17 septembre 2011

Pato no tucupi

- Dis donc, Henrique, j’ai entendu dire que tu es allé travailler quelques semaines sur une plateforme de Petrobras au large de l’embouchure de l’Amazone.

Et il en vient à me parler de Belém et de son fameux « pato no tucupi », qu’il a mangé dans le plus fameux des restaurants de la ville : « Lá em casa ».

Le temps n’a donc pas passé. J’ai déjeuné dans ce même restaurant en 1982 lors de mon premier séjour au Brésil, y ai mangé le même plat. Bien sûr, le temps a passé, je ne sais pas ce qu’est devenue Madmoiselle de Beaufort qui m’accompagnait alors, et mes cheveux ont blanchi. Mais le « pato no tucupi » et le restaurant qui lui consacre un véritable culte défient le temps, malgré les transformations qu’a connues Belém, malgré les évolutions du climat, malgré les crises du libéralisme économique, malgré les soi-disant guerres contre le terrorisme.

Le « pato no tucupi » est un plat de l’État du Pará, une façon de cuisiner le canard avec des brèdes mafane, le tout plongé dans un liquide jaune extrait de racines de manioc. Ce qui en fait le piment, si j’ose dire, c’est que le brevage dans lequel marine le palmipède pourrait être hautement toxique, n’était le tour de main du cuisinier qui l’exécute. Comme le restaurant « Lá em casa » est toujours là, je suppose que nul client n’en est sorti les pieds devant et, par conséquent, vous le recommande chaudement, Henrique et moi en étant sortis indéniablement satisfaits.


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