02 janvier 2008

Quand l’auto-suffisance est virtuelle

En avril 2006, assoiffé de bonnes nouvelles à annoncer pour nourrir sa campagne électorale, Lula célébrait en grande pompe l’auto-suffisance du Brésil en matière d’or noir. Un bilan publié aujourd’hui nous apprend que, sur la période de janvier à octobre, le déficit commercial en volume de pétrole du Brésil a augmenté de 17% en 2007 par rapport à 2006, passant en valeur de 2,14 milliards de dollars à 4,46 milliards de dollars.

L’auto-suffisance était toute théorique. Le Brésil produit aujourd’hui encore majoritairement un pétrole lourd, plus visqueux, moins coté à la vente, plus onéreux à transformer. C’est ce pétrole que le Brésil exporte, brut, faute de capacités de raffinage. Il lui faut donc compenser en important du pétrole léger, au prix fort.

Du pétrole léger, le Brésil en regorge pourtant. Mais tout virtuellement, pour une large part. C’est le cas du désormais fameux gisement Tupi. Mais celui-ci ne devrait au mieux entrer en opération qu’en 2014 ou 2015, selon Saul Suslick, directeur du Centre d’études du pétrole de l’université de Campinas (Cepetro).

En attendant, l’Espírito Santo devrait cette année apporter sa contribution, avec une matière de première qualité. Tandis qu’Etel faisait une emplette ce matin, j’observais à travers la vitrine le chantier du futur siège de Petrobras à Vitória. Il s’agit pour l’instant d’araser une montagne. À en juger par les maquettes, l’ouvrage promet d’être pharaonique.

Au fait, le baril de brut a passé les 100 dollars ce jour à New York.
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