21 mars 2007

Canne

L’obsession brésilienne pour l’éthanol, le coup de projecteur donné par la visite de George Bush précédée et suivie par celles des concurrents, la recherche de solutions alternatives au pétrole ont ceci de bien qu’ils amènent les journalistes à venir y regarder de plus près. Ainsi de l’envoyé spécial du Guardian qui, dans un article récent, a fustigé les conditions de travail des cueilleurs de canne à sucre, proches selon lui de l’esclavage.

Non seulement, le gouvernement brésilien a crû devoir répondre à ces accusation, mais il s’est aussi empressé de diligenter quelques contrôles qui ont, sans surprise, confirmé les dires du quotidien anglais.

L’entreprise mise en question, Usina Renascença Ltda, jouera-t-elle le rôle de bouc émissaire de l’année ou bien va-t-elle être la première d’une longue liste ? Tout dépend de la pression qui s’exercera, en premier lieu au Brésil, mais aussi au niveau international.

À cet égard, l’institution de clauses sur les conditions de travail dans les échanges internationaux et leur contrôle finira par s’imposer, comme se sont imposés les contrôles phyto-sanitaires. Plutôt que de protéger artificiellement ses agriculteurs, la France, pour parler du pays le plus réticent en Europe à renoncer aux subventions, ferait mieux de négocier dans cette direction. Les prix des productions agricoles en provenance des pays moins développés augmenteraient raisonnablement sous l’effet du respect des codes du travail locaux, du moins pour les pays comme le Brésil où la législation existe mais n’est guère respectée.

Précisons que la mécanisation de la récolte de canne augmente sensiblement au Brésil et que l’arrachage manuel doit cesser en 2020, selon les objectifs fixés par le gouvernement.
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