08 février 2013

Concentration capitalistique : la rue aussi

C'est le soir, nous sommes quelques amis attablés à la terrasse du botequim Caiana. S'arrête un vendeur ambulant de vidéos pirates. Tânia lui demande s'il a O Bom Lado da Vida. Il ne l'a pas. Quelques minutes plus tard, arrive un autre vendeur ambulant. Même question. Il laisse Tânia chercher dans le stock qu'il lui confie, le temps de démarcher d'autres clients. Le film de la belle Jennifer Lawrence n'est pas dans le tas, mais Voo retient l'attention de notre amie, qui a entendu parler d'un atterrissage acrobatique qui, selon elle, serait prétexte à nous en dire un peu plus sur la société américaine.

Le vendeur se lance : « Cinq reais pour un, dix reais pour trois ». Tânia repasse en revue la pile de DVD. Et hésite avec As Aventuras de Pi en main. Quelqu'un a vu les aventures de Piscine Molitor Patel et lui recommande chaudement. Va pour Pi ! Mais manque le troisième. Tânia insiste, elle voudrait tant passer un moment du « bon côté de la vie ». Le vendeur réfléchit deux secondes. Puis sort son portable. Appelle un collègue : « T'aurais pas O Bom Lado da Vida ? » Le collègue l'a en stock, il sera là dans cinq minutes. Ça, c'est du service !

Je l'ignorais, la ribambelle de garçons qui nous proposent toutes les cinq minutes des DVD travaillent pour le même boss. Ce qui fait qu'il ne doit pas rester grand chose pour le vendeur au bout du compte. Le capitalisme est décidément implacable et laisse très peu de place au petit commerce. Le secteur informel ne déroge pas à la règle !
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