30 mars 2012

Les BRICS ne plaident pas franchement pour un new deal à New Delhi

Donnez-nous un peu plus de pouvoir et nous vous donnerons un peu d'argent, c'est le message envoyé par les cinq chefs d'état et/ou de gouvernement du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud réunis à New Delhi, un message transmis aux dirigeants des pays réputés être les plus riches, autrement dit les États-Unis et leurs alliés, pour ne pas dire leurs séides. C'est bien sûr du FMI dont il s'agit, où les BRICS disposent au total de 10% des votes, soit moins que les seuls USA (16%). Rappelons que, lors du G20 de 2010, il avait été décidé de leur accorder justement 16%. Et faut-il rappeler, encore une fois, que cette promesse, comme celle d'une refondation du capitalisme, a été enterrée ? Toutefois, la situation économique étant ce qu'elle est, l'argent disponible étant là où il est, les « riches » finiront peut-être par lâcher du lest et accéder au désir des « nouveaux riches »...

Et puisqu'il était surtout question d'économie à New Delhi – du moins pour ce que j'en sais –, Dilma a ressorti de nouveau sa critique aux banques centrales étasunienne, européenne et japonaise : « Les liquidités excessives qui résultent des décisions politiques agressives prises [...] pour stabiliser leurs économies sont en train de contaminer les économies émergentes, en stimulant une volatilité excessive des flux de capitaux et des prix des commodities ». Dilma n'a pas tout à fait tort. Mais l'ironie du sort, c'est que si elle prêche pour sa chapelle dans un contexte de capitalisme néo-libéral dont elle est un fervent défenseur, sa critique rejoint celle de ceux qui sont convaincus que le capitalisme actuel – donc néo-libéral – est « à l'agonie », pour reprendre le titre d'un ouvrage de Paul Jorion.
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