28 janvier 2010

Et Dieu dans tout ça ?

« Si y a Dieu, c’est moins grave quand on fait un peu moins attention, parce qu’à la fin ça s’arrange. Mais si y a pas Dieu, on peut rien se permettre ! » C’est Riobaldo qui s’exprime ainsi dans le roman de João Guimaraes Rosa, Grande Sertão : Veredas. En France, l’on a tué Dieu depuis longtemps — du moins, on fait comme si —, au Brésil, l’on aurait plutôt tendance à en célébrer plusieurs — au cas où l’on aurait besoin que ça s’arrange. J’ai souvent pensé que c’était l’une des principales différences entre la France et le Brésil, l’une de celles qui expliquent des façons de voir la vie radicalement différentes. On ne saurait mieux dire que João Guimaraes Rosa pour approcher ces deux manières, la manière d’être français et o jeitinho de ser brasileiro.

Tenez, prenez Arruda, le gouverneur de Brasília. Des collaborateurs sont filmés en train de se partager des liasses de billets de banque, de les cacher dans les chaussettes. Après quoi, ils se tiennent par les épaules et commencent à prier. Ce n’est certes pas très catholique, on est plutôt dans une conception grecque des dieux, à qui l’on demande protection et faveur. Un bon exemple de la dérive évangélique qui est une régression du christianisme vers la conception grecque du divin.

Sans doute ont-ils raison, cela finira par s’arranger. Probablement avec la Justice de ce pays. Sinon, ce sera plus tard. Mais pas de quoi se sentir coupable. Pas de quoi non plus se sentir citoyen.
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