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23 janvier 2012

Nous irons danser au facebook


Je vous emmène aujourd'hui très virtuellement dans la petite ville d'Epitaciolândia. Rassurez-vous, cette bourgade n'a rien à voir avec Cracolândia. Située sur la rive droite de l'Acre, elle fait face à Cobija, la capitale de l'État bolivien de Pando. Environ 15.000 âmes vivent là dans une sorte de clairière amazonienne. Que trouve-t-on à Epitaciolândia ? La plus grand banque de la région, trois supermarchés et, désormais, une boîte pouvant recevoir jusqu'à 800 personnes et portant le nom et la graphie dans le vent de facebook

Le hardi propriétaire est un jeune homme de 30 ans, fils d'un Bolivien et d'une Brésilienne, qui mérite d'être nommé : Humbert Camacho. Ingénu, le Humbert ? Pas vraiment, puisqu'il connaît les risques. Je suis tenté de dire qu'il est plutôt roublard, puisqu'il sait mettre tout le monde ici de son côté en confiant avec une franchise désarmante qu'il a envoyé un carton d'invitation à Mark Zuckerberg pour le soir de l'inauguration. Le Pain de Sucre(1) nord-américain n'a pas daigné honorer de sa présence ce grand moment de la vie sociale de la bonne ville d' Epitaciolândia. Et on ignore s'il a passé le carton à son service juridique. Puisque je me mêle de ce qui ne me regarde pas, j'ai envie de dire, et je le dis, qu'il serait malvenu de la part de l'ami Mark – il a, je crois, des millions d'amis sur facebook – de chercher des noises à l'ami Humbert au moment où les hypercapitalistes de l'Internet, au premier rang desquels trône le patron du plus grand « réseau social », se rebellent au nom de la liberté d'expression contre SOPA et PIPA qui, aux États-Unis, voudraient aider les majors de la création musicale et cinématographique à retrouver des couleurs.

Mais venons en aux choses sérieuses. Que joue-t-on sur les platines du facebook ? Du merengue, de la salsa, du reggaeton, de la dance et du sertanejo universitáro. J'avoue que cette dernière sous-catégorie avait jusqu'ici échappé à ma veille musicale. De quoi retourne ce country intello ? Il paraît que les deux principales sources d'inspiration en sont la polygamie et la trahison. Le facebook porte décidément bien son nom !

* * *

(1) Littéralement, zuckerberg signifie pain de sucre, non ?

11 décembre 2011

Tours et détours : le parc technologique de Jundiaí

On prend le train à la Estação da Luz et on arrive, une heure et demie plus tard, dans le centre de Jundiaí. C’est une petite ville de 370.000 habitants, plutôt cossue si l’on en croit les façades des maisons et les tours, mais sans grande originalité. Le théâtre Polytheama est réputé être l’une des rares pièces maîtresses du patrimoine local, mais, malgré une intervention de Lina Bo Bardi, on ne peut pas dire qu’il soit franchement remarquable, sauf à forcer un peu l’admiration. Mais le prétexte de notre virée n’est pas le centre « historique », mais ce qui doit devenir le parc technologique, dont un embryon fonctionne déjà, dans un quartier au nom étrangement prémonitoire de Engordadouro, un quartier appelé à grossir et à devenir l’eldorado high-tech de l’État de São Paulo. 

C’est là que seront bientôt produits les iPad et iPhone de Apple, le fabricant exclusif taïwanais, Foxconn, y construisant ses nouveaux ateliers, les seuls en dehors de la Chine. Je ne peux pas m’empêcher de repenser à nos recherches d’il y a 10 ou 12 ans quand on a commencé à imaginer ce que seraient les tablettes ou les smartphones. Nous explorions alors la convergence fixe, mobile et Internet et testions d’étranges lunettes connectées en Bluetooth et wi-fi, qui à ce jour ne sont pas sorties des labos. Jamais nous n’aurions imaginé alors que le Brésil abriterait l’un des rares centres de production de la marque californienne. Et, d’ailleurs, les lignes de production n’étaient pas notre affaire, tout occupés que nous étions à vivre dans un futur virtuel. J’étais loin d’imaginer aussi, à l’époque, que je ne tarderais pas à laisser tomber cet univers de conte de fée et à changer de continent... 

Pourquoi Jundiaí ? La recette du succès se compose souvent de peu de choses, mais un peu de choses où la volonté politique sert de principal ingrédient. Cela se traduit alors par des aménagements fiscaux et l’installation de pôles universitaires susceptibles de fournir la main d’oeuvre qualifiée indispensable. Ce n’est d’ailleurs pas encore tout à fait le cas et les entreprises déjà présentes ont le plus grand mal à embaucher. Qu’à cela ne tienne, les ingénieurs pourront venir de São Paulo ou de n’importe quelle région du Brésil, et très certainement de l’étranger, en fonction des besoins. 

Outre Foxconn, déjà présente, l’on trouve Itautec (ordinateurs et guichets électroniques), AOC (moniteurs), Bermatech (logiciels) et d’autres, moins connus du grand public, soit déjà opérationnels, soit en phase de construction ou de projet. Les premières tablettes et smartphones devraient sortir des chaînes de montage dans quelques semaines. Cela me paraît un brin optimiste. Mais n’est-il pas vrai qu’il est très optimiste de croire que les stades seront prêts pour la Copa 2014 ? Qu’importe ! Après tout, les Brésiliens sont généralement gens optimistes et cela explique pour une large part leur joie de vivre.

01 septembre 2011

La fin de l’état de droit en Occident, selon Julian Assange

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a beau accomplir une peine de prison domiciliaire, il a donné hier une conférence à São Paulo dans le cadre de InfoTrends. Oui, tu l’as compris, amie lectrice, ami lecteur, Julian s’est adressé au public brésilien grâce à une visioconférence.

Ça a été l’occasion pour lui de dénoncer deux journaux avec lesquels il avait passé un accord, le New York Times et le Guardian. Au second, il reproche notamment d’avoir caché à ses lecteurs des informations concernant la corruption du gouvernement bulgare, que le journal était censé traiter actuellement.

Et pour enfoncer le clou, Julian n’a pas hésité à pointer ses accusations au-delà de la presse commerciale : « Les personnes croient qu’il existe un état de droit en Occident. L’état de droit est en train de se déliter. Les fondements des gouvernements occidentaux s’effondrent ».

Les lamentables rebondissements de l’affaire Bettencourt, révélant une fois de plus que les comportements du chef de l’État français et de ses séides s’apparentent chaque jour davantage à ceux qui ont cours dans les républiques bananières, ne font que confirmer le diagnostic fait par Julian Assange.

17 août 2011

Les Brésiliens fatigués des réseaux sociaux

Le Brésil a été le pays où un premier réseau social a connu un effet de contagion tel que même Facebook aujourd’hui ne parvient toujours pas à prendre le leadership. Ce réseau social, c’est Orkut où tout jeune, ou moins jeune, Brésilien se devait d’ouvrir un compte, qu’il soit équipé ou non d’un ordinateur.

Selon une étude menée et publiée par Gartner dans 11 pays, ils sont encore 28% à utiliser Orkut, contre seulement 16% pour Facebook et 9% pour Twitter. Elle ne nous dit pas combien sont présents sur les trois sites. Sans parler de Google+ qui s’invite au salon de conversation.

Je n’ai personnellement jamais adhéré à Orkut. Peut-être arrivait-il trop tôt pour vaincre mes résistances à m’exposer publiquement ? Mais, depuis, je me suis rattrapé, je suis présent sur Facebook, Twitter et Google+. Plus pour voir, comme on dit au poker, que pour en escompter un quelconque bénéfice, même si les bonnes surprises ne sont pas à exclure.

Et grâce à Facebook, je puis suivre l’activité de mon fils qui s’agite à 10.000 km de Vitória et, désormais, grâce à une nouvelle fonctionnalité de visioconférence intégrée, basculer dans la vraie conversation en temps réel.

Existe aussi un autre réseau social, qui n’apparaît pas dans l’étude, peut-être parce que spécialisé, en l'occurrence dans la photo, c’est Flickr où je suis présent depuis longtemps et qui, pour moi, a une réelle utilité car me sert à vendre des photos.

Le choix de ne pas choisir, nous avons donc. Au point que nous pourrions y perdre nos journées et nos nuits. Ce qui, convenons-en, fatigue. Et c’est bien ce qui se produit chez les Brésiliens. Ils sont entre 30% et 40% à déclarer les utiliser de moins en moins, à hauteur des Russes.

Le réseau social n’est peut-être pas l’avenir de l’Internet, même s’il est probable qu’il se développera et se maintiendra longtemps encore. Un peu comme les blogs qui, après avoir connu une inflation délirante par le passé, ont fini par refluer, au profit d’une hausse de la qualité pour ceux qui survivent. C’est du moins ce que je veux croire !




06 mai 2009

Haut débit, ô dépit

Fin mars, il y avait 22,3 millions d’accès à Internet à haut débit au Brésil. Haut débit, encore faut-il le dire vite, si j’ose dire. Un débit de 1 Mb/s, dûment constaté, c’est ici le nec plus ultra. Quant à la permanence, elle est, elle aussi, toute théorique. Chaque mois, je constate en moyenne une vingtaine d’heures de panne totale. Et je ne mégoterai pas sur les baisses soudaines de débit ou l’impossibilité passagère d’accéder aux sites hébergés en Europe et aux États-Unis.

Comme la plupart des services au Brésil, la banda larga atteint des sommets tarifaires : entre 50 et 70 reais par mois (entre 18 et 25 euros) à São Paulo pour une liaison 1 Mb/s, 99 reais (environ 35 euros) à Vitória.

N’imaginez pas qu’il soit possible de faire jouer la concurrence, tous les prix se tiennent et la qualité de service est partout déplorable.

Et dire qu’en France, des internautes se plaignent d’avoir pour 30 euros par mois un package qui comprend l'accès Internet jusqu’à 20 Mb/s, des dizaines de chaînes de télévision et des communications téléphoniques illimitées en France et vers quelques dizaines de pays.

02 mai 2009

L’avenir de la presse, le FLIP, Zazie, la grippe et la fièvre jaune

Gay Talese est optimiste.

Du moins, c’est ce que dit Sylvia Colombo pour commencer l’article qu’elle consacre au journaliste étasunien dans la Folha de São Paulo de ce jour.

Je n’avais jamais entendu parler de Gay Talese, une bonne gueule, entre Montand et un parrain de la Mafia, à en juger par sa photo. Mais pas plus qu’on ne juge un livre sur sa couverture, on ne juge...

Gay Talese fait partie des auteurs invités du prochain FLIP, le festival littéraire international de Paraty, un événement auquel j’aimerais assez avoir l’occasion d’assister, mais qui exige d’être très prévoyant, ce qui n’est pas mon cas.

Gay Talese est optimiste pour ce qui concerne l’avenir de la presse. Il lui suffit, dit-il, de parier sur les bonnes histoires.

Combien de journaux imprimés existeront encore dans dix ans ? Sans doute très peu. Des magazines, peut-être. Alors comment être optimiste ? Quel journal, en ligne ou papier, racontera de bonnes histoires dans dix ans ? Qui sera prêt à les payer ? Peut-être arrivera-t-il à la presse ce qui est arrivé à la télévision. À côté des chaînes gratuites financées par la publicité ou l’impôt, sont apparues les chaînes payantes qui ont trouvé leur public...

Parmi les bonnes histoires racontées par Gay Talese, il y a celle d’une adresse de Manhattan où toutes les tentatives d’y créer un restaurant ont échoué. « Je ne suis pas fasciné par l’échec en soi, dit Talese, mais par la persévérance. Par les anti-héros qui n’atteignent pas la gloire. Autrement dit, par la majorité d’entre nous ».

Le FLIP aura lieu du 1er au 5 juillet. Pour réserver une chambre d’hôtel à Paraty, on ne peut plus compter que sur les désistements.

Zazie no Metrô ressort de son long tunnel brésilien, à la faveur d’une nouvelle traduction, signée Paulo Werneck. Pas facile de traduire Queneau. S’il est aisé de faire d’un « hormosessuel » un « hormossecsual », il est en revanche quasi impossible de rendre justice aux doubles et triples sens qui donnent toute sa saveur au texte de Queneau. Prix du bouquin : R$ 45 (environ 15 euros).

Il a plu toute la journée ou presque à Vitória. Un temps à aller au cinéma, mais avec cette manie que nous avons d’aller au cinéma une ou deux fois par semaine, parfois trois, nous n’avons plus rien de qualité à nous mettre sous la rétine. Avons vu hier soir Divã. Sur le ton d’une novela, la classe moyenne brésilienne se regarde dans un miroir. Avons beaucoup ri, comme toute la salle. Un film qui ne ferait sans doute rire personne en France et que la critique parisienne descendrait en deux coups de cuillère à pot... Qu’importe, le film ne sera pas distribué en France.

Toujours pas de cas confirmé de grippe A – H1N1, mais les cas probables ont doublé. Ils sont ce soir 14, tous dans les quatre États de la région Sudeste, la confirmation de la bonne santé macro-économique de cette région, comme je l’écrivais hier.

Et, toujours sur le front médical, la fièvre jaune a fait son retour depuis quelques jours dans l’agglomération de Porto Alegre. En a-t-on informé les voyageurs, venant de l’étranger, qui se rendent dans le sud du Brésil ?

22 mars 2009

Blogosphère francophone du Brésil : quelques repères

Originaires de Belgique, France ou Suisse, quelques francophones jalonnent la blogosphère brésilienne.

Le Brésil est grand, les blogueurs francophones peu nombreux. Et pourtant nous sommes deux dans l’agglomération de Vitória. Pigiste itinérant, MMC nous livre un Informel’s Weblog. Au pays de l’informalité, il ne pouvait pas mieux intituler son blog.

« Guide, concepteur de voyages et interprète, français, Bahiaflâneur propose de vous faire découvrir poétiquement et de manière indépendante, loin de tout standard, le charme de cette capitale et cet État où [il vit] depuis huit ans. »

Jean-Jacques « essaie de donner en français des informations ciblées et sélectionnées sur le Brésil. C'est un travail tout à fait bénévole [qu’il fait] comme journaliste, aujourd'hui à la retraite. » Cela s'appelle Vision Brésil.

Belge vivant et travaillant dans une île, à Florianópolis, Achille nous donne deux visions complémentaires, privée dans Belga na Ilha, professionnelle dans A hora H — ce dernier blog en portugais.

J’ai beaucoup de plaisir à les lire. Découvrez les, si vous ne les connaissez pas encore ! J’ai oublié quelqu’un ?

20 novembre 2008

General Motors veille

Le service de veille de General Motors n’est pas en chômage technique. À peine avais-je publié un billet sur la bonne santé de la filiale brésilienne que celui-ci était lu à Phoenix — j’ignore pourquoi Phoenix — et le lien transmis par mail à General Motors.

Là, il sera d’ailleurs lu 2 fois à 6 heures et 10 minutes d’intervalle. Le temps de trouver quelqu’un qui parle français ?

Félicitations pour la vénérable entreprise étasunienne ! Je n’en dirai pas autant de Fiat qui n’a pas encore réagi. L’indolence latine, sans doute :)

À noter que Wikio a été le premier à indexer cet article. Bravo les Frenchies !

L’homme et la femme brésiliens sont des êtres sociaux

Les Brésiliens aiment bien le social. Oh, je ne parle pas de justice sociale, cela nous emmènerait loin... Je voulais bêtement parler de réseaux sociaux. C’est en tout cas une boîte à consultants, comScore, qui le dit. Selon elle, le Brésil serait devenu cette année le second pays pour les accès aux réseaux sociaux (en pourcentage), derrière le Canada.

En septembre, 85,3% des Brésiliens de plus de 15 ans qui ont accédé à Internet se sont connectés au moins une fois à un réseau social.

Et ici, pas de Facebook ou si peu. Non, ici, c’est Orkut qui tient la corde : 21 millions d’accès uniques en septembre 2008, et 496 minutes de présence sur le mois en moyenne.

Le réseau social des blogueurs francophones sud-américains est encore loin. Mais il est tout récent :)
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