

Cette semaine, des chroniqueurs ont reposé la question du sens de la conquête de la Lune. Une autre question stupide, je le sais bien. Marcher sur la Lune, n’a pas plus de sens que de se hisser au sommet du Ventoux sous le cagnard ou contre le Mistral. Pas plus de sens que de chercher à donner du sens à nos existences.
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