20 février 2008

Mouvements sur l’échiquier latino-américain

Comme pressenti ici et , Cuba accomplit bel et bien une nouvelle Révolution. Cela est sans doute, dans l’Histoire, le premier exemple où une même équipe (Fidel et Raúl) se trouve à la tête de deux bouleversements d’aussi grande ampleur. Et ce à 50 ans de distance !

Les faits récents (évolution du rôle de Fidel, libération de prisonniers politiques) confirment les impressions ressenties lors de la visite de Lula sur la Grande Île.

Dans la Folha parue ce matin, Kennedy Alencar confirme que Raúl aurait demandé à Lula d’aider à accélérer les investissements privés brésiliens et à améliorer les relations internationales de Cuba, notamment avec les États-Unis.

C’est que le leader brésilien est l’un des rares, sinon le seul, à pouvoir discuter sans animosité avec George W. Bush, Hugo Chávez et le régime cubain. Ce serait aussi le moyen le plus habile de prendre quelque distance avec l’autocrate vénézuélien, dont Raúl reconnaît qu’il a certes joué un rôle décisif lorsque Cuba a traversé sa crise la plus sérieuse, mais n’est pas le meilleur partenaire possible au moment où les dirigeants cubains souhaitent accélérer des réformes politiques et économiques qui ne peuvent plus attendre.

Il s’agit désormais pour Itamaraty, dont les diplomates jouissent d’une excellente réputation, de manœuvrer avec la plus grande prudence. En effet, il ne faudrait pas que, se sentant trahi, Hugo Chávez fasse une crise de jalousie et joue la surenchère pour tenter de reprendre le leadership, ou du moins son apparence. De la part de ce grand émotionnel, on peut hélas s’attendre au pire...


El Aldeano y El B, hip-hop hecho en La Habana, Cuba.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...