Qui se souvient de Theodore Kaczynski, surnommé Unabomber par le FBI ? Un film récent (2026) vient nous rappeler son existence et son combat contre la société industrielle et la civilisation technologique, ce qui résonne singulièrement aujourd’hui, alors que nous nous posons beaucoup de questions sur l’avenir de notre monde et de notre civilisation depuis le développement en accélération constante de l’intelligence artificielle.
Persuadé que la société industrielle n’a jamais rendu personne plus heureux que ce qui l’a précédé, Kaczynski entreprend de lutter principalement contre le monde universitaire, auquel il a appartenu, par des moyens terroristes en envoyant des colis piégés, du 25 mai 1978 au 24 avril 1995, qui feront trois morts et vingt-trois blessés. On estime à plus de 165 morts entre 2011 et 2025, le bilan directement attribuable à l’influence idéologique de Kaczynski, dépassant largement celui de sa propre campagne d’attentats.
Produit en prison après son arrestation, l'article « La vérité au sujet de la vie primitive » entend justifier son combat. En voici un extrait : « Le mythe du progrès n'est peut-être pas encore mort… Un autre mythe prend progressivement sa place, un mythe propagé surtout par les anarcho-primitivistes mais qui se répand également au sein d'autres mouvements. Si l'on en croit ce mythe, avant la civilisation, personne n'avait besoin de travailler, il suffisait de cueillir sa nourriture dans les arbres, la mettre dans sa bouche et passer le reste du temps à se divertir. Il n'y avait pas de différence entre les hommes et les femmes, il n'y avait ni maladie, ni compétition, ni racisme, ni sexisme ou homophobie, les gens vivaient en harmonie avec les animaux et tout était amour, partage et coopération. » Ce bref extrait inspiré de la Genèse suffit à ridiculiser la pensée d’une naïveté abyssale de Theodore.
Cela étant dit, elle ne dévalorise pas le combat idéologique contre l’intelligence artificielle et ses applications, d’autant que certains de ses propres contributeurs prennent peur.
Derrière le refus du mythe du progrès et le retour à un mythe propagé entre autres par les anarcho-primitivistes, se cache le mythe du bonheur, valeur qui devrait selon eux nous servir de boussole pour mener notre vie.
Dans les faits, cette recherche du bonheur est manifestement contredite par la recherche d’autres valeurs plus tangibles, telles que le pouvoir, l’argent. Des valeurs qui font le succès des églises évangéliques prétendument chrétiennes. Mais, plus profondément, ce qui guide l’humanité n’est-il pas la simple curiosité ? Nos lointains ancêtres avaient beau savoir que c’était au péril de leur vie qu’ils s’aventuraient au-delà de leur territoire de naissance, ils l’ont quitté pour découvrir l’au-delà de leur horizon. Nos ancêtres européens ou mélanésiens avaient beau savoir qu’il était plus que risqué de prendre la mer sans connaître leur destination, ils ont pris des risques jugés insensés par leur contemporains pour découvrir d’autres mondes.
Nous en sommes là à ce moment du développement de l’intelligence artificielle. D’aucuns feront remarquer à juste titre que le risque n’a jamais été aussi radical puisqu’il est aujourd’hui question de la survivance de l’être humain. Je leur ferai simplement remarquer que l’être humain n’est pas destiné à vivre éternellement dans notre univers, de la même façon que chacun d’entre nous sait qu’il va mourir et céder la place. Il faut l’accepter.
Pour en savoir plus, consulter Wikipedia et visionner le film actuellement disponible sur Netflix.
