13 septembre 2011

Religions au Brésil : les parts de marché

Les cathos brésiliens s’inquiètent, ils sont de moins en moins nombreux. Du moins en pourcentage. De 2003 à 2009, leur part de marché est passée de 74% à 68%. La baisse touche toutes les classes sociales.

La faute à qui ? À Jean-Paul II, pape superstar mais médiocre stratège marketing. Anticommuniste primaire, il avait un peu trop tendance à voir sur les croix brésiliennes des Karl Marx en lieu et place du Christ. Les évêques et les prêtres de la théologie de la libération, il les avait dans le nez, il les a écartés chaque fois qu’il a pu. Quant à leurs ouailles, elles n’étaient pas perdues pour tout le monde.

Ceux qui ont vite compris que leur chance était venue, ce sont les pasteurs venus des États-Unis, les gringos distributeurs de bibles. Et ils en ont distribué des bibles, y compris aux analphabètes. C’est que chez ces gringos, ce n’est pas l’argent qui manque quand il s’agit de répandre la bonne parole. D’autant que cette bonne parole est un investissement sans risque sur lequel le retour se fait en quelques années. Et leur bonne parole n’est pas celle des catholiques, marxistes ou non. Leur promesse est celle d’une toute prochaine prospérité. Cette parole a vite trouvé un écho favorable chez les Brésiliens qui ne pensent avant tout qu’à se dar bem. Ils sont aujourd’hui environ 13%.

La croissance des évangéliques pentecôtistes (Assemblée de Dieu, Église du royaume universel de Dieu, Congrégation chrétienne du Brésil, etc.) a été fulgurante, mais elle semble aujourd’hui accuser un coup d’arrêt. Trop de scandales ont éclaté, trop de pasteurs sont partis avec la dîme.


Et les autres ? Il y a les protestants historiques (les calvinistes et luthériens), ceux qui pratiquent les religions d’inspiration africaine, les juifs et les musulmans, les bouddhistes et les hindouistes, les adorateurs de Lucifer et les bricoleurs de leur propre culte, les agnostiques et les athées.

Il y a aussi les spirites dont les adeptes se concentrent parmi les couches les plus aisées de la population (6% des classes A et B). Je me souviens que lors d’une promenade au Père Lachaise, j’avais trouvé par hasard la tombe d’Allan Kardec. Une dizaine de femmes, tout de noir vêtues, y priait bruyamment, impuissantes à contenir les larmes qui inondaient leurs yeux. Ces pleureuses étaient brésiliennes.
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