29 janvier 2010

Trottoirs de ma rue

Les trottoirs de notre rue ne sont pas très larges. Mon épouse s’en plaint souvent. Moi, ça ne me gêne pas plus que ça.

Ce midi, alors que je marchais d’un pas pressé, je me suis soudain trouvé ralenti par une barrière qui avançait mollement devant moi. J’ai d’abord eu une espèce de réflexe, l’envie de contourner et dépasser l’obstacle en passant par la chaussée. Mais il y avait une file interminable de voitures, cette file qui grossit de jour en jour, le rêve devenu réalité de couches de plus en plus larges de la population, le rêve devenu cauchemar pour la classe A. Mais, bon, je n’écris pas ce billet pour parler économie. Et, d’ailleurs, qui a encore envie de gloser sur l’économie ?

Bref, j’ai soudain pris conscience de la barrière qui avait brisé mon élan, de sa qualité plastique, et j’ai aussitôt ajusté mon pas à ceux des trois jeunes femmes qui me précédaient. Crénom, les courbes étaient parfaitement à mon goût, et j’avais failli perdre le plaisir de les caresser du regard !

Moulées dans des jeans flambant neufs, ornés de petits clous brillants au soleil, ces formes pour lesquelles je cherchais un nom balançaient doucement. Il ne s’agissait pas d’être vulgaire, je leur cherchais un nom, je ne le trouvais pas. Mais qu’importait ! J’étais prêt à rester derrière elles jusqu’au bout du monde. Trois d’un coup, c’était si rare au Brésil. Et ailleurs.

Ces trottoirs, un peu étroits, avaient du bon.
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