05 décembre 2013

Inhumanité

Redémarrage en douceur après presque deux mois à l'hôpital. Du moins, c'est ce que j'aurais voulu... Mais il se trouve qu'un faisceau de faits convergents m'incite à replonger côté noir. Pendant mon séjour à l'hosto, j'ai lu L'art français de la guerre, que m'avait prêté l'ami Alain, et Une vie brève, que j'avais acheté à Paris en septembre. Les deux livres ont en commun de traiter, entre autres, de la bataille d'Alger.

Et puis hier soir, l'on nous annonce la mort du général Aussaresses, mort dans son lit à 95 ans, ce sinistre acteur de la bataille d'Alger. Un salopard, pour tout dire. Qui reconnaissait avoir effectué 24 exécutions sommaires. Que l'on retrouve évoqué de près ou de loin, ainsi que ses semblables, dans les deux livres ci-dessus.

Il se trouve que le général Aussaresses et son bandeau, retraité de l'armée, je l'ai souvent croisé mangeant un sandwich le midi dans un établissement de restauration rapide du boulevard Montparnasse où il m'arrivait de reprendre quelques forces entre deux réunions. Je le regardais, assis à deux ou trois mètres de moi, sachant ce qu'il avait été. Je ne dirai pas ce qu'il m'inspirait comme sentiment, celui qui disait s'être « résolu à la torture ».

Et puis hier soir encore, France2 nous sert un portrait de cette créature dédiée à l'inhumanité. Où l'on apprend qu'après la fin de la guerre d'Algérie, le général, cette fois au chômage, a offert ses services à ses congénères du Brésil pendant la dictature.
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