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18 mars 2017

Pourritures

Après la police au repos, laissant le champ urbain libre aux voyous désœuvrés, toujours prêts à en découdre et à s'emparer de quelques miettes ; après la fièvre jaune ayant fait son retour dans l'Espírito Santo, avec la bénédiction de l'Esprit Saint, dit encore Saint-Esprit, après 70 ans d'absence tout de même ; après toutes ces merdes remuées, tous ces remugles en fête, c'est au tour de la viande qui nous est vendue d'apparaître comme pourrie en une de tous les journaux. Et dire que je suis invité à un churrasco ce midi !

Et demain ? Qu'en sera-t-il ? Sans doute pas quelque chose de folichon. Et pas qu'au Brésil, sans doute. Les USA nous montrent la voie avec leurs trumperies. Bientôt cela sera-t-il le tour de la France ? Même si dans la mère patrie on échappe au pire cette fois, comme aux Pays Bas, ne nous faisons pas trop d'illusions, le peuple, comme on dit en Suisse, le peuple souverain pense d'une façon qui pue chaque fois plus. Au fond, plus tôt on en finira avec l’humanité, mieux cela vaudra pour la vie sur Terre. Espoir, donc.

Je pense à toi, Frantz Fanon. Je repense à toi, à tes combats. À tous nos combats qui, finalement, auront été inutiles. Comme ceux des peuples de la forêt amazonienne il y a 1000 ans ou 600 ans encore. Ils étaient des dizaines de millions qui parlaient des centaines de langues, qui peuplaient des centaines de villes et villages, qui parcouraient des milliers de routes, qui cultivaient des milliers de champs, qui élevaient des poissons, qui domestiquaient des arbres et des plantes. Quand les Portugais sont arrivés, il n'y a point eu de combats, ou si peu, contrairement à ce que voudraient faire croire les Brésiliens aujourd'hui encore, et qui justifieraient l'appellation donnée à Vitória, une prétendue victoire sur les indigènes, il a suffi de nos microbes et bactéries européens pour décimer les habitants de l'Amérique du Sud. Presque tous. A ce propos, on lira avec profit le livre de l'archéologue Stéphen Rostain, Amazonie, les 12 travaux des civilisations précolombiennes.

23 mars 2012

Le secret du bonheur

Photo (c) PixeLuz / Francis Juif
Alors que je présentais mardi la ville de Toulouse à un groupe d'une vingtaine de jeunes Brésiliens, j'ai eu l'idée saugrenue de leur demander s'ils avaient vu la veille au soir les reportages traitant de l'attentat contre une école juive toulousaine, diffusés par les principales chaînes de télévision. Pour une fois, en effet, misant peut-être sur le spectaculaire, des journaux télévisés brésiliens avaient consacré quelques minutes à cette tragédie. Mal m'en a pris puisque personne n'avait regardé le Jornal Nacional de l'une ou l'autre chaîne. J'aurais dû me rappeler que l'audience de ces programmes d'information est relativement limitée et l'attention, qui leur est accordée, plus encore.

Ce matin, faisant la route avec T., celui-ci m'a raconté une anecdote similaire qui s'était produite une heure avant. Voulant illustrer son propos sur la corruption, il avait cru pouvoir s'appuyer sur des reportages diffusés par Globo dans son émission Fantástico, qui prétend combiner actualité et légèreté. Très peu avaient vu les dénonciations de cas de corruption dans le cadre de la préparation à la Coupe du monde de football de 2014. Toutefois, une fois le sujet lancé, les personnes de son auditoire n'avaient plus cessé de débattre du sujet, allant même jusqu'à dénoncer à leur tour des cas dont ils disaient avoir connaissance !

C'est le secret du bonheur des Brésiliens, m'a dit T. avant de me laisser chez moi. En ignorant à peu près tout des heurs et malheurs du monde, les Brésiliens cultivent leur jardin et n'en sont que plus insouciants. Je me suis rappelé une enquête d'opinion réalisée récemment dans 158 pays par la FGV (Fundação Getúlio Vargas). C'est au Brésil que l'on se dit, selon cette étude, à la fois le plus satisfait de son sort actuel et le plus optimiste quant aux cinq prochaines années.

Pour ne rien soustraire à ta curiosité, cher lecteur, sache qu'après les Brésiliens, les plus heureux seraient les Panaméens, les Costa-ricains, les Colombiens, les Qatariens, les Suisses et les Danois.

20 mars 2012

Les puissants et nous, les misérables

Eike Batista, septième fortune mondiale, a un fils : Thor. Celui-ci, vingt ans, renverse un cycliste et le tue. Sans attendre la police, ses gardes du corps le soustraient à l'ire des témoins. La voiture, une Mercedes SLR McLaren, d'une valeur de 2,7 millions de reais (un million d'euros et des poussières), a le pare-brise qui a volé en éclats. Elle sera, elle aussi, enlevée, mais avec l'accord de la police, moyennant la promesse que son propriétaire n'entreprendra rien pour la maquiller.

Dans un premier temps, le père de Thor se répand en déclarations et communiqués pour dire que la famille de la victime, Wanderson Pereira da Silva, sera dédommagée. Lors de l'enterrement, les membres de la famille interrogés par des journalistes disent que personne ne les a contactés pour prendre en charge les frais d'inhumation.

Puis cela devient odieux. Eike Batista défend son fils en attaquant Wanderson Pereira da Silva. Celui-ci aurait mis en danger la vie de trois personnes : celle de Thor et de la personne qui l'accompagnait, en particulier. Pensez donc, Wanderson se serait jeté sur la Mercedes, sans doute mu par un désir aussi soudain qu'irrépressible de manifester sa haine des classes supérieures.

Faut-il ajouter que la version des témoins diffère sensiblement de celle du père qui, soit dit en passant, n'était pas présent. Selon eux, le bolide allait beaucoup plus vite que les 110 km/h autorisés. Selon eux, la Mercedes a tenté de doubler un bus. Selon eux, Thor a braqué brutalement, en voyant arriver en face un autre véhicule. Selon eux, Thor a alors perdu le contrôle de son bolide et n'a pas été capable d'éviter l' accotement où circulait le cycliste.

Faut-il ajouter que Thor avait déjà perdu 51 points de son permis ? Faut-il préciser que, une fois 20 points perdus, le permis doit être rendu ? Peut-on croire le pauvre Thor lorsqu'il dit qu'il ignorait avoir perdu des points ? Est-ce que son père cachait les courriers du DETRAN réclamant le paiement des amendes et informant du nombre de points perdus ? La générosité d'un tel père irait si loin qu'il ne saurait être question de gâcher le plaisir d'un fils en lui retirant son joujou.

Une fois n'est pas coutume, je vous donne quelques commentaires de lecteurs de la Folha de São Paulo. « Une fois de plus, dit Ernesto, le coupable est le cycliste qui s'est suicidé. Ce pays, dit Ronaldo, est un pays sans vergogne. Nous savons tous, dit le Padre Marcos Antonio, comment va finir cet acte irresponsable. » En effet, je crains que nous le sachions.

Croyez vous que cela soit mieux en France ? Des puissants y répandent des paroles de haine, désignent à la vindicte populaire les étrangers, les bougnoules et les youpins, les mangeurs de viande halal et de viande casher. Et lorsqu'un esprit faible les écoute et passe à l'acte, ces mêmes puissants versent des larmes de crocodile. Pire encore, certains espèrent tirer un profit électoral du climat de peur qu'ils ont eux-mêmes créé.

Je me souviens de Jean-Paul Sartre disant, à la faveur d'une interview, qu'il était contre la peine de mort, sauf pour les politiques. De peur de me laisser égarer par la colère, je n'en dirai pas plus.

16 décembre 2011

Tours et détours : les paradis fiscaux

C’est l’histoire d’un livre, la genèse d’une enquête journalistique menée par Amaury Ribeiro Jr. Le livre s’intitule A Privataria Tucana. Le mot « privataria » est une invention du journaliste Elio Gaspari qui a su marier avec bonheur les mots « privatização » et « pirataria ». Nous pouvons le traduire par « privaterie » qui est le mariage de « privatisation » et de « piraterie ». Quant au toucan, c’est l’animal symbole du PSDB. Ce n’est pas une fiction, cela commence comme suit: 

« Dans les semaines qui ont précédé le tir, j’avais recueilli les témoignages de dizaines de personnes et consulté des documents et des procès-verbaux policiers dans la ville de Cidade Ocidental. Dans un premier temps, mon travail se bornait à décrire un crime barbare : l’assassinat de deux jeunes filles, Natália Oliveira Vieira, 14 ans, et Raiane Maia Moreira, 17 ans, ayant reçu des balles dans la bouche et dans la nuque. Photographiée par les enquêteurs, la scène du crime était choquante : les deux adolescentes de la classe moyenne avaient été trouvées enlacées et mortes dans des fourrés. À en juger par l’état de leurs vêtements, elles avaient été violées. Je n’ai pas tardé à réaliser que cette scène illustrait le vécu de nombreuses familles qui, poussées par la spéculation immobilière, s’étaient installées dans des villes dortoirs où la loi du crime régnait sans partage. En l’absence de parcs publics, de places ou de quelconques loisirs, la jeunesse passait des journées entières dans les cybercafés. C’était là qu’elles devenaient les proies faciles des trafiquants et autres voyous. » 

À partir de ce fait divers, Amaury Ribeiro Jr remonte un fil qui le conduit jusqu’à la P2 — écho fortuit de la sinistre loge P2 ? —, le service secret de la police militaire de Goiás, et à un certain João Carlos dos Santos, dit Negão, chef d’un réseau extrêmement bien organisé de trafic de drogue, responsable de plus de 150 assassinats de jeunes en l’espace de 6 mois. Sous la pression du reportage, le gouverneur du District Fédéral (Brasília), Roberto Arruda, obtient du ministère de la Justice l’envoi de 374 hommes de la Force de sécurité nationale. Cette intervention massive n’aura pas l’heur de plaire à la P2 et au gouverneur de Goiás (l’État voisin où se trouvent la plupart des villes de la périphérie de Brasília), Alcides Rodrigues. On tentera d’éliminer Amaury Ribeiro Jr. 

Pour la plupart des politiques locaux et pour la presse internationale, la tentative d’homicide ne fait aucun doute. En revanche, pour la police de Goiás, il n’en est rien, la balle reçue par le journaliste n’est que la malheureuse conclusion d’un braquage qui a mal tourné... 

Lorsqu’il quitte Brasília sous haute protection, Amaury, qui craint pour sa peau, décide de ne plus s’occuper de ce genre de sujet et de s’intéresser à la politique. Il ne se doute pas à quel point les chemins du crime organisé et ceux de la politique se croisent et se chevauchent. Dix ans d’investigations le mèneront jusqu’aux Îles Vierges et son paradis fiscal. De quoi rendre furieux nombre de politicards brésiliens et pas des moindres. De quoi lui valoir de solides inimitiés qui mettent sa vie en danger plus sûrement encore que dans le cadre de ses précédentes activités. 

Alors que le livre ne fait l’objet d’aucune recension dans la grande presse, il se vend à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires en quelques jours. Les directeurs des journaux ont de plus en plus de mal à l’ignorer et adoptent la même stratégie : la démolition des thèses de l’auteur. Si les documents présentés, font-ils écrire à l’unisson, confirment bel et bien l’existence d’argent ayant circulé par les paradis fiscaux, ils ne prouvent pas que cet argent était sale ! La plupart des lecteurs de ces critiques ne sont pas dupes et posent deux bonnes questions : pourquoi faire circuler cet argent par les Îles Vierges et autres paradis s’il est propre, pourquoi les personnes visées ne portent-elles pas plainte pour diffamation contre Amaury Ribeiro Jr ? 

Qui est visé justement ? Derrière des figures amies ou parentes, José Serra, finaliste de la récente élection présidentielle qui a vu la victoire de Dilma Rousseff. Autrement dit, la machine à laver du PSDB accusé d’avoir organisé des réseaux sophistiqués de détournement de l’argent public des privatisations opérées pendant la présidence de Fernando Henrique Cardoso (FHC). 

Si en Angleterre ou en France, les pouvoirs politiques ont, lors des grandes vagues de privatisation, fait mine d’y associer les citoyens en faisant la promotion d’un soi-disant capitalisme populaire — bien mal en point aujourd’hui, soit dit en passant —, au Brésil, FHC et son ministre du Plan, José Serra, n’ont pas eu ces pudeurs : les privatisations visaient sans vergogne la concentration du capital nouvellement créé entre quelques mains, au prix de bananes, selon l’expression brésilienne. Mais ce n’était pas tout : selon Amaury Ribeiro Jr, José Serra, sa famille et son parti, se sont eux-mêmes enrichis à la faveur de ces privatisations, en mettant en place de sophistiqués outils de détournement. 

Les exemples ne manquent pas, les circuits sont détaillés, les techniques expliquées, les condamnations — il y en a eu, malgré tout — rappelées. On voyage à New York, plaque tournante elle aussi, on visite les Îles Vierges, les Îles Caïmans, on passe par la Suisse et le Liechtenstein, on fait un crochet par l’Uruguay, tous pays où les officines de blanchiment d’argent pullulent. Cela va si vite que l’on en aurait presque la nausée. On aurait bien tort : au bout du compte, cet argent n’a pas d’odeur, c’est l’argent d’entreprises à succès. Des succès parfois étonnants qui feraient rêver l’immense majorité des entrepreneurs habitués à se battre pour se maintenir à flot. Les hommes derrière les jeux d’écriture, des jeux de piste, nous deviennent familiers. D’ailleurs, pour vivre au Brésil, on a l’impression d’avoir croisé certains de leurs semblables. Ce sont des hommes habiles, qui mènent grande vie, qui ont le don de dribbler la législation, une législation qui leur est parfois favorable. 

Pour certains, ce livre ne serait qu’une entreprise de dénigrement du principal parti d’opposition. L’argument ne tient pas. En effet, si le PSDB est le principal parti visé, les autres ne sont pas épargnés pour autant. L’auteur rappelle les accords tacites entre le PT et le PSDB qui ont permis d’étouffer certaines enquêtes : je te tiens, tu me tiens par la barbichette. « Rabo preso », dit-on au Brésil. Il est aussi question des caciques du PT ayant comploté contre Dilma Rousseff, qui ne sortent pas non plus grandis. Ricardo Teixeira, le président de la Confédération brésilienne du football, souvent soupçonné d’actes de corruption, est aussi épinglé. À dire vrai, c’est un vaste coup de projecteur sur les mœurs politiques locales, tous partis confondus. Reste à savoir quel sera l’impact de ce livre. Permettra-t-il de relancer des enquêtes trop vite enterrées, d’ouvrir de nouveaux dossiers ?

José Serra et les siens annoncent, après quelques jours d’hésitation, qu’ils vont porter plainte. Chiche ! Quant au député Protógenes Queiroz (PC do B), il prétend avoir recueilli plus de signatures qu’il n’en faut pour mettre sur pied une commission parlementaire d’enquête. Chiche ! Nous n’avons pas fini de compter les points...

28 novembre 2011

Chroniques de la favela : TCP

« C’est un de ces sigles qui servent de nom pour les groupes armés à Rio de Janeiro. Terceiro Comando Puro (1) est une des bandes de trafiquants les plus violentes de la ville, un regroupement de mecs expulsés du Comando Vermelho (2) et des ADA (3). Elle ne vend pas de crack, mais elle est le principal détaillant de cocaïne à Rio.

La communauté où je vis est aujourd’hui contrôlée par, d’un côté, la milice, formée par des policiers militaires et civils et, de l’autre, le Comando Vermelho. Si tu t’enfuis, la bête t’attrape ; si tu bouges pas, la bête te bouffe. C’est une de ces communautés, une de plus, que l’État a abandonnée, laissant le terrain libre aux trafiquants et aux opportunistes de tout poil. Le Terceiro Comando Puro en a été expulsé par les deux groupes, le Comando Vermelho et les Miliciens, alliés de circonstance. La favela est un point stratégique : elle longe une des avenues les plus importantes de Rio et se trouve tout près de l’aéroport international. La moitié est sous contrôle du Comando Vermelho, l’autre appartient aux Miliciens. La nuit chaque groupe a l’autre à l’œil, la nuit ils surveillent la plage, ils surveillent les coins les plus reculés, ils surveillent l’avenue, c’est chacun pour soi et Dieu pour tous. On dit que plus de 50 personnes sont mortes au combat pendant l’expulsion et qu’aujourd’hui encore il ne se passe pas un jour sans un assassinat. La justice ? Elle reste à l’écart de tout ça, personne n’irait porter plainte, la vie de ces gens-là ne vaut rien.

La peur est dans l’air, chaque tir de fusée de feu d’artifice, chaque voiture qui pénètre dans la favela fait monter la tension. Le silence est la règle, personne n’entend rien, personne ne dit rien, personne ne voit rien. Quand je rencontre un mec sans bras ou sans jambe, je sais que ce n’est pas parce qu’il est tombé de moto mais que c’est le trafic qui lui a pris. Ces gamins sont fiers de faire partie des trafiquants, parce qu’ils sont respectés par toute la communauté. Il n’y a qu’un petit problème, ils ne peuvent pas sortir de la favela, parce qu’ils sont des cibles pour la police et pour les bandes rivales. J’ai demandé à un jeune de 18 ans, amputé d’un bras, s’il était déjà allé à Copacabana ou à Barra da Tijuca. Il a souri et dit que non, il a ajouté qu’il ne connaîtra jamais ces quartiers, qu’il était tombé dans le trafic tout gamin, qu’il était marqué pour toujours et que s’il sortait il ne rentrerait pas vivant. Il a dit aussi que le trafic c’est pour survivre, qu’il a besoin de voler pour avoir assez d’argent pour s’acheter des armes, payer les pots de vin aux miliciens et marquer son territoire. Quand son père, un travailleur, a découvert qu’il était devenu trafiquant, il l’a mis à la porte. Alors il a habité dans le local où on raffine la coke, puis il s’est mis à la colle avec une fille et ils ont eu un bébé. Il ne voudrait pas que son fils suive le même chemin que lui. Je lui ai demandé s’il était heureux et il m’a répondu que tout le monde le respectait mais qu’il ne savait pas combien de temps cela durerait. J'ai répété : mais heureux ? Il aurait aimé l’être, pouvoir se promener avec son fils et au moins connaître Rio, mais il suivait une voie sans retour. Il ne sait pas s’il vivra jusqu’à ses 25 ans. Il pense que, si jamais il est arrêté, il sera assassiné pour paiement des crimes qu’il a commis. Et il a fini en disant que, tant qu’il sera en vie, il lui faudra vivre chaque jour comme si c’était le dernier.»

* * *

Comme les précédents de cette série, ce texte est la transcription d’un récit qui m’a été transmis par un habitant d’une favela de Rio.

(1) Littéralement, le Troisième Commandement Authentique. Le clip qui suit revendique être la bande son originale du TCP, qui n’a cependant rien d’une fiction.
(2) Littéralement, le Commandement Rouge.
(3) Amigos dos Amigos. Littéralement, les Amis des Amis.


16 novembre 2011

Valse des ministres : à qui le tour ?

Combien de ministres de Dilma ont dû démissionner suite à des suspicions de corruption ? On ne les compte plus. C’est désormais Carlos Lupi, le ministre du Travail, qui se trouve dans le collimateur de la presse et, sait-on jamais, de l’opinion publique.

On lui reproche pourtant bien peu de choses, à savoir qu’il aurait utilisé un avion qu’une ONG aurait mis à sa disposition, en 2009, pour un déplacement dans le Maranhão. Quelque forfaiture qui fait vaguement penser à Madame Alliot-Marie voyageant en Tunisie.

On notera que les ONG apparaissent de plus en plus souvent impliquées dans des affaires de corruption. Leur statut et leur image en font des laranjas (des prête-noms) plutôt commodes.

Voici la recette : tu te crées une petite ONG bien sympathique qui va s’occuper de venir en aide aux pauvres gens dans le besoin, tu fais ami ami avec un ministre, tu obtiens de son ministère des subventions, tu en mets une partie dans ta poche et le tour est joué.

09 novembre 2011

Une sainte colère

La sainte colère de Cidinha Campos, députée estadual de l'État de Rio de Janeiro, qui se passe de commentaires...



18 août 2011

Wagner Rossi, quatrième ministre mis à la porte

Une démoniaque trinité concentre l’activité journalistique brésilienne : le football, la violence, la corruption. Environ 80% des articles de presse et des sujets traités par les journaux télévisés tournent autour de ces trois thèmes.

Je trouve, personnellement, assez lassant de traiter de la corruption. Mais aujourd’hui, malgré tout, peut-être parce qu’il y a du neuf sur le thème, je crois devoir en dire quelques mots.

La nouveauté, c’est que Dilma semble décidée à faire un peu de ménage. Alors qu’elle n’a pris ses fonctions que depuis le début de l’année, elle a déjà renvoyé quatre ministres : Alfredo Nascimento, aux Transports, pour avoir couvert de supposés pots de vin versés par des entrepreneurs du secteur ; Antonio Palocci, le chef de la Maison civile (mix de secrétaire général du gouvernement et de chef de cabinet), pour s’être enrichi personnellement un peu trop vite à la faveur de ses activités de consultant ; Pedro Novais, au Tourisme, pour des irrégularités dans la signature de partenariats ; Wagner Rossi, à l’Agriculture, après une série de suspicions.

Dans la foulée de ces ministres virés avec le ménagement que leur vaut fort justement la hauteur de leurs responsabilités, nombre de leurs collaborateurs sont passés par la case de la prison préventive mais en sont, pour la plus grande joie de leurs familles et de leurs très nombreux amis, sortis au plus vite.

Certains s’inquiètent, notamment au plus haut niveau de l’institution judiciaire : la police fédérale, se demandent-ils, ne ferait-elle pas du zèle ? D’autres, plus politiques, s’interrogent quant aux alliances partisanes qui risquent de se rabougrir comme peau de chagrin.

Mais la présidente a tenu à souligner que « rien ne pouvait ni rien ne devait » être entrepris contre les enquêtes menées par les organes de contrôle. À bon entendeur, salut !
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