15 février 2008

Vol au-dessus d’un gisement de pétrole

Chargé sur un bateau dans le port de Santos, un container a été fracturé en route vers Macaé, base opérationnelle de Petrobras dans l’État de Rio de Janeiro. En ont été prestement extraits deux laptops et un disque dur, contenant des informations confidentielles sur les gisements Tupi, dont je vous ai déjà parlé ici, et Júpiter. En toute rigueur, cela peut être un simple vol — on ne rit pas ! — ou une action d’espionnage industriel.

C’est que ces gisements commencent à tourner les têtes de plus en plus de monde. Déjà présentée comme la plus grande découverte depuis 2000 — c’était au Kazakhstan —, celle-ci laisserait espérer des volumes bien supérieurs, selon des informations distillées au compte-goutte par la britannique BG Group et la portugaise Galp, les deux entreprises partageant les droits d’exploitation avec Petrobras. S’étendant de l’Espírito Santo à Santa Catarina, sur une longueur d’environ 800 km, les deux bassins, parallèles l’un à l’autre, pourraient receler jusqu’à l'équivalent de 80 milliards de barils.

Ce vol anecdotique fait redoubler l’attention lorsqu’on apprend que le matériel malencontreusement dérobé était transporté par une entreprise tierce, souvent chanceuse en affaires, qui s’est illustrée sur d’autres champs, notamment en Irak, et autrefois dirigée par Darth Vader, alias Dick Cheney, vice-président des États-Unis.

Non seulement les appels d’offre d’exploitation, qui allaient être lancés, sont désormais suspendus, au moins jusqu’à la conclusion de l’enquête, mais devraient aussi changer de nature, compte tenu que la probabilité que certains périmètres se révèlent improductifs a été ramenée à zéro ou presque.

Ajoutons que pour tirer profit de ces réserves off-shore de pétrole et, accessoirement, de gaz naturel à très grande profondeur, il faudra investir dans la construction d’un minimum de 10 plateformes pour un montant de 12 milliards de reais (environ 4,7 milliards d'euros), ce qui devrait laisser le temps au brut de crever de nouveaux plafonds sur les marchés.

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Mise à jour le 28 février

Selon la Police fédérale, quatre employés du terminal de containers de Rio, de l’entreprise BricLog, ont été arrêtés et ont reconnu les faits. La quasi-totalité du matériel a été récupérée. L’hypothèse de l’espionnage industriel serait « absolument écartée ».
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