20 août 2011

La campagne électorale permanente

Cette semaine, est revenue sur le devant de la scène médiatico-politique brésilienne la question de la succession de Dilma. Pensez donc, elle est au pouvoir déjà bientôt huit mois, il n’est que temps de penser aux élections qui auront lieu au printemps (pour nous, au Brésil) 2014.

La question, de la plus extrême des importances est la suivante : Dilma sera-t-elle candidate à sa réélection ou laissera-t-elle la place à Lula qui en aura fini avec son purgatoire électoral ? En Russie, la question se pose dans les mêmes termes avec Poutine et Medvedev. Et, en Russie comme au Brésil, la question se posait déjà avant même l’élection de Medvedev et Dilma Rousseff. Un comble !

Aux États-Unis, la campagne électorale est lancée depuis belle lurette mais elle s’est sérieusement accélérée avec la tournée entreprise par Obama, himself.

Quant à la petite France (vue d’ici) et le petit Sarkozy (vu de partout), il y a aussi un bon moment que la campagne est lancée. D’ailleurs, je crois pouvoir dire que dès le lendemain de l’investiture de Sarko, les commentateurs politiques, de la presse et de l’audiovisuel privés comme publics, faisaient semblant de se poser, de nous poser, déjà la question de sa succession alors que depuis le premier jour ils étaient décidés à travailler à sa réélection. Tradition, d’ailleurs, bien française que celle-ci qui se déploie sous la forme d’une présence quotidienne du président au sommaire, par exemple, des journaux télévisés. Tout môme, je voyais en noir et blanc le grand Charles couper des rubans tricolores. Cette tradition n’a guère évolué, à peine s’est-elle un peu américanisée avec déplacements ciblés sur le terrain et discours thématiques devant des parterres de citoyens triés sur le volet.

Bref, les hommes et les femmes politiques de nos démocraties, plus ou moins vigoureuses, sont en campagne électorale permanente. Et nous savons à quel lamentable résultat nous conduit leur conduite : ils ne voient guère plus loin que le bout de leur nez devant lequel chaque jour des conseillers fébriles viennent agiter les courbes d'une popularité mesurée à jet continu par les instituts de sondage. Cela serait sans grand effet si le monde se portait comme un charme. Or il n’en est rien — de plus en plus de citoyens commencent à en être convaincus — et il devient urgent d’opérer un changement de paradigme au niveau de la gouvernance mondiale.

Y a-t-il un remède à cette situation ridicule, voire dangereuse ? Oui, sans doute. Pour ma part, j’en vois un qui serait de supprimer le rôle prépondérant de nos présidents dans nos démocraties, non pas sur le modèle libéral qui, sous le faux prétexte de diminuer le rôle de l’État, vise à travailler en priorité au bénéfice des plus riches. Un petit pays, par la taille, nous donne une indication de la voie qui pourrait être suivie. C’est la Suisse. Savez-vous qui préside la Confédération aujourd’hui ? Probablement non, à moins que vous ne soyez suisse ou que vous regardiez régulièrement le journal de la TSR.

Un président de la Confédération est élu pour une année parmi les conseillers fédéraux par l'Assemblée fédérale. Son rôle est principalement symbolique et médiatique. Traditionnellement, les conseillers fédéraux sont élus président chacun à leur tour en fonction de leur ancienneté.

Aussi, si en Suisse, on connaît la campagne électorale permanente, ne serait-ce qu’à cause des innombrables votations qui ont le plus souvent pour but de faire émerger une réponse souveraine aux débats de société, au moins les électeurs ne sont-ils pas focalisés sur la figure maternelle ou paternelle de la présidente ou du président.
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