03 octobre 2009

Une étincelle dans la tête

Mes chers amis,

Vous êtes quelques uns à vous demander, certains à me demander directement, la raison de mon silence.

Sans entrer dans les détails, je puis vous dire ce qui suit. Je me suis couché un soir dans mon lit et me suis réveillé à l’hôpital. Ce qui m’est arrivé, j’en ignorais jusqu’à l’existence. Il s’est agi d’une crise de convulsions nocturne. Un moment effrayant pour Etel, qui m'a vu les yeux révulsés, la bouche écumante, le corps secoué de convulsions, un moment dont je n’ai aucun souvenir. Une déflagration dans mon cerveau, selon les neurologues.

Quelle est la cause de cet événement ? De quoi est-il le signal ? Les médecins n’ont guère d’espoir de répondre à ces questions. Pour certains, je suis condamné à prendre un anti-convulsif jusqu’à la fin de mes jours, ne plus boire une goutte d’alcool, l’alcool étant contre-indiqué pour qui prend ce type de médicament. De plus, les nuits blanches me sont interdites.

Une des conséquences de cette crise sont les douleurs musculaires qui m’empêchent pour l’instant tout effort physique. Un orthopédiste a même diagnostiqué la fracture d’une vertèbre. Un autre m’a heureusement démontré que cette fracture n’avait rien à voir avec les convulsions. Reste d’ailleurs un mystère, j’ignore quand j’ai fracturé cette vertèbre.

Et puis hier matin, je me suis rendu au centre de diagnostics de l’Unimed pour subir un examen de résonance magnétique. J’étais dans la tenue offerte par l’hôpital, à quelques minutes de me glisser dans la machine, quand nous avons soudain entendu des cris et vu des médecins et des infirmiers courir en tout sens, ouvrant des tiroirs et en sortir des sérums et des pansements. Le gardien à l’entrée du centre de soins venait de recevoir une balle dans le cou. Des patients s’étaient évanouis... La jeune femme qui devait me faire subir l’examen n’était évidemment plus en état de travailler. Je l’ai consolée comme j’ai pu.

Malgré tous les efforts, Rosimar — c’était son nom — a fini par décéder après trois arrêts cardiaques et le manque d’irrigation de son cerveau par la carotide. Rosimar avait 24 ans. Il laisse une veuve et une petite fille de 4 ans. Comment aurais-je pu imaginer que le gardien qui m’avait aidé à ouvrir la porte une heure plus tôt vivait ses derniers moments ? Mes malheurs de santé me paraissent aujourd’hui bien dérisoires.

Rosimar a été enterré cet après-midi au cimetière de Maruípe. Les employés du centre de diagnostics qui n’étaient pas de service aujourd’hui se sont tous rendus à son enterrement. Repose en paix, Rosimar.
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