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08 mai 2019

Une rencontre du troisième type avec un type incertain

Malgré sa taille, je ne l’ai pas remarqué tout de suite. Un grand échalas de plus de deux mètres, à coup sûr. Peut-être deux mètres dix. Un énergumène bien maigre mais droit, interminable, mal habillé, ou plutôt habillé de peu, rapport sans doute à sa haute pauvreté.
Je l’ai remarqué quand il a ouvert sa grande gueule et qu’il a commencé à parler aussi haut que son squelette, haut et fort. Il a d’abord dit qu’il en avait marre de se les geler. Et il était vrai que ça caillait en ce jour de printemps à gueule d’hiver. De la pluie, du froid, de la grisaille, tout pour donner envie de rester enfermé dans le coin le plus chaud de la maison, de se calfeutrer, de se glisser sous la couette.
Il a entamé un long discours, il a maudit les hommes politiques qui annonçaient un soi-disant réchauffement climatique, la disparition de millions d’animaux, la fin du monde. Il les a traités de débiles, de putains de menteurs, de fils de putes, de bachi-bouzouks de deuxième catégorie. Il a maudit l’oiseau qui venait de lui chier dessus et a souhaité que les oiseaux sortent du paysage, qu’ils disparaissent de la surface de la Terre et des airs qui l’enveloppent. Il a maugréé que la Terre était faite pour les hommes et eux seuls, que c’était Dieu qui l’avait voulu. Il fallait en finir avec les oiseaux qui ne se mangeaient pas, avec les abeilles qui piquaient et les mouches à merde et les moustiques qui démangeaient. Il fallait exterminer toutes ces races inférieures qui nous gâchaient la vie, les chiens qui mordaient, les chats noirs qui portaient malheur, les lions qui bouffaient n’importe quoi, les grands singes qui nous imitaient pour se foutre de notre gueule, les baleines et les éléphants qui nous faisaient la morale à la télévision. Toute la création ou presque y passait. On pouvait à la limite sauver les vaches et les poulets, les moutons et les bufflonnes, les chameaux et les autruches et quelques autres à condition qu’on puisse les manger, qu’on diminue le prix de leurs viandes et de leurs laits et de leurs fromages.
Je l’écoutais avec attention, me demandant s’il n’allait pas ajouter à sa liste d’extermination les juifs et les nègres, quand il m’a remarqué à son tour. Il m’a jeté un œil haineux et a craché devant lui. Peut-être me faisais-je des idées, peut-être ne me détestait-il pas. Peut-être aurait-il même accepté de déjeuner avec moi et de partager une bonne et belle côte de bœuf saupoudrée de fleur de sel.
Il s’est approché de moi et m’a fixé. Et, sans me laisser le temps de frissonner de froid et de peur, il m’a demandé ce que j’en pensais. Ce que j’en pensais ? Nom de dieu, je ne savais plus quoi penser. J’ai juste réussi à lui confirmer que notre présidente était une grosse feignasse, qui voulait nous culpabiliser chaque fois qu’on mangeait à contrecœur une cuisse de poulet alors que, j’en étais sûr, elle se bâfrait de magrets d’autruche et de suprêmes de zébus. Il m’a regardé bizarrement, comme si j’avais dit des conneries. Et le fait est que j’avais dit des conneries, que j’avais confondu les autruches avec les canards et les zébus avec les poulets. Il m’a dit qu’il lui aurait chié dessus s’il avait pu, il parlait de la présidente. Il ne parlait sans doute pas de moi, à moins qu’il m’ait pris pour une femme, rapport à mon maquillage. Il s’est approché et m’a dit qu’il me cracherait bien dessus, pour qu’avec sa bave je puisse effacer mon rouge à lèvre et mon fond de teint. Je n’avais pas le temps de lui expliquer que je m’étais peinturluré rapport au carnaval. J’ai tourné les talons et j’ai commencé à m’éloigner. Mais il m’a rattrapé et a saisi ma jupe en papier crépon. Il ne me restait plus qu’à prendre mes jambes à mon cou.
Je n’ai pas demandé mon reste.


09 septembre 2018

Marcia Baila

Cela se passe le long du Doubs, un samedi de septembre, une vraie journée d'été...
Marcia, elle danse sur du satin, de la rayonne
Du polystyrène expansé à ses pieds
Marcia danse avec des jambes
Aiguisées comme des couperets
Deux flèches qui donnent des idées
Des sensations
Marcia, elle est maigre
Isabelle Bazin, elle est pas maigre, elle est plutôt gironde. Isabelle Bazin, c'est une des musiciennes, pour l'occasion chanteuse munie d'un porte-voix, une des musiciennes de l'Orchestre National de Ukulélés. Isabelle Bazin, surgeon de la Rita Mitsouko.
Cela se passe le long du Doubs, dans le cadre de la 71ème édition du Festival international de musique. Et c'est à Besançon, vénérable capitale de la Franche-Comté...
Belle en scène, belle comme à la ville
La voir danser me transforme en excité
La foule est là qui l'écoute, qui les écoute, ceux et celle de l'Orchestre National de Ukulélés. Sur l'eau du Doubs, il y a aussi l'intrépide quintette de cuivres Le Vesontio, à bord d'un Dragon Boat...
Moretto
Comme ta bouche est immense
Quand tu souris et quand tu ris
Je ris aussi, tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid que l'on sent en toi?
Le Dragon Boat s'écoule au rythme des pagayeurs. A son bord, les cuivres. Et sur les quais l'Orchestre National de Ukulélés. Et sur les quais 3000 Bisontins aussi, qui les suivent et les écoutent. Et sur les quais quelques extra-terrestres aussi.
Et au même moment, le long des rues de centaines de villes du monde entier, de petites foules de citoyens inquiets, des citoyens qui voudraient alerter l'immense majorité silencieuse quant à l'urgence de se lever et de gueuler. L'urgence de se les bouger, de bouger leurs jambes, de faire de leurs jambes des jambes aiguisées comme des couperets. C'est qu'il est peut-être trop tard... Trop tard pour sauver la planète, celle que nous avons connue quand nous étions d'innocents enfants. Trop tard pour sauver l'humanité contre le suicide qu'elle semble avoir renoncé à éviter...
Mais c'est la mort qui t'a assassinée, Marcia
C'est la mort qui t'a consumée, Marcia
C'est le cancer que tu as pris sous ton bras
Maintenant, tu es en cendres, cendres
C'est la mort qui t'assassine, mon amie la Terre. Qui nous assassine, nous chétifs êtres humains. Maintenant que nous sommes en cendres, cendres.
La mort, c'est comme une chose impossible
Et même à toi qui est forte comme une fusée
Et même à toi, qui est la vie même, Marcia
C'est la mort qui t'a emmenée
Et à 10000 km de là, de Besançon et du Doubs, c'est une nation qui s'apprête à se suicider. Un pays appelé Brésil, un pays de braises. Que la mort consume. Avec ses vraies violences et ses faux attentats, orchestrés pour propulser au pouvoir un nouveau dictateur, surgeon latino-américain d'un Mussolini...Un surgeon nommé Bolsonaro. Le Bolsonaro qui demande à cor et à cri qu'on gave d'huile de ricin les nègres et les pédés. Un Bolsonaro qui demande à cor et à cri qu'on fusille les petralhas.
Marcia danse un peu chinois
La chaleur
Dans les mouvements d'épaules
A plat
Comme un hiéroglyphe inca
De l'opéra.
Et les Chinois aussi. Les Chinois qui hésitent encore un peu quant aux mouvements d'épaule à suivre... A plat, comme un hiéroglyphe inca, de l'opéra... Les Chinois qui ont les clés de notre amie la Terre. Plus encore que les dégénérés étasuniens.
Et nous au bord du Doubs, et sur le Doubs, qui répétons ce jour de fêtes. Combien de jours de fêtes encore ? Avant que les cendres nous retombent dessus. Cendres venues de loin. De très loin. De trop loin, pour nous, chétifs êtres humains.

(Les paroles de chanson sont extraites de Marcia Baila, des Rita Mitsouko)

21 août 2018

Les fourmis rouges dans ce qu'il restera de l'Amazonie

Chers amis, comment ne pas voir qu'au fond ledit brexit n'a strictement aucune importance. Dans 20 ou 30 ans, le Royaume-Uni ne sera plus qu'un souvenir. De même que la disparition de l'espèce humaine... Juste une petite question, une toute petite question : quels seront les animaux ayant survécu à l'extinction humaine pour se souvenir de notre passage sur Terre ? Voilà une question, peut-être anecdotique, mais qui m'amuse au même titre que l'évolution des babouins dans la péninsule arabique ou, autre exemple, l'évolution des fourmis rouges dans les lambeaux de l'Amazonie qui échapperont au cataclysme.

Respectueusement,

Francis

13 février 2014

Chaleurs

Il fait chaud. Quoi de plus normal au Brésil en été ? Rien à mon humble avis, mais les journaux locaux nous disent qu'il fait anormalement chaud et que cela explique les pannes géantes d'électricité comme la surcharge minuscule des climatisations en entreprise qui oblige à fermer des agences bancaires ou des sites industriels.

Ailleurs on nous dit aussi qu'il fait chaud à Sochi. Ce n'est, semble-t-il, une surprise que pour ceux qui se refusaient d'ouvrir les yeux. Claquer 15 milliards d'euros ou même plus modestement de dollars pour organiser des Jeux à la con, c'est bien un symptôme de notre monde actuel. On voit toujours plus grand, comme s'il n'y avait pas de limite. Et il est vrai qu'il n'y a pas de limite à la folie humaine. Qu'a-t-on besoin, en effet, d'investir autant dans des infrastructures qui n'auront pas ou peu d'utilité dans le futur, alors qu'il suffirait d'organiser des jeux (en minuscule) sympas à la faveur d'installations existantes pour faire plaisir aux amateurs, dont je ne suis pas, il me faut le reconnaître.

Cette même folie des grandeurs affecte déjà le Brésil qui va bientôt accueillir la Coupe du monde de football et Rio qui accueillera en 2016 les Jeux (en majuscule, hélas) olympiques. D'ores et déjà les gouvernements russes et brésiliens font match nul quant à la sécurité : chaque pays mobilise(ra) 100.000 policiers et soldats !

Chaleurs aussi pour les organisateurs de la Copa.

À quelques semaines du début des tournoi et spectacle planétaires, tous les stades sont loin d'être prêts. C'est Curitiba qui semble tenir le pompon puisque certains envisagent un plan B, ce que dément Blatter qui garde son sang froid aujourd'hui dans une interview réalisée par mail, une spécialité, soit dit en passant, de la Folha de São Paulo. En tout cas, notre brave Suisse y manie la langue de bois à merveille et cet exercice de haut style confirme si besoin était qu'il sera difficile à écarter lors de la prochaine élection interne à la FIFA.

Que Curitiba soit en retard est une surprise pour moi, tant on m'a souvent vanté la capitale du Paraná comme un modèle pour le Brésil entier. Mais je lis aujourd'hui que la gare routière n'y dispose pas même de toilettes ni de snack-bars (lanchonetes) ! Il va falloir que j'exige des explications de ceux qui m'auraient menti.

Chaleurs bancaires

Tout ça arrange bien une fois de plus le monde de la finance. On nous apprend aujourd'hui qu'une des principales banques brésiliennes, Banco do Brasil, a enregistré des profits records en 2013, à hauteur de 15,8 milliards de reais, soit environ 5 milliards d'euros. Un jour sans doute, les concentrations de richesse, dont les résultats de certaines banques sont des symptômes, finiront bien par déclencher d'autres chaleurs, celles de citoyens réduits à la nécessité de l'émeute. Ou bien ces citoyens finiront-ils par capituler sans conditions comme leurs représentants politiques, à l'image d'un Hollande plus fringant en Amérique qu'à la maison ?

04 juin 2012

Rio + 20, un sommet inutile ?

Si l'amplitude et la vitesse des phénomènes peuvent et doivent faire l'objet de débats contradictoires, il ne fait guère de doute que nous devons faire face, comme jamais auparavant dans l'Histoire, à la conjonction de la raréfaction des ressources naturelles et d'un changement climatique auquel contribue l'activité humaine. Ces phénomènes étant observés à l'échelle de la planète, il semble raisonnable d'en tirer les conséquences ensemble et de prendre les mesures qui paraissent devoir s'imposer.

De là, deux attitudes sont possibles. Mettre à profit ces crises pour revoir nos modèles de société et de développement, compte tenu que les modèles dominants y contribuent fortement, devrait être la première conséquence à laquelle nous devrions arriver. Or nous savons que les élites politiques et entrepreneuriales ne font pas la même lecture et n'acceptent d'envisager qu'à la marge une remise en cause de leur mode de pensée. Pire encore, ils souhaitent tirer le maximum de profit des difficultés actuelles en les utilisant comme prétexte à créer de nouveaux marchés, tels que celui de l'oxyde de carbone, comme si l'économie de marché et ses dérives spéculatives n'étaient pour rien dans l'état du monde actuel.

C'est dans ce contexte que va se dérouler la conférence Rio + 20. On peinturlura de vert tout ce qui pourra l'être, mais rien ne changera sur le fond, les crises continueront de s'aggraver, de même que les inégalités de richesse. Le fait que des dirigeants comme Barack Obama, Angela Merkel et David Cameron feront l'impasse sur cette réunion est assez significatif. Et ne nous faisons pas d'illusion : si François Hollande traversera l'Atlantique, c'est parce qu'il a été récemment élu et que Rio + 20 lui donnera l'occasion de rencontrer pour la première fois maints dirigeants et notamment Dilma Rousseff, présidente de la sixième économie par le PIB et aussi responsable in fine de la décision à prendre quant à l'achat des Rafale, autrefois promis par Lula. Autant dire que ses préoccupations seront loin d'être en harmonie avec le prétexte officiel du sommet Rio + 20.

Certes aura lieu, parallèlement, un Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale, où les participants plaideront pour une économie vraiment « verte », au service du bien commun, seule capable à leurs yeux de contribuer à la résolution, non seulement des problèmes environnementaux, mais aussi économiques et sociaux qui sont la marque de la crise du capitalisme que le monde affronte aujourd'hui.

Mais cette réunion, aussi sympathique soit-elle, fait penser au Forum social mondial (FSM), imaginé comme alternative au Forum économique de Davos. Ces deux événements, devenus rituels, se renouvellent chaque année. Pour autant, nous ne pouvons pas dire que les lignes bougent. Les initiatives prises lors des réunions du FSM n'ont jamais à ce jour permis des avancées sociales significatives.

Si nous voulons que la crise environnementale et la raréfaction des ressources naturelles soient véritablement prises en compte, il faudra largement plus qu'un énième sommet. Seule l'implication directe de larges couches de nos sociétés serait capable de nous faire avancer vers la résolution de problèmes majeurs et peut-être vers un monde meilleur. Rien ne permet de dire, aujourd'hui, que pareille mobilisation soit en cours de cristallisation.

Ce texte est ma contribution au débat lancé par le site de Frédéric Taddeï, Newsring, auquel vous pouvez participer en cliquant ici.

31 mai 2012

Rio + 20, dans moins de 3 semaines

Dans moins de trois semaines, le Brésil sera l'hôte de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable, vendue sous la marque « Rio + 20 ». Pour nombre de voix critiques, la réunion des dirigeants du monde – François Hollande en sera – est une tentative de sauver le modèle de développement orthodoxe, celui-là même qui approfondit les crises environnementales dans le monde entier. En ce sens, l'ajout de l'adjectif « vert » à l'économie de marché est plus une ruse rhétorique pour masquer l'impact négatif que le dogme de la croissance illimitée cause au détriment du plus grand nombre.

La question posée depuis longtemps par les mouvements sociaux n'aura jamais été à ce point d'actualité à la veille de l'événement : « Sur quel modèle de développement durable, la réunion des dirigeants du monde se penchera-t-elle ? » La question résume aussi ce qui sera discuté lors du sommet parallèle, le Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale.

Lors de cette réunion, les représentants de la société civile mondiale pointeront précisément la non-viabilité de l'économie capitaliste de marché. Si l'un des termes les plus fréquemment utilisés dans le lexique de l'ordre du jour de Rio + 20 est « économie verte », les dirigeants rejettent
a priori l'idée que, derrière l'adjectif « vert », se cachent d'autres formes possibles d'économie, réitérant une fois de plus le postulat selon lequel l'économie de marché serait le seul moyen à la disposition d'un développement prétendument durable.

Pourtant, à défaut d'être la panacée à tous nos problèmes, une « économie verte », au service du bien commun, pourrait contribuer à la résolution, non seulement des problèmes environnementaux, mais aussi économiques et sociaux qui sont la marque de la crise du capitalisme que le monde affronte aujourd'hui.


Ce texte n'est pas la traduction mais une libre interprétation du communiqué de l'Observatoire des favelas que vous pouvez lire en cliquant ici.

18 avril 2012

Vingt ans après

Achim Steiner est allemand, mais il est né dans le Rio Grande do Sul. Le Brésil ne lui est donc pas totalement étranger. Mieux même, le Brésil ne lui est pas totalement indifférent. Achim Steiner est le patron du Programme des Nations Unies pour l'Environnement. Il a en charge, pour les Nations Unies, le dossier Rio+20, la conférence qui 20 ans après Rio 1992 était censée avoir pour ambition de relancer les efforts conjoints en vue de négocier au mieux le virage des changements climatiques en cours. Achim Steiner s'inquiète : « les préparatifs de la conférence ne sont pas là où ils devraient être ». Décidément, avec ses retards, le Brésil a le don d'agacer les organismes internationaux, FIFA comme ONU. Mais, s'agissant de l'environnement qui, au contraire du football, n'intéresse guère les Brésiliens, c'est peut-être encore pire.

En tout cas, le rêve d'Achim Steiner de voir le Brésil peser « de tout son poids » afin de convaincre les États-Unis d'appuyer l'initiative des Européens pour la création d'une agence responsable de l'environnement, sur le modèle de l'OMS, ne se réalisera pas. Au moment où Dame Dilma vient de trancher en faveur du lobby agro-industriel et de signer la loi d'amnistie votée par le parlement qui exonère les coupeurs de bois, le contraire aurait été surprenant. En partisane du développement à tout prix, Dilma n'a sûrement aucune envie de voir une agence supra-nationale lui chercher des poux dans les années qui viennent, au prétexte que la déforestation redouble.

Mais c'est un peu facile de dégoiser contre le Brésil, alors que très rares sont les pays qui s'engagent vraiment sur la voie du respect de l'environnement et/ou qui prennent des mesures conséquentes pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, économiser l'énergie et les matières premières fossiles. Il faut bien le dire, à quelques rares exceptions près, tout le monde s'en fiche. C'est si vrai que les hurluberlus – les écolos, pour ne pas les nommer – qui font de ces axes d'action le combat de leur vie sont pris au mieux pour de doux rêveurs, au pire pour les membres d'une redoutable secte de casse-couilles. La conclusion s'impose : pour l'immense majorité des humains, la disparition de leur propre espèce représente certainement une aspiration, inconsciente ou non. Que dire de celle des petits oiseaux et des jolies fleurs !

Les lecteurs intéressés par l'envers du décor pourront lire le témoignage de notre ami favelado sur Eco92. Rien n'aura changé pour Rio+20. La fenêtre s'ouvrira en cliquant sur ce lien.

Une forêt avant 1950, des dunes aujourd'hui : Itaúnas / Photo : (c) Francis Juif / PixeLuz

18 mars 2012

Ragoût de Chevron

En novembre dernier, Chevron avait fait à ses dépens la une des journaux brésiliens. Puis la presse étrangère avait cru devoir célébrer la condamnation de l'entreprise nord-américaine à payer une amende de 50 millions de reais (environ 21 millions d'euros).

L'exécution de cette décision n'a pas encore été mise en œuvre qu'une nouvelle fuite de pétrole renvoie Chevron en une. Il n'est pour l'instant pas question d'une nouvelle amende, mais du dépôt d'une plainte au pénal. Et comme la majorité des responsables concernés sont des gringos, un procureur a décidé d'interdire à 17 cadres de l'entreprise de quitter le territoire brésilien.

Cela sera sans doute le quart d'heure de gloire peu ragoûtant de ces 17 « criminels » potentiels. Cependant, après délibération entre ma conscience et mon inconscient, il ne saurait être question que je livre en pâture les noms de ces lampistes, contrairement à ce qu'a fait, par exemple, la Folha de São Paulo. En revanche, je ne crois pas inutile de préciser que l'actuel CEO de Chevron se nomme John S. Watson, qu'une certaine Condoleeza Rice a fait partie du conseil d'administration (avant de servir George W. Bush) et que l'un des principaux actionnaires de la multinationale est la compagnie d'assurance française AXA.

03 novembre 2011

Gestion intelligente des ressources : les aberrations brésiliennes

Des Vitória (ou des Victoria), il y en a à foison dans le monde, de l’Australie au Canada, de l’Espagne au Brésil. Au Brésil même, nous en collectionnons plusieurs. Je n’avais pas encore parlé de Vitória do Xingu, voilà que l’occasion m’en est donnée par Megaron Txucarramãe, neveu du fameux cacique Raoni, à la une des médias occidentaux chaque fois qu’ils veulent se payer un quart d’heure de bonne conscience. 

Indien caiapó, Megaron vient de se faire jeter de la FUNAI (Fundação Nacional do Índio) parce qu’il ne joue pas le jeu du barrage de Belo Monte. Megaron contre le méga-barrage, donc. C’est qu’au gouvernement on les aime bien les Indiens, mais à condition qu’ils montrent leurs plumes et ferment leur gueule. Le plus drôle est que la FUNAI prétend que la mise à la porte de Megaron n’a strictement rien à voir avec son opposition à l’usine hydro-électrique de Belo Monte.

Ce chantier est contesté depuis des années, mais le gouvernement de Dilma semble prêt à tout pour réaliser ce projet, de même qu’il vient de décider d’accroître encore l’activité industrielle de Manaus, zone franche et première productrice de produits électroniques, ce qui constitue en soi une aberration totale.

Alors que de grands groupes nord-américains, enfin sensibles aux problèmes environnementaux ou du moins à l’idée du bénéfice qu’ils peuvent en tirer en terme d’image, semblent décidés à installer leurs fermes de serveurs dans des régions froides (Islande, Suède, Finlande...) pour diminuer la consommation d’électricité consacrée au refroidissement des bâtiments abritant leurs machines, on fait tout le contraire au Brésil ! 

Ne serait-il pas logique d’installer le parc industriel électronique du Brésil dans les États du sud, au climat tempéré et plus proches des zones consommatrices, et d’orienter Manaus vers ce qui devrait être sa vocation première : une exploitation intelligente de la forêt ? Trop facile, sans doute !

05 mai 2011

La banque Santander suspend le financement d'un barrage controversé au Brésil

Banco Santander, la plus grande banque européenne, a suspendu le financement du barrage très controversé de Santo Antonio pour des raisons environnementales et sociales.

Cette décision porte un coup dur à ce projet qui fait partie d'une série de barrages planifiés en Amazonie brésilienne ayant soulevé une vague de protestations au Brésil et dans le monde entier. Trois leaders indiens d'Amazonie ont récemment effectué une tournée en Europe pour dénoncer ces barrages.

Les barrages de Santo Antonio et Jirau, en cours de construction sur la rivière Madeira, ont un coût estimé à 15 milliards de dollars. Ils menacent des milliers d'Indiens, dont des groupes isolés qui vivent à proximité.

Plus d'informations ici.

07 avril 2011

Alstom pourrait participer à la destruction de l'Amazonie et des peuples indigènes

La compagnie française Alstom a signé un contrat d'environ 500 millions d'euros avec la compagnie brésilienne Norte Energia pour la fourniture d'équipements destinés au complexe hydroélectrique de Belo Monte. Alstom sera à la tête d'un consortium regroupant les compagnies Voith (allemande) et Andritz (autrichienne).

S'il est construit, le barrage de Belo Monte sera le troisième plus important au monde et menacera la vie et les modes de vie de milliers d'Indiens vivant dans la région du Xingu y compris des Indiens isolés extrêmement vulnérables. Il dévastera près de 1 500 km2 de forêt et déplacera de 20 000 à 40 000 personnes.

Le barrage qui a été abondamment critiqué, notamment par l'évêque du Xingu, Erwin Kräutler, lauréat du prix Nobel alternatif, et par le réalisateur James Cameron, fait actuellement l'objet d'une bataille judiciaire autour de la licence environnementale nécessaire à sa construction. La Commission interaméricaine des droits de l'homme vient de demander au gouvernement brésilien de suspendre la construction tant que les communautés indigènes n'auront pas été consultées et de prendre les mesures nécessaires pour protéger les Indiens isolés qui vivent dans la région.

Le barrage a également provoqué de vives manifestations de mécontentement de la part des Indiens et de leurs sympathisants dans le monde entier. Survival a appelé Alstom à dénoncer son contrat.

01 avril 2011

L'agroécologie permettrait de doubler la production agricole en 10 ans, selon l'ONU

Comment "nourrir 9 milliards d'êtres humains en 2050" ? La réponse coule de source, pour le rapporteur spécial de l'ONU, Olivier De Schutter : en laissant tomber l'agriculture intensive au profit de l'agroécologie. Une technique qui "cherche à améliorer la durabilité des écosystèmes en imitant la nature plutôt que l'industrie"...

Si c'est l'ONU qui le dit... En tout cas, les exemples rapportés mettent l'eau à la bouche. Pour en savoir plus, c'est ici.

17 mars 2011

Centenaire de la parution d'un rapport révélant les atrocités commises sur les Indiens d'Amazonie

Le Pérou, ça peut paraître loin de Vitória, mais nous avons ici, dans la région d'Aracruz précisément, des Indiens qui luttent contre une multinationale et ses plantations géantes d'eucalyptus destinées à la production de cellulose.

C'est pourquoi il me semble d'autant plus utile de relayer le communiqué de presse suivant de Survival International.

"Selon le rapport du diplomate irlandais, Sir Roger Casement, publié il y a 100 ans aujourd'hui, des dizaines de milliers d'Indiens furent réduits à l'esclavage, torturés, séquestrés, tués durant les quelques décennies que dura l'exploitation forcenée du caoutchouc amazonien.

Casement avait été envoyé par le gouvernement britannique pour enquêter sur les crimes commis par la compagnie de caoutchouc Peruvian Amazon Company basée à Londres. Il dénonça 'les crimes commis par les employés de la compagnie [qui] relevaient de la plus grande atrocité, incluant de constantes flagellations, des actes de torture et des meurtres'.

Les agents de la compagnie recrutaient les Indiens d'Amazonie occidentale pour récolter le caoutchouc destiné aux marchés européen et nord-américain. En l'espace de quelques décennies, de nombreuses tribus indiennes furent totalement exterminées.

L'histoire de cette terrible période est aujourd'hui presque oubliée, mais pour les descendants des survivants du boom du caoutchouc, la réalité de la disparition des ressources de la forêt est impossible à ignorer.

Les Indiens isolés qui apparaissent dans une vidéo diffusée le mois dernier sont vraisemblablement les descendants des survivants de cette période noire tandis que l'exploitation forcenée des ressources de la forêt continue de nos jours sur leurs propres territoires. Des bûcherons illégaux pénètrent de plus en plus profondément dans leurs forêts, attirés par la haute valeur commerciale des essences précieuses menacées qui s'y trouvent.

L'organisation conservationniste nord-américaine Upper Amazon Conservancy (UAC) a révélé il y a six mois la présence de campements illégaux de bûcherons dans des régions habitées par les Indiens isolés murunahua. Selon une récente déclaration du ministre de l'Environnement péruvien, le gouvernement contrôle près de 100% de l'exploitation forestière : 'Chaque mahogany (acajou rouge) qui est aujourd'hui abattu est géoréférencé et contrôlé'.

Chris Fagan, porte-parole de l'UAC a confié à Survival : 'La déclaration du ministre de l'Environnement est totalement erronée. Les mahogany continuent en majorité d'être illégalement abattus dans des régions protégées du Pérou ou dans des territoires indigènes, sans aucune conformité avec des plans de gestion appropriés'.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : 'Lorsqu'il y a des profits à tirer de l'Amazonie, que ce soit en la rasant ou en exploitant ses ressources, ce sont toujours les Indiens qui en pâtissent. C'est ce qui s'est passé il y a cent ans et cela continue aujourd'hui. Un siècle de mesures en faveur des droits de l'homme et de programmes de plus en plus élaborés destinés à sauver la forêt n'a presque rien changé. Et rien ne changera tant que les Indiens et leur terres ne seront pas placés au centre du débat. Ils ont prouvé à maintes reprises qu'ils étaient les meilleurs gardiens de leur propre terre'."

09 avril 2010

Oi Fernanda

Oi Fernanda
Il pleut sans cesse sur Rio ces jours-ci
Et tu ne sais où aller
Désespérée oubliée ruisselante
Sous la pluie
Oi Fernanda
Il pleut sans cesse sur Rio
Et je t'ai vue sur les écrans de télé
Tu pleurais
Et moi je me demandais
Oi Fernanda
Toi que je ne connais pas
Toi qui ne me connais pas
Tu n’oublieras pas
Que l’on t’aura oubliée
A peine les caméras retournées
Vers les studios de la Globo
Oi Fernanda
Déjà tu ne savais où aller sous la pluie
Désespérée oubliée ruisselante
Et tu t'es jetée dans le vide
Jamais tu ne l’oublieras Fernanda
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Même si je ne fais rien pour te venir en aide
Je dis tu à tous ceux qui m’émeuvent
Même si je ne les connais pas
Oi Fernanda
N'oublie pas
Cette pluie lourde et malheureuse
Sur ton visage malheureux
Sur cette ville malheureuse
Cette pluie sur la mer
Sur le Christ rédempteur
Sur le musée d’Oscar Niemeyer
Oi Fernanda
Quelle connerie la misère
Que deviendras-tu demain
Sous cette pluie de mort
De boue d'ordure de larmes ?
Et celui qui cette dernière nuit te serrait encore
Dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant ?
Oi Fernanda
Il pleut sans cesse sur Rio
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De boue d'ordure de larmes
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Rio
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin du morro
Dont il ne reste rien.

Sur une petite musique empruntée à Monsieur Jacques Prévert...

11 mars 2010

Verts en campagne

Ce jour, l’ami Patxi déclare ouvertement sa flamme à Cécile Duflot. C’est vrai, Cécile insuffle quelque chose de neuf dans le paysage politique français (PPF), comme on dit quand, comme moi, on est aujourd’hui à court de métaphore originale. Bref, elle me plaît bien la petite Cécile. J’aurais voté sans hésitation pour elle. Mais, inscrit sur les listes électorales du consulat de Rio, je n’ai que le droit de regarder de loin. Et c’est normal. Ce sera peut-être pour plus tard, quand je serai de retour à Paris, si cela se produit un jour. Mais Cécile aura, je le crains, perdu un peu de cette fraîcheur dont le PPF a tant besoin.

L’équivalent de Cécile ici, ce pourrait être Marina. La probable candidate du Partido Verde pour les prochaines élections présidentielles. L’ancienne ministre de l’Environnement de Lula, qui a claqué la porte il y a deux ou trois ans pour manifester son mécontentement. Comme un Jean-Louis Chevénement, en France. Un ministre, ou ça ferme sa gueule, ou ça claque la porte, quoi !

Marina Silva est de nature à insuffler quelque chose de neuf dans le paysage politique brésilien — je ne vais tout de même pas me casser la tête pour vous servir une autre métaphore ! Elle est peut-être la dernière que l’on veut bien croire lorsqu’elle parle de lutte contre la corruption. Encore que, dans son parti, ils sont quelques uns, dont des poids lourds, à être mêlés à des affaires qui ne sentent pas la chlorophylle.

Mais il y a un hic. Marina appartient à une secte. Une de ces églises évangéliques, qui pousse au Brésil plus vite que l’eucalyptus, et qui soutient que le monde n’a pas plus que quelques milliers d'années !

Exit Marina, donc. Bon, pour me consoler, je vais m’écouter une autre Cécile, celle de Nougaro. Ce qui n’a strictement rien à voir avec tout ce qui précède.

16 décembre 2009

Une présence qui en impose

Riche de 763 membres, la délégation officielle brésilienne est la plus importante de toutes à Copenhague. Près de trois fois celle des États-Unis, près de cinq fois celle de la Chine.

Je ne doute pas un instant qu’une telle présence s’imposait. Elle dit toute l’importance que le Brésil accorde au sujet. C’est même le signe que le Brésil détient, plus que tout autre pays, la clé du succès de la conférence. Imaginer autre chose serait malvenu, voire désobligeant.

Et si Dilma Rousseff a déjà plusieurs fois rabattu le caquet de Carlos Minc, le ministre de l’Environnement, c’est par souci de transparence. Une transparence que la candidate à la succession de Lula a laissé entrevoir le temps d’un lapsus : «L’environnement est, sans aucun doute, un obstacle au développement durable».

Bref, c’est pas gagné. Ni à Copenhague, ni lors des élections.

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P.S. : Merci à tous ceux d’entre vous qui m’ont transmis des messages de rétablissement, qui m’ont beaucoup touché.

26 août 2009

Sebastião Salgado

« [...] en réalité, nous avons découvert bien peu de choses ces derniers millénaires. »

Sebastião Salgado est arrivé à Vitória à l’âge de 16 ans. C’est ici qu’il a commencé ses études universitaires, avant de les achever à Paris. Et c’est ici qu’il possède l’une de ses deux principales résidences, l’autre se trouvant à Paris. Des résidences qui sont d’abord des lieux de repos, entre deux voyages.

À l’occasion de son séjour actuel dans la capitale capixaba, A Gazeta publie un long entretien avec le maître, que vous pouvez lire en cliquant ici.

18 juillet 2009

Femmes sauvages

“[...] cigarettes, whisky and wild, wild women”, c’était à ce stimulant cocktail que Henry Allingham attribuait sa longévité. Il a fini par mourir. Doucement. 113 ans, c’est un sacré bail de locataire sur cette foutue Terre.

Les cigarettes, le whisky, je comprends. J’ai jamais fumé, je n’aime pas le whisky, mais je peux comprendre. Mon père fumait, aimait le whisky. Deux paquets de clopes par jour, deux petits whiskies le soir avant de passer à table. Deux, c’était les soirs où il était raisonnable. Henry avait fait la Grande Guerre, mon père la Seconde. Les cigarettes et le whisky avaient eu raison de la santé de mon père bien avant celle de Henry. La différence entre les deux, c’était peut-être les femmes. Quoique...

Des femmes sauvages, c’était indubitablement le secret le mieux gardé de Henry. Mon père s’était contenté de femmes pas assez sauvages. Peut-être. Des femmes sauvages, cela intrigue. C’est quoi une femme sauvage ? Comme l’enfant sauvage, la femme sauvage vit dans les bois ?

La première guerre mondiale. Combien de morts ? Et combien de souffrances infligées à la surface de la Terre ? Et dire que ce n’était peut-être rien en comparaison des souffrances qui lui sont infligées de nos jours. C’est qu’une autre guerre, une autre sorte de guerre n’en finit pas de creuser ses sillons à la surface de la Terre. Parmi ceux qui sont nés le jour où Henry s’est doucement éclipsé dans son sommeil, des images de femmes sauvages dans ses rêves, combien parviendront à fêter leur centenaire en 2109 ? Sans doute aucun, si la guerre ne prend pas fin dans les tout prochains mois.

15 juillet 2009

La mort du nucléaire

Une bombe. Atomique. Qui provoque de non moins atomiques réactions. Ainsi, es-tu, lecteur, aspirant un thé vert confortablement installé dans ton fauteuil ergonomique, ou toi, lecteur, dribblant la surveillance de ton petit chef de section, ou toi encore, Salsa en train d’écouter Turi Collura, qui me demandes des nouvelles de la révolution sarkozienne.

Tu es donc là, ami lecteur, et tu vas tomber à la renverse en lisant ce qui va suivre et que je te traduis au lance-pierre :

« Le nucléaire est mort. Je l’ai tué. Cette mort libère 10 milliards d’euros d’investissements qu’on va pouvoir mettre dans les énergies renouvelables et soulager les pays en développement, réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et arrêter la déforestation en 2015. C’est le chemin que va prendre la France. C’est le chemin qu’elle va montrer au monde... »

C’est, grosso modo, comme ça qu’il parle. Qu’il maltraite la syntaxe. Qu’il nous prend pour des cornichons. Sarcô, comme dit Salsa. Sarkozy, oui, oui. Lecteur, attentif que tu es, tu l’avais reconnu. Sarkozy-le-phare-de-ce-monde. Les Lumières faites homme. La bibliothèque d’Alexandrie réincarnée. Celle-là, Chaudanne, elle t’avait échappée.

Et toi, ami lecteur, tu vas reprendre en chœur avec moi, cette forte phrase qui a défrayé la chronique, la nouvelle vraie et vérifiée, à l’allure de fausse nouvelle, cette phrase incendiaire : « Sarkozy, on te voit ! »

Comme tu n’es pas cornichon, ami lecteur, tu cherches le lièvre. Et tu as raison. Mais d’autres que nous, éblouis par le bling bling sarkozien, n’y ont vu que du feu. Et se sont hâtés de relayer la bonne nouvelle à l’ombre de la tour de Babel.

Le lièvre, c’est que les nouvelles courent vite. Très vite. Si vite que nous sommes déjà le 19 décembre. 2009. Oui, ami lecteur. Toi qui sais que les nouvelles, il faut les lire jusqu’au bout. Jusqu’au bout de l’écran.
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