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23 janvier 2012

Nous irons danser au facebook


Je vous emmène aujourd'hui très virtuellement dans la petite ville d'Epitaciolândia. Rassurez-vous, cette bourgade n'a rien à voir avec Cracolândia. Située sur la rive droite de l'Acre, elle fait face à Cobija, la capitale de l'État bolivien de Pando. Environ 15.000 âmes vivent là dans une sorte de clairière amazonienne. Que trouve-t-on à Epitaciolândia ? La plus grand banque de la région, trois supermarchés et, désormais, une boîte pouvant recevoir jusqu'à 800 personnes et portant le nom et la graphie dans le vent de facebook

Le hardi propriétaire est un jeune homme de 30 ans, fils d'un Bolivien et d'une Brésilienne, qui mérite d'être nommé : Humbert Camacho. Ingénu, le Humbert ? Pas vraiment, puisqu'il connaît les risques. Je suis tenté de dire qu'il est plutôt roublard, puisqu'il sait mettre tout le monde ici de son côté en confiant avec une franchise désarmante qu'il a envoyé un carton d'invitation à Mark Zuckerberg pour le soir de l'inauguration. Le Pain de Sucre(1) nord-américain n'a pas daigné honorer de sa présence ce grand moment de la vie sociale de la bonne ville d' Epitaciolândia. Et on ignore s'il a passé le carton à son service juridique. Puisque je me mêle de ce qui ne me regarde pas, j'ai envie de dire, et je le dis, qu'il serait malvenu de la part de l'ami Mark – il a, je crois, des millions d'amis sur facebook – de chercher des noises à l'ami Humbert au moment où les hypercapitalistes de l'Internet, au premier rang desquels trône le patron du plus grand « réseau social », se rebellent au nom de la liberté d'expression contre SOPA et PIPA qui, aux États-Unis, voudraient aider les majors de la création musicale et cinématographique à retrouver des couleurs.

Mais venons en aux choses sérieuses. Que joue-t-on sur les platines du facebook ? Du merengue, de la salsa, du reggaeton, de la dance et du sertanejo universitáro. J'avoue que cette dernière sous-catégorie avait jusqu'ici échappé à ma veille musicale. De quoi retourne ce country intello ? Il paraît que les deux principales sources d'inspiration en sont la polygamie et la trahison. Le facebook porte décidément bien son nom !

* * *

(1) Littéralement, zuckerberg signifie pain de sucre, non ?

04 janvier 2012

Ho-ba-la-lá

« Chère Miúcha,

Mon nom est Marc Fischer, je suis de Berlin et je suis à la recherche de João Gilberto et du cœur de la bossa nova, qui est le cœur de la beauté.
Est-ce que nous pourrions nous rencontrer ?
Cordialement,

M. F. »

C'est la lettre que notre Sherlock allemand dicte en anglais et fait traduire en portugais par son Watson, en l’occurrence une certaine Rachel Balassiano qui l'accompagnera dans sa quête gilbertienne. C'est la lettre dont la retranscription conclut le premier chapitre du livre que le journaliste Marc Fischer consacre à João Gilberto, un livre document dont le titre est emprunté à l’œuvre du maître : Ho-ba-la-lá.

Marc et Rachel sont au pied de la tour où, croient-ils, vit JG. Le portier leur apprend que le maître a déménagé depuis dix ans, mais leur confirme que la seconde ex-Madame Gilberto, Miúcha, la sœur de qui vous savez sans doute, vit toujours là.

Marc aurait dû me demander, il ne l'a pas fait, il ne le fera pas, puisqu'il s'est, depuis, défenestré. Nous aurions en toute modestie arpenté certaine rue de Vitória où le maître vient assez souvent se reposer. Et si, pas plus qu'à Rio, nous n'avions eu la chance de le croiser, nous aurions pu rencontrer une nièce (photo) ou un neveu. Une approche plus intime qui, sait-on jamais, aurait donné de meilleurs résultats que l'approche par les étoiles et leurs satellites. J'y reviendrai.

L'ensemble des billets se rapportant au livre de Marc Fischer et à João Gilberto est accessible ici.

22 décembre 2011

Tribulations d'un intellectuel français au Brésil

Prenez un intellectuel français et suivez mon regard ! Mon regard ? Non, plutôt ma pensée. Soit dit en passant, l'expression « intellectuel français » est quelque peu redondante, car a-t-on déjà vu des intellectuels étasuniens, baloutches ou bavarois ? On me dit que non, que l'intellectuel est forcément français. Admettons... 

Prenons donc un intellectuel français, né en 1939, et invitons-le à répandre sa divine parole à Vitória, loin du lieu où il est né, loin du lieu où il professe. Il accepte avec joie, mais, et c'est normal, y pose gentiment mais fermement quelques conditions bien compréhensibles, eu égard à son grand âge et à sa grande sagesse. 

Si, initialement, un voyage en business class lui convenait, il lui vient à la réflexion, une réflexion dont le poids n'a pas de prix, cela va sans dire, il lui vient donc qu'il lui serait plus confortable de voyager en première classe et, impérativement, avec Air France. 

Sans nul doute, notre intellectuel français est-il, et je l'approuve, sensible à l'air du temps qui veut que les Français consomment avant tout français. Qu'importe alors que la puissance invitante et payante lui ait proposé un vol de la TAM, notre intellectuel en fait une question de principe. De même qu'il laisse entendre, gentiment mais fermement, qu'il ne saurait pousser jusqu'à Vitória, Air France ne desservant pas la capitale capixaba. Ce sera donc aux 150 auditeurs attendus de faire le voyage de Rio ou São Paulo. Mais il est vrai que la divine parole n'a, elle non plus, pas de prix. 

Notre intellectuel imagine-t-il que des réticences puissent se faire jour côté brésilien ? Nullement. Ne lui a-t-on pas répété, ces dernières années, sur les ondes et dans la presse, que le Brésil tenait la forme, économiquement parlant ? Puisque la France périclite et que le Brésil s'enrichit, notre intellectuel est convaincu qu'il fait œuvre d'intérêt patriotique en défendant les parts de marché de l'entreprise France. 

Oui, mais voilà, les Brésiliens qui l'ont invité rechignent à faire l'investissement. Notre intellectuel ne devrait pas croire tout ce que l'on raconte dans les journaux. N'est il pas payé pour le savoir ? Trop tard, cette fois ses vieux os feront l'économie d'un voyage au Brésil.

27 novembre 2011

Des Illuminati à la télévision, ou comment on lave les cerveaux

Comment vient une idée ? Je digérais mon copieux petit déjeuner et j’en étais là de ma réflexion quand m’est apparu qu’il fallait d’abord que je vérifie ce que le signifiant « idée » voulait dire. C’est que si l’on se fait des idées sur tout un tas de choses, dérisoires aussi bien que des plus sérieuses, je pouvais aussi bien me faire des idées quant au mot « idée ». Chimère, illusion, rêve, vision ? Ou bien d’autres signifiés encore ? « Ce que l'esprit conçoit ou peut concevoir », me dit en première instance le TLF, qui, soit dit en passant, est le plus complet d’entre les dictionnaires de la langue française.

Ma question devenait : « comment mon esprit conçoit-il ou peut-il concevoir ? » Passent par la tête, comme on dit vulgairement, quelques bribes d’idées et, avec un peu de chance, cristallise un discours. Un peu de chance ou quelque obsession.

Ce blog(ue) étant ouvert à toutes mes digressions, je risque de me perdre en route et d’oubier le motif de ce billet. Mais qu’importe ! Du moins pour ceux qui sont et seront encore là et qui ont, je le confesse, bien du mérite.

Je lisais ce matin un curieux article de la Folha de São Paulo (version papier) sur une organisation secrète, les Illuminati, à laquelle appartiendraient Lady Gaga et bien d’autres étoiles de la musique populaire, aussi populaires que nulles sur le strict plan musical, quand m’est (re)venue l’idée, certes modeste — mais quel mal y a-t-il ? —, que, aussi farfelue soit la théorie d’un complot des Illuminati qui, paraît-il, circule sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, il y a bel et bien une entreprise de décervelage généralisée et qui n’a pas besoin de se cacher qui est à l’oeuvre depuis maintenant quelques décennies et qui est régulièrement dénoncée, j’ai nommé la télévision.

Rien de bien nouveau, donc. Mais c’est le propre des idées de faire retour. Ou, mieux encore, de boucler. Nous le savons bien : David Pujadas et Lady Gaga, même combat. Au point qu’ils se confondent en David Gaga et Lady Pujadas. Je ne prendrai pas la peine ici de développer ce qui a été fait par ailleurs maintes fois et avec beaucoup de patience. Je renvoie donc à, par exemple, Guy Debord et Pierre Bourdieu.

Si vous êtes encore là, c’est que vous n’êtes pas devant votre poste de télévision, ce qui est tout à fait méritoire. Mais aussi salutaire.

La musique dite pop, le spectacle télévisé du monde, ou encore de larges domaines de l’art contemporain, tout concourt, tu le sais aussi bien que moi, à la glorification du succès, qui se mesure en millions de dollars. Jeff Koons ou Michael Jackson, quelle différence, sinon au bilan comptable ? Ou encore la chronique cinéma des émissions de télévision qui se résume à une caisse de résonnance du box office : combien va faire d’entrées le nouveau film à grand spectable de Jean-Jacques Annaud ?

Bon, nous le savons. Et alors ? Et alors c’est là que le bât blesse : nous ne faisons rien, nous nous laissons doucement endormir. D’autant que, tandis que nous dansons le tango de l’ennui, il n’y a plus de François Béranger pour nous gueuler dans les oreilles « Anasthasie, l'ennui m'anesthésie »...

Malgré tout, ici ou là, je sens ou je veux croire que, petit à petit, l’idée cristallise et qu’il convient de la laisser travailler doucement, lentement. Afin que de l’indignation les foules passent à l’action.

Ainsi prend fin, provisoirement, ce billet, à peine ébauché, sans queue ni tête mais avec idée fixe.

01 septembre 2011

Pays de merde


Selon des écoutes téléphoniques, Silvio Berlusconi aurait qualifié l’Italie de « pays de merde ». Si l’on a l’habitude de dire que, dans les pays vaguement démocratiques, les peuples ont le président ou le chef de gouvernement qu’ils méritent, je me demande dans quelle mesure on ne pourrait pas dire que les présidents ou chefs de gouvernement ont les peuples qu’ils méritent.

Que dire de la France de Sarkozy ? Et du Brésil de Dilma ? Je n’ai bien sûr pas les réponses !

14 janvier 2011

Pé de alface

Un « pied de laitue », voilà une curieuse expression pour désigner certaines femmes. Mais ne parle-t-on pas en français de « belles plantes » ?

J’ai trouvé cette perle dans la Folha de São Paulo à propos de Marcela Temer, la jeune épouse du fringant nouveau vice-président. Au journaliste qui s’étonnait de l’expression, un certain Chiquinho dos Pisos en expliquait le sens : « C’est une manière de parler d’une femme jeune, belle et délicieuse ».

« Délicieuse », pour ne pas dire « goûteuse ». En portugais, « gostosona ». Encore faut-il dire que l’un des sens du verbe « comer », outre « manger », est « baiser »...

13 janvier 2010

Souvenirs d'australopithèques

C’est en marchant, on le sait, que remontent les souvenirs les plus inattendus. Une brise légère soufflait ce matin, j’allais d’un pas allègre quand a réapparu un zig que je n’ai rencontré qu’une fois dans ma vie, le temps d’un voyage en voiture. Réapparu est un bien grand mot, je ne saurais décrire son visage. Il avait la quarantaine, les cheveux longs, et c’était à peu près tout...

Après avoir passé 20 ans en Australie, il était revenu dans sa région d’origine pour y régler quelques comptes et retrouver quelques vieilles connaissances, en particulier le poteau qui faisait le le voyage avec nous. Nous étions au début des années 70. Une époque où la distance avait encore un sens, si bien que les rares nouvelles qu’il avait du pays natal ne lui parvenaient pour l’essentiel qu'à travers les journaux français abandonnés dans le hall d’accueil de l’Alliance française de Melbourne où il enseignait.

Aujourd’hui, on ne perd pas un avis nécrologique : Mano Solo, Lhasa, Rohmer, Daniel Bensaïd...

Chacun de ces noms serait une porte d’entrée à un moment de ma vie, parfois rien qu’un instant, mais suffisamment fort pour avoir laissé une empreinte.

Mais venons en au troisième personnage qui était installé dans ma 4L où régnait une chaude ambiance d’australopithèques en vadrouille. C’était un drôle de gazier, un écrivain qui aimait se draper de l’habit du poète maudit, un personnage douteux tout autant que fascinant, à qui je devais d’avoir compris quelques petites choses.

Je ne le savais pas encore ce jour-là, lui non plus d'ailleurs, mais sa trajectoire allait rebondir de manière on ne peut plus inattendue. Bref, le destin, pour une fois généreux, s’apprêtait à le combler. Un comble, si j’ose dire, pour quelqu’un qui se voyait en exclus de la société. Imaginez, pour vous donner une idée, le mariage entre un chômeur de très longue durée et la fille d’un magnat de l’industrie. De cet incroyable retournement de situation, j’avais retenu que la vie était d’abord et avant tout, quoiqu’en disaient les moralistes, un foutu casino de première.

Et, tandis que je finissais ma marche, je me disais qu’il serait préférable de choisir le futur président du Brésil par tirage au sort. Une façon sans doute plus démocratique que les élections pièges à con qui sont programmées pour 2010.

14 octobre 2009

La France bientôt l’égale du Maranhão ?

La future probable nomination sous forme d’élection de Monsieur Jean Sarkozy à la tête de l’établissement public de la Défense permet à la France de se rapprocher du Maranhão et de la dynastie Sarney.

Pour être tout à fait à la hauteur, il faut souhaiter que le prochain rejeton de Jean Sarkozy, dont le prénom pourrait être David en hommage au vieux pote Martinon, soit nommé au plus vite président d’honneur du pôle d’enseignement supérieur Léonard-de-Vinci des Hauts-de-Seine.

C’est à ce prix-là que les Sarkozy pourront se vanter d’égaler les Sarney. Le plus tôt serait le mieux, en particulier cette année qui se veut l’année de la France au Brésil.

13 avril 2009

Social

Ah, la coluna social ! S’il est une rubrique sur laquelle je me jette avec avidité, c’est bien celle de la coluna social. Social, certes, mais nul plan social, nulle grève, nulle séquestration de patrons ne viennent garnir les filets de cette page du journal. Ici, le social se veut noble, tendance néo-aristocrate. Y apparaît le gars parti de rien ou presque, devenu député à la force du poignet, qui réunit un petit millier d’amis pour fêter en son château disneylandien son 68ème anniversaire. Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes serait purement fortuite.

On peut parcourir cette page de différentes manières. Et en tirer toutes sortes de conclusions. Dans une récente coluna social de Mônica Bergamo (Folha de São Paulo), on pouvait voir la photo de Raí, mimant Eric Clapton, le genre de truc que j’ai beaucoup pratiqué quand j’étais ado et même ado attardé. Ou apprendre que Laura Gould, représentant le consulat des États Unis à São Paulo, est montée trois fois sur scène pour recevoir des prix au nom de leurs destinataires absents, lors d’un festival de cinéma, et a remercié le public avec un souriant « muchas gracias » — oui, Patxi, encore une !

L’on pouvait aussi lire une brève qui nous apprenait que l’entrepreneur João Doria Jr a loué trois Airbus A-320 et un Boeing 737/300 pour emmener ses invités à une petite sauterie qu’il organise samedi prochain dans l’État de Bahia. Et que quatorze autres jets privés ont déjà réservé des horaires d’atterrissage sur le même aéroport pour emmener d’autres aréopages aériens. Selon le maître de cérémonie, seize gouverneurs — près des deux tiers ! — et six ministres ont déjà confirmé leur présence.

Il arrive donc que la coluna social ait un lien plus ou moins direct avec la rubrique sociale, au sens où on l’entend en français. Cela saute-t-il aux yeux des lecteurs de la Folha de São Paulo ?

03 février 2009

Ils sont fous ces gringos

Brad Pitt et Angelina Jolie — il semblerait que le premier soit marié avec la seconde — envisageraient d’acheter une maison et de résider au Brésil, avec leurs six enfants. Du moins le temps du tournage du film The Lost City of Z, qui se passera dans le Mato Grosso.

Selon le Daily Mail, la Jolie serait enthousiasmée par cette idée. Elle serait tombée amoureuse de l’Amérique latine en 2007, lors de la visite d’un camp de réfugiés au Costa Rica.

Voilà qui en dit long sur l’idée qu’elle se fait du Brésil. Et sur la santé mentale de la dame...

29 janvier 2009

Obama au Brésil

Obama a téléphoné à Lula lundi dernier. Et l’on apprend que Obama se prend pour un Brésilien : « Je sais que si je me promenais dans les rues de ton pays, personne ne s’apercevrait que je ne suis pas brésilien. Jusqu’à ce que j’ouvre la bouche. »

Métis, Obama n’est pas très différent de bien des Brésiliens. Mais à quoi reconnaît-on un étranger au Brésil ? Certainement pas à la couleur de la peau, puisqu’on y trouve toutes les nuances, du blanc de Biélorussie au noir d’ébène de l’Angola.

Cela tient plutôt à la façon de marcher, de gesticuler, de s’habiller. Un petit quelque chose qu’il n’est pas facile de définir, quelque chose d’intuitif qu’on acquiert avec le temps. Et à ce petit jeu, je ne suis pas sûr qu’Obama passerait pour un Brésilien.

Obama n’aura sans doute pas l’occasion de vérifier ses dires l’hiver prochain, lorsqu’il se rendra pour la première fois au Brésil.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Sur la diversité brésilienne, un jonasdiaporama ici.

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Et, comme pour les accents, la manière de marcher varie selon les régions.
« Quando morava na Gávea, costumava andar até a rua Almirante Gonçalves, em Copacabana, para visitar a mãe. O passo rápido, diz Chico, é seu sotaque paulistano. » (Chico Buarque, Tantas Palavras – Reportagem biográfica de Humberto Werneck – Companhia das Letras)

19 décembre 2008

Le test de la chaussure

Et vous, si vous deviez lancer vos chaussures à la face de quelqu’un, ce serait qui? Telle est la question posée par la Folha de São Paulo en ligne à ses lecteurs. Le quotidien a sélectionné 7 têtes à claques : Bush, Hugo Chávez, Kim Jong-il, Rafael Correa, Robert Mugabe, Sarah Palin et Silvio Berlusconi.

La présence de Rafael Correa peut surprendre. Il aurait pu être avantageusement remplacé par Nicolas Sarkozy. Mais le refus de Rafael de payer ses dettes au Brésil en énerve quelques uns ici.

Personnellement, j’ai voté Silvio Berlusconi. Car, exception faite de Sarah Palin et Rafael Correa qui à mon avis n'ont rien à faire dans cette liste, les autres méritent pire qu’une paire de tatanes dans la gueule.

À l’heure où je publie ce billet, Hugo Chávez tient la corde. Vous pouvez suivre l’évolution des scores ici.

19 novembre 2008

Vol AA 951 de New York City à Rio de Janeiro

Adriana Bombom et son mari, le sambiste Dudu Nobre, accusent la compagnie American Airlines d’agression et de racisme. Je ne serais pas surpris que le personnel mis en cause par le couple exhibe comme certificat d’antiracisme des bulletins de vote Obama, le bulletin qui lave plus blanc les consciences.

En attendant, les détails sont à lire ici.

24 septembre 2008

La confiance règne

Le marché financier repose sur la confiance, rappelait hier une banquière étasunienne dans une interview publiée par Le Monde. Avis de gros temps de New York à Hong-Kong, de Londres à São Paulo. Les bourses dégringolent, le dollar monte, le real baisse. Les bourses repartent à la hausse, le dollar redescend, le real s’envole. Lecteur, cher lecteur, en particulier toi qui as un million d’euros à placer, tu achètes des dollars ou des reais ? Z’avez remarqué comme les traders sont grégaires, ils suivent tous le vent qui souffle de Wall Street. Question de confiance, sans doute.

À en croire les sondages, les études et les conversations de botequim, jamais le peuple brésilien n’a été aussi confiant. À tel point que la cote de confiance de Lula bat des records. Et cela, six ans après sa première élection à la présidence.

Voilà de quoi rasséréner Nicolas Sarkozy. Sarkozy et Lula se sont croisés à New York, à l’occasion du grand raout onusien.

Il paraît que Lula a obtenu le record du nombre de demandes d’audience (15) lors de ce séjour. Que lui veulent donc tous ces chefs d’État et de gouvernement ? Sans doute lui font-ils confiance pour relancer les affaires...

McCain relate dans son autobiographie la love affair qu’il a vécue lorsque son navire mouillait à Rio en 1957. La belle venait le chercher en Mercedes tous les soirs, l’emmenait dîner dans les meilleurs restaurants puis jouer dans les meilleurs hôtels. Aujourd’hui, Maria Gracinda survit difficilement dans une maison décrépie de la Baixada Fluminense. Les journalistes étasuniens tentent de lui extorquer des détails croustillants, mais elle garde obstinément le silence. « Je ne peux pas parler », a-t-elle répété au journaliste de la Folha de São Paulo qui espérait avoir plus de chance que son confrère US. Peut-être n’a-t-elle pas confiance.

12 avril 2008

Strudel alla Sarkozy

Amis lectrices et lecteurs de France, avec Sarkozy vous dégustez. À quarante kilomètres de Vitória, un restaurant italien de Domingos Martins a décidé de nous régaler avec le même. Le strudel alla Sarkozy est un délicieux strudel de manioc farci de poitrine de porc fumée et d’une sauce aigre-douce de jabuticaba, un fruit qui participe des charmes envoûtants de nos régions tropicales.

Le plat individuel ne coûte que 30 reais (à peine plus de 10 euros).

J’en salive encore...

22 février 2008

Google et la grosse actrice

Il y a des webmasters qui paient cher pour figurer en tête de liste des requêtes Google. La fille de notre ministre de la Culture, la pulpeuse Preta Gil, a menacé Google d’un procès et obtenu qu’elle n’apparaisse plus en première position lors des recherches de « grosse actrice » (atriz gorda).

De là à ce que Sarkozy poursuive l’entreprise de Mountain View pour interdire à l’algorithme de recherche d’associer « président nabot » à son patronyme et son image...

12 février 2008

Faire du chiffre

Ce midi, Antônio m’attendait, goguenard, à la caisse :
— Alors Sarkô est sur nos terres.
— Eh oui...
— Hier soir, à la télé, ils ont passé l’interview d’un clandestin brésilien en Guyane, un garimpeiro. Le gars se vantait d’avoir été reconduit 19 fois à la frontière l’an dernier.
Rires. Puis nous avons embrayé sur l’inévitable Carla Bruni, son papa qui vit à São Paulo, son métier de chanteuse.
Et Antônio a conclu :
— C’est vrai qu’elle est belle !
— Ça oui, il y a au moins ça de vrai.
Quelques heures passent. Et je lis à l’instant que Sarkozy s’est félicité qu’il y a eu, l’an dernier, «dix mille reconduites à la frontière » en Guyane. Avec des orpailleurs qui se font reconduire à la frontière 19 fois, Sarkozy a trouvé les hommes qu’il lui faut. Pour faire du chiffre !


Photo : Wilson Dias / ABr

19 octobre 2007

Ils s'aiment et le montrent

Il est des moments où votre chroniqueur victorien se laisse tenter par la coluna social, ne serait-ce que pour dire qu’il y aussi des gouvernants heureux en mariage autant qu’en politique. Ainsi de notre Paulo et de sa Cristina que, assis trois rangs derrière, j’observais ce mercredi soir se donnant la main comme au premier jour de leur rencontre sur le campus de l’Université, notre Cristina en première dame capixaba et son Paulo, roi de l’Espírito Santo qui rêve d’être pour le Brésil, en ce siècle qui a à grand peine commencé, ce que JK a été au vingtième.

Paulo Hartung nous donnait, non seulement l’image d’un couple uni, mais aussi un concert. Autant que je pouvais en toute discrétion l’observer, la salle avait des airs de solennité de sous-préfecture et de réception à la cour d’un seigneur féodal. La moyenne d’âge dépassait allégrement d’une quarantaine d’années la moyenne d’âge de l’ensemble de la population de Vitória, les coiffures de ces dames étaient implacablement laquées, les fonds de teint blafards implacablement appliqués et les rouges à lèvre tout aussi implacablement appuyés. Et si Vitória est la plus blanche des capitables brésiliennes, force est de reconnaître que la présence de deux ou trois Noirs seulement jurait un peu avec la palette des visages riverains.

L’entrée était gratuite et le palais du gouverneur a beau se trouver dans l’un des quartiers pauvres, ils n’étaient pas nombreux ceux qui, comme moi l’étranger et le lecteur de blogs patxibulaires, avaient osé s’aventurer là pour le seul amour de la musique.

Autant le dire, le concert a été parfait, sous la direction du bien nommé Lavard Skou Larsen, un natif de Porto Alegre, comme Maristela, et aujourd’hui directeur musical et chef d’orchestre de la très internationale Deutsche Kammerakademica Neuss am Rhein, avec une mention spéciale pour l’interprétation puissamment évocatrice du Souvenir de Florence tchaïkowskien.

Puisqu’un bonheur n’arrive jamais seul, rappelons que Vitória vit cette même semaine son troisième festival national de théâtre, un pur moment de félicité auquel je ne manquerai pas de revenir ici dans un futur plus ou moins proche.

09 octobre 2007

Vers de nouvelles lignes de fracture ?

Il est des moments où il faut que ça sorte. Et que ça pète ! « Guaino raciste », a lâché Bernard-Henri Lévy. « BHL, petit con prétentieux », lui a rétorqué la plume de Sa Suffisance, alias Sarkozy.

Ils ne s’aiment pas. Ça fait du bien de savoir qu'il y a des gens de cette qualité qui ne s'aiment pas, car y en a marre de ce consensus mou dans lequel le monde dit occidental s’est enfoncé dans les années qui ont précédé la chute du Mur, cet espèce de constat universel, fait par nos inconscients autant que nos consciences, que le socialisme réel ne valait pas tripette, qui a fait plus pour la fin de l’Union soviétique que Ronald Reagan et sa guerre des étoiles.

Il faudra cependant beaucoup plus que ces invectives entre BHL et Guaino pour qu’apparaissent véritablement de nouvelles lignes de fracture au sein de nos sociétés et que l’espoir de progrès nouveaux renaisse. Mais, les jours d’optimisme, je serais presque prêt à parier qu’il ne faudra pas attendre longtemps avant que deux camps de forces égales ne radicalisent leurs discours. Après tout, le moment où il va s’agir de prendre les décisions difficiles approche, le jour où il faudra interdire le sport, rendre obligatoire l’emploi de la bicyclette ou des transports en commun pour se rendre au boulot, payer les tomates et le pain à leur juste prix. Voilà qui promet de belles et saines engueulades !

Cours toujours !

Or et bronze, chocolat ! Marion Jones a fini par rendre ses breloques. Elle n’avait pas survolé le 100 mètres de Sydney, elle l’avait simplement volé. Il serait question de remettre lesdites médailles à celles qui en auraient été injustement privées. Mieux vaut y mettre le conditionnel, puisqu’on nous dit que la seconde du même 100 mètres, une jolie Grecque, est soupçonnée d’avoir été aussi chargée.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les lecteurs vraiment attentifs, ceux qui ne se sont pas bourré la gueule après la victoire, d’ailleurs volée elle aussi, du XV de France sur les Blacks, auront lu dans leurs gazettes que le marathon de Chicago s’était soldé par une mort et 350 hospitalisations.

On ne le dira jamais assez, le sport c’est mal !
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