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19 février 2012

Après une légère grippe, Oscar Niemeyer annonce, à 194 ans, un nouveau projet


Je lisais ce matin tranquillement la Folha de São Paulo quand je suis tombé sur ce titre : « Le Brésil se maintient avec le meilleur IDH du monde ». L'IDH est l'indice de développement humain avec lequel l'ONU évalue la « performance » des pays, un indice alternatif au PIB qui prétend remettre l'homme au centre des activités et préoccupations humaines. Je l'ai relu pour vérifier que je ne m'étais pas trompé. La dernière fois que les Nations Unies avaient publié leur classement, le Brésil se trouvait aux environs de la 80ème place. C'est dire que, selon la Folha, il avait fait un sacré bond en avant, que même un Mao au meilleur de sa forme n'aurait osé rêver ! Or, j'avais bien lu. J'ai donc relu une nouvelle fois, mais lentement, pour chercher où se trouvait le piège dans lequel mon attention avait plongé. Et j'avais beau détacher mot après mot, tout paraissait on ne peut plus clair : le Brésil était donc bien le paradis où je vivais sans le savoir. J'ai donc lu l'article e y ai découvert que deux pays avaient fait, eux aussi de sacrés progrès : Israël et l'Arabie Saoudite qui entraient pour la première fois dans le top 10. Pourquoi pas, après tout, me suis-je dit. Respectivement deuxième et troisième, la Norvège et le Luxembourg suivaient de près le Brésil, ce qui donnait plus de poids encore à cette sidérante information. Et la France ? L'article n'en disait rien, mais j'imaginais qu'avec Sarkozy aux commandes, elle avait dû sérieusement dégringoler. Mais quand j'ai lu que le Gabon avait, pour la première fois, atteint le 14ème rang, je me suis redit qu'il y avait quelque chose qui clochait et j'ai cherché le cahier Mercado de mon journal, comme indiqué. Et je n'y ai, bien sûr, rien trouvé.

C'est en prenant quelque distance avec la page C16 du cahier Cotidiano que j'ai compris ma bévue. La page C16 nous offrait, avec forces illustrations, une sélection des souhaits de ses lecteurs pour 2101. Parmi ce florilège, je citerai encore : le nombre d'habitants sur la Lune dépassait maintenant les 10 millions ; le Moyen-Orient était une des régions les plus recherchées par les touristes ; après une légère grippe, Oscar Niemeyer annonçait, à 194 ans, un nouveau projet !!! Il y avait aussi un navire spatial qui emmenait des touristes, dont 40 Brésiliens, vers Mars. Quant au métro de São Paulo, il atteignait 2315 kilomètres et surclassait pour la première fois celui de Shanghai, très loin de Paris et ses misérables 745 km.

Je me suis rappelé le 1er janvier 1960. J'habitais Lambersart, dans la banlieue de Lille. Un quotidien local, la Voix du Nord, avait imaginé ce que serait sa une du 1er janvier 2000. Entre autres prévisions, un pont reliait Calais à Douvres et les hélicoptères avaient remplacé les automobiles, ce qui contredisait la nécessité d'un pont ! On sait qu'au pont rêvé depuis longtemps a été préféré un tunnel, rêvé depuis aussi longtemps. Mais si les hélicoptères ne se sont pas envolés au point de bourdonner en essaims, c'est au Brésil (à São Paulo), comme un clin d’œil à mon destin, que virevolte aujourd'hui la plus importante flotte privée. De tous les objets de notre vie quotidienne que la Voix du Nord n'avait pas entrevus, un des plus importants, du moins par la place qu'il occupe désormais, est l'ordinateur individuel, sans même parler des réseaux qui les font échanger des électrons et nous font lire partout et en voir de toutes les couleurs.

Que sera 2101 ? Je n'en ai aucune idée. Je crains parfois le pire. Je rêve quelques fois d'un monde meilleur. En revanche, rien ne m'interdit d'exprimer un souhait. Comme la paix des nations me semble hors de portée, c'est justement elle que je choisirais. Et vous ?

Le Brasília de Lúcio Costa et Oscar Niemeyer - Photo (c) PixeLuz / Francis Juif

17 novembre 2011

Où émigrent les Brésiliens ?

Ils sont officiellement 491.645 Brésiliens à vivre à l’étranger. Ces chiffres publiés par l’IBGE s’appuient sur les déclarations faites lors du recensement de 2010. En y repensant, je ne me souviens pas qu’on m’ait demandé combien de personnes de mon foyer ont émigré... Cette petite remarque ne sert qu’à souligner que les familles ayant dans leur totalité tenté l’aventure au loin et laissé fermée à double tour la maison, ne sont pas comptabilisées.

Mais ne faisons pas la fine bouche, cela ne doit pas remettre en cause les proportions par pays. Lequel a les faveurs du plus grand nombre ? Malgré la crise, les États-Unis restent le pays de cocagne pour 23,8% d’entre les Brésiliens. La langue facilitant les choses, vient ensuite le Portugal (13,4%). Le castillan n’étant pas si éloigné du portugais, suit l’Espagne (9,4%). Puis c’est le Japon (7,4%), notamment pour les citoyens de l’État de São Paulo où l’on trouve la plus forte concentration de descendants de Japonais (plus d’un million rien que dans la capitale pauliste). L’Italie a attiré 7% des Brésiliens, pour une large part d’origine italienne. Malgré Sarkozy, ils sont plus de 21.500 à avoir choisi la France (Guyane incluse, où ils sont 3.822), ce qui fait de la bête noire footballistique du Brésil la septième destination.

Par continent, l’Europe arrive largement en tête (252.892), l’Amérique du Nord n’accueillant que 129.940 Brésiliens.

Près de 5 Capixabas sur 1000 ont émigré, ce qui fait proportionnellement de l’Espírito Santo le troisième État le plus quitté pour l’étranger.

09 mars 2011

Carnaval 2011

C'est (presque) fini.

Les résultats ont été proclamés. Pour ceux que cela intéresse :

Vai Vai à São Paulo. Avec le directeur de l'école de samba remerciant, entre autres, Paulo Maluf. Sans commentaires...

Beija Flor à Rio. Encore elle... J'aurais préféré Mangueira, pour y avoir passé une folle nuit il y a quelques années. Question de fidélité...

Mocidade Unida da Glória à Vitória. Avec qui j'ai défilé en ? Ma mémoire me fait défaut. La fidélité, non décidément...

Et puis quelques photos des défilés de Vitória, classiques ou insolites, ici.

En attendant les défilés de blocos de Manguinhos...

18 novembre 2008

Les banques qui profitent

C’est curieux, on ne parle pas beaucoup d’économie ces derniers temps. L’époque est plutôt aux fantasmes, aux grandes peurs, aux attentes messianiques...

Sur les 3 premiers trimestres de cette année, 5 banques brésiliennes sont parmi les 20 banques des Amériques à avoir engrangé le plus de profits. Notons que le Canada ne fait pas partie de la liste, mais y a-t-il au moins des banques au Canada?

La première et la deuxième nous viennent des États-Unis. Je félicite ce grand pays pour ce beau doublé. Viva Wells Fargo et Bank of America, des valeurs sûres.

Puis, suit un tir groupé brésilien : Bradesco, Banco do Brasil — ma banque, mais je ne contribue pas suffisamment à cette belle performance... —, et Itaú. Unibanco est dixième et la filiale brésilienne de Santander seizième.

L’ensemble Itáu et Unibanco, créé il y a peu, se tiendrait au deuxième rang, si le mariage avait été consommé à temps.

Pour les passionnés, le classement complet est ici.

Itaú

27 février 2008

Tout fout le camp

À défaut de vous dire où va le Brésil, je puis au moins vous dire où sont allés les Brésiliens qui sont sortis de leurs frontières par la voie des airs. En 2006 et en 2001, par exemple.

Les chiffres fournis par Embratur, pour les dix principales destinations, montrent un curieux phénomène : une forte croissance, sauf vers le France. Les élites brésiliennes omettraient-elles de transmettre à leur progéniture le goût de la France éternelle ?

06 février 2008

Carnaval de Rio 2008 : le classement

Pour la seconde année consécutive, Beija-Flor de Nilópolis est championne. C’est son onzième titre depuis 1932. Salgueiro est vice-championne.

São Clemente et Porto da Pedra sont reléguées en deuxième division, le Grupo de Acesso.

03 janvier 2008

Brésil 2007 en chiffres

Les informations ici rassemblées seront complétées et mises à jour au fur et à mesure de la publication des études, bilans et autres statistiques concernant l’année 2007.

Population
L’IBGE affiche une évaluation en temps réel de la population brésilienne, fondée sur le recensement d’avril 2007 et des études sur la mortalité et la natalité. Au 31 décembre 2007, les Brésiliens étaient, sur cette base, environ 185.900.000.

En savoir plus...

Emploi
Selon le ministère du Travail, les créations nettes d’emplois formels, hors emplois domestiques, ont été de 1.617.392, soit une augmentation de 31,6% par rapport à la même période de 2006. Le secteur des services est celui qui a le plus contribué à ce résultat (587.000 postes), suivi du commerce (405.000), de l’industrie (395.000), de la construction civile (177.000) et de l’agriculture (21.000).
Plus d’un tiers des emplois créés l’a été dans l’État de São Paulo. Ensuite viennent les États de Minas Gerais, Rio de Janeiro et Paraná.
Fin 2007, 29.281.974 personnes disposaient du livret de travail (carteira assinada). Le secteur des services employait près de 11,7 millions de ces personnes.

Fin novembre, le taux de chômage était de 8,2%.

Inflation
Il existe plusieurs indices mesurant l’inflation.

L’indice général des prix du marché (IGP-M) marque une augmentation de 7,75% en 2007, soit plus du double qu’en 2006 (3,83%) – source : FGV.

L’indice des prix de détail (IPA) a augmenté de 9,19% en 2007 – source : FGV.

L’indice des prix au consommateur (IPC) a connu une hausse de 4,38%. De toutes ses composantes, c’est un des aliments de base du régime brésilien, l’haricot noir, qui a le plus augmenté (+149,5%), suivi par l’avocat (+127,2%), le lait en poudre (+43,8%), le citron vert (+41,3%) et la pomme de terre (+40,3%) - source : FIPE.

L’indice nationale de la construction civile (INCC) s’est élevé de 6,04% - source : FGV.

Change
À la clôture de la dernière séance de la Bourse de São Paulo, le dollar cotait 1,7770 R$, et l’euro 2,6265 R$.

En 2007, la chute du dollar par rapport au real a été de 16,8%.

Réserves monétaires
Pour la première fois de son histoire, les réserves du Brésil ont atteint fin 2007 environ 181 milliards de dollars – source : Banco Central.

Croissance
Selon la dernière révision publiée par l’IBGE le 9/12/2008, le taux de croissance de l’économie brésilienne a été de 5,7% en 2007, soit la meilleure performance depuis 2004 (5,7%).
En valeur, le PIB brésilien a atteint 2,558 milliards de reais (R$), avant révision.
Par habitant, le PIB a crû de 4%, à 13.515 R$, avant révision.
Le secteur des services représente 65,8% de l’économie nationale, l’industrie 28,7% et l’agriculture 5,5%.

Échanges commerciaux
En 2007, le commerce extérieur du Brésil a totalisé 281,26 milliards de dollars, avec 160,65 milliards de dollars (+16,6% / 2006) pour les exportations et 120,61 milliards de dollars (+32%) pour les importations, réalisant un excédent de 40 milliards de dollars, en augmentation de 13,8%, selon le ministère brésilien du Développement, de l'Industrie et du Commerce extérieur.

Les échanges commerciaux entre le Brésil et la Chine ont atteint 23,367 milliards de dollars en 2007, soit une hausse de 42,55% par rapport à 2006.

La Chine a supplanté l'Argentine pour devenir le deuxième exportateur du Brésil après les Etats-Unis, en exportant 12,618 milliards de dollars de produits vers le Brésil, soit une hausse de 57,9% par rapport à 2006.

La Chine a été le troisième importateur du Brésil après les Etats-Unis et l'Argentine en important 10,749 milliards de dollars en 2007, soit une hausse de 27,9% par rapport à 2006.

Agriculture
Selon l’IBGE, la récolte 2007 de céréales, légumineuses et oléagineuses a atteint 133 millions de tonnes (+13,7% / 2006), établissant un nouveau record (anciennement 123,6 MT, en 2003).
Les surfaces cultivées, correspondant à cette production, ont représenté 45,4 millions d’hectares (-0,4%), dont 20,6 millions pour le soja et 9,2 millions pour le maïs.
La production de canne à sucre a atteint 515,3 MT, sur 6,7 millions d’hectares.

Industrie
À 6%, le taux de croissance de l’industrie a été supérieure à celui de l’économie brésilienne – source : IBGE.

Selon l’Association nationale des constructeurs, la production du secteur automobile a atteint 2,97 millions de véhicules, soit une hausse de 13,9% par rapport à 2006.
La croissance des ventes, sur le marché intérieur, a été de 27,8% pour les véhicules automobiles et utilitaires légers (2.460.000). Fiat est resté le leader du marché (25,94%), devant Volkswagen (22,97%), General Motors (21,29%) et Ford (10,55%). Honda, Peugeot, Renault et Toyota ont obtenu chacun moins de 3% du marché. De l’ensemble de ces véhicules, environ 85,6% étaient flex-fuel.
Les exportations ont atteint 13,2 milliards de dollars en 2007, soit une hausse de 8,7%.

Entreprise emblématique du secteur aéronautique, Embraer a livré un nombre record d’appareils : 169. De plus, au 31/12/2007, son carnet de commandes totalisait 18,8 milliards de dollars.

Biens de consommation courante
La consommation brésilienne de produits cosmétiques a progressé de 13% entre 2006 et 2007, atteignant un volume de 19,8 milliards de dollars, contre 18,2 milliards l’année précédente. En 2006, le Brésil était devenu pour la première fois le troisième consommateur mondial et avait devancé la France – source : Chambre de commerce France Brésil.
On compte aujourd'hui au Brésil plus de 1 500 entreprises actives sur le marché des cosmétiques, dont plus de 61% (1 003) sont situées dans la région Sudeste – source : Association brésilienne de l'industrie de l'hygiène personnelle parfumerie et cosmétiques.

Tourisme
Les dépenses effectuées par les touristes étrangers ont atteint 4,5 milliards de dollars, pour la période allant de janvier à novembre. La prévision pour l’année complète est d’environ 5 milliards de dollars (+15% / 2006) – source : Banco Central.

Télécommunications
Selon l’Anatel, les opérateurs brésiliens comptabilisaient 121 millions de téléphones mobiles en service, fin 2007. Environ 80% d’entre eux sont prépayés. Le leader du marché est Vivo (27,6%), suivi de TIM (25,9%), Claro (25%), Oi (13,1%) et Brasil Telecom (3,6%).
Comme pour la plupart des indicateurs, les disparités régionales sont très fortes : 1,14 appareil par habitant dans le District Fédéral, 67,5 mobiles pour 100 habitants dans l’État de São Paulo, 25,5 pour 100 habitants dans le Maranhão, État le moins équipé du Brésil.

Nombre de personnes disposant d’un accès à Internet à domicile : 32,1 millions (+45,5% / même période de 2006) – source : Ibope/NetRatings, novembre 2007.
Nombre de personnes se connectant à Internet au moins une fois par mois de chez soi : 21,5 millions (+ 49,1% / même période de 2006) – source : Ibope/NetRatings, novembre 2007.

Cinéma
Quelques données ici.

18 décembre 2007

Le Brésil au sixième rang des puissances économiques

Selon la Banque mondiale, qui a publié aujourd’hui les résultats préliminaires de son International Comparison Program, le Brésil occupait en 2005 le sixième rang par la richesse calculée en parité de pouvoir d’achat, entre les 146 États étudiés.

Si la méthodologie employée est plus complexe et donne lieu plus facilement à des erreurs que le PIB exprimé en dollars, évaluation qui elle-même n’est d’ailleurs pas exempte d’approximations, elle prend toutefois mieux en compte la réalité des modes de vie des habitants des différents pays.

Prenant en compte la difficulté inhérente à la méthodologie, la Banque mondiale a eu la sagesse de ne pas publier des résultats affichant deux ou trois chiffres derrière la virgule, comme on le voit trop souvent dans ce genre de classements. C’est pourquoi le Brésil se trouve classé ex-aequo avec le Royaume-Uni, la France, la Russie et l’Italie, ces cinq pays représentant chacun 3% de la richesse mondiale.

Le Brésil comptant pour un peu moins de 3% de la population de la planète, on peut dire qu’il pèse un juste poids. Le Royaume-Uni, la France et l’Italie ayant environ 3 fois moins d’habitants que le Brésil, leurs citoyens sont individuellement trois fois plus consommateurs que les Brésiliens. Il ne serait donc pas choquant de voir, dans le futur, ces trois pays européens s’appauvrir relativement à d’autres, moins bien lotis aujourd’hui. Il serait même souhaitable qu’il en soit ainsi, le contraire signifiant le maintien des inégalités actuelles.

Pour les douze économies majeures, le classement est le suivant, les valeurs exprimant le pourcentage de la richesse mondiale :

  • États-Unis : 23
  • Chine : 10
  • Japon : 7
  • Allemagne : 5
  • Inde : 4
  • Royaume-Uni : 3
  • France : 3
  • Russie : 3
  • Italie : 3
  • Brésil : 3
  • Espagne : 2
  • Mexique : 2

Ces douze pays cumulent près des 2/3 de la richesse mondiale. Se mettre d’accord à 12 étant a priori plus facile qu’à 190, c’est à eux qu’il incombe de fixer en priorité des objectifs quantifiés de réduction des gaz à effet de serre et à les respecter. C’est à eux de donner l’exemple au reste du monde. Mais ceci est une autre histoire...

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Le classement 2005 et les prévisions pour 2050, effectués en leur temps par PriceWaterhouseCoopers, figurent ici. On remarquera que la richesse de la Chine et de l’Inde avait été surévaluée, celle du Brésil et de la Russie sous-évaluée.

27 novembre 2007

Le nombre : 0,800

C’est, pour 2005, l’Indice de développement humain (IDH) du Brésil, tel que vient de le divulguer le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Rappelons que l’IDH est un indice composite qui prend en compte le niveau d’éducation, l’espérance de vie à la naissance et le niveau de vie.

Bien qu’atteignant pour la première fois le groupe des pays à développement humain élevé, le Brésil recule d’un rang (désormais 70ème), dépassé par l’Arabie Saoudite (désormais 61ème) et l’Albanie (désormais 68ème), la République dominicaine rétrogradant à la 71ème position.

Selon Kevin Watkins, coordonnateur du rapport du PNUD, l’amélioration constatée au Brésil résulte à la fois des bons résultats économiques de ces dernières années, mais aussi des programmes de transferts de revenus, tels que Bolsa Família. Sans surprise, Peter Watkins souligne dans le même rapport que des progrès restent à faire en premier lieu quant à la distribution des revenus et des terres, le crédit et l’efficacité dans le recouvrement des impôts. « Le fait est que des pays à revenus plus bas que le Brésil obtiennent de meilleurs résultats pour les autres indicateurs », souligne-t-il.

Comme toute évaluation fondée sur des données statistiques, il convient de considérer le classement avec précaution. Si la méthodologie employée est censée être partout la même, il n’en demeure pas moins que les mesures transmises au PNUD sont à la charge des gouvernements. De plus, même en supposant le respect total des méthodologies et l’honnêteté des services recueillant les données et les traitant, il est loin d’être aisé d’obtenir une photographie nette des situations étudiées. Ainsi, par exemple, le calcul de l’espérance de vie avait-il pris en compte des hypothèses qui ensuite se sont révélées trop pessimistes quant aux porteurs du virus du sida.

Malgré tout, la vision générale qu’offre le rapport et, notamment, le classement qui en découle paraissent cohérents. Trouver l’Islande au tout premier rang et la Sierra Leone en bas de tableau, n’ont rien pour étonner.

14 juin 2007

Se détendre et jouir

Les Brésiliens parlent mal de leur pays. C’est pas moi qui le dis, c’est Lula. Et il ajoute qu’il y en a marre. Notre Brésident a fait cette surprenante déclaration aux pieds du Christ, le Rédempteur qui est en compétition pour faire partie des sept nouvelles merveilles du monde. Une compétition à la con où chaque internaute peut voter autant de fois qu’il le veut, pourvu qu’il verse les cookies aux oubliettes de son disque dur. Et même si le vote était démocratique, ça ne changerait rien à l’affaire. Cette compétition pue le nationalisme et, peut-être pire encore, le conformisme.

Pour moi, aucune merveille du monde ne remplacera la leçon de merveilleux que j’ai reçu une nuit d’un bûcheron analphabète de l’Atlas marocain me décrivant avec des gestes érudits la carte du ciel. Vous ne demandiez pas mon avis, mais je vous le donne.

Nationaliste, Lula l’est. Il n’est pas le seul en Amérique latine, loin de là. Et ailleurs, ce n’est guère mieux. Nationalistes, les Brésiliens le sont autant que les Français, ce qui est peu dire. Et les Brésiliens se plaignent de leur pays autant que les Français, aussi. Les ressemblances s’arrêtent là. À moins que Sarko ne se mette, lui aussi, à faire la réclame de sa merveille, en convoquant une conférence de presse au pied de la Tour Eiffel.

Ce midi, en sortant de chez Antônio, j’ai eu droit sur le trottoir à la complainte de R. qui rêve d’effectuer un post-doc sandwich en France. R. venait d’entendre que Lula lui demandait de fermer sa gueule. Sont passés à la moulinette les derniers scandales de corruption qui font chaque jour les gros titres. Et, pour enfoncer le clou, Marta(1), la belle, l’élégante Marta, qui a fait scandale hier en conseillant, aux passagers qui trouvaient le temps long dans les halls d’aéroport, de « se détendre et de jouir ».

(1) Marta Suplicy, ministre du Tourisme et icône de l’élégance paulisto-parisienne au sein du parti des travailleurs.

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Corcovado - Tom Jobim et Stan Getz

31 mai 2007

La paix dans tous ses états

Qu’ont-ils en commun, le Dalaï Lama, l’archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu, l’ex-président des États-Unis Jimmy Carter, le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, la reine Noor de Jordanie ? Selon la très flegmatique Economist Intelligence Unit, émanation de l’hedomadaire britannique The Economist, ces personnalités, pour être femme et hommes de paix, seraient les mieux qualifiés pour juger du degré de paisibilité des différents États de la planète.

Parmi les critères pris en compte, figurent les niveaux de violence domestique, les dépenses militaires, l’influence du crime organisé... À ce petit jeu, on retrouve en tête de classement des pays prospères, à une exception notable près, celle des États-Unis (au 96ème rang des 121 pays étudiés). Le Brésil, qui n’est pourtant pas en guerre, fait à peine mieux (83ème).

Pour trouver la tranquillité en Amérique latine, nos experts conseillent plutôt le Chili (16ème) et déconseillent fortement la Colombie (116ème).

La liste est la suivante :
1. Norvège
2. Nouvelle Zélande
3. Danemark
4. Irlande
5. Japon
6. Finlande
7. Suède
8. Canada
9. Portugal
10. Autriche
11. Belgique
12. Allemagne
13. République Tchèque
14. Suisse
15. Slovénie
16. Chili
17. Slovaquie
18. Hongrie
19. Bouthan
20. Hollande
21. Espagne
22. Oman
23. Hong Kong
24. Uruguay
25. Australie
26. Roumanie
27. Pologne
28. Estonie
29. Singapour
30. Qatar
31. Costa Rica
32. Corée du Sud
33. Italie
34. France
35. Viêtnam
36. Taïwan
37. Malaisie
38. Émirats-Arabes-Unis
39. Tunisie
40. Ghana
41. Madagascar
42. Botswana
43. Lituanie
44. Grèce
45. Panama
46. Koweit
47. Lettonie
48. Maroc
49. Royaume-Uni
50. Mozambique
[...]
52 Argentine
55 Paraguay
59 Cuba

60 Chine
66 Nicaragua
69 Bolivie
70 Pérou
74 République Dominicaine
79 Mexique
83 Brésil
87 Équateur
89 Salvador
93 Guatemala
94 Trinidad et Tobago

96 États-Unis
98 Honduras
99 Afrique du Sud
102 Venezuela
109 Inde
116 Colombie
118 Russie

07 mars 2006

Le Brésil quatrième puissance économique mondiale


Quelles seront les grandes puissances économiques à l’horizon 2050 ? C’est un exercice auquel s’est livré PriceWaterhouseCoopers (PWC). Selon PWC, le Brésil, aujourd’hui neuvième puissance économique mondiale en parité de pouvoir d’achat, atteindrait le quatrième rang en 2050, ce qui suppose une croissance annuelle moyenne de 5,4 % sur la période, bien supérieure aux 2,3 % enregistrés en 2005.

PWC explique une telle performance par l’accélération de la croissance due à l’augmentation de la tranche des 15 – 59 ans. C’est rationnel, mais est-ce suffisant ?

Il ne sera pas nécessaire d’attendre 2050 pour en juger. Si d’ici 2010, le taux de croissance du Brésil ne s’est pas installé au-dessus de 5%, la probabilité que le pronostic se vérifie sera reduite à néant, ou presque.

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