16 septembre 2018

Lettre ouverte à M. Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon



Monsieur le Maire,

Tout d’abord, permettez-moi, Monsieur le Maire, de vous féliciter et vous remercier pour l’éclatant succès du festival Livres dans la boucle, que vous et vos équipes ont rendu possible grâce à votre engagement au service de la culture.

Toutefois, laissez-moi vous signaler le besoin, en vue de la prochaine édition que mon épouse et moi attendons déjà, d’apporter quelques améliorations. En premier lieu, il s’agit, et c’est une absolue nécessité, de rechercher une meilleure adéquation entre les désirs des participants, auteurs et lecteurs, et la capacité d’accueil des différentes salles où sont organisées les conférences. A titre d’exemple, je tiens à faire remarquer qu’il est inadmissible qu’une présentation du travail du président du festival – cette année, Philippe Claudel – ait lieu dans la minuscule salle de la maison natale de Victor Hugo. Comment ne pas s’indigner quand 500 personnes se présentent et que seules 60 d’entre elles peuvent entrer ! Certes, intervenir sous les mânes de notre grand ancêtre, Victor Hugo, constitue sans nul doute un honneur, mais il est insupportable de laisser sur le carreau autant de lecteurs et spectateurs frustrés. N’y a-t-il pas le moyen d’utiliser d’autres salles, telles que le Kursaal et le Petit Kursaal, voire des amphithéâtres des quelques facultés sises dans la boucle ? Ou d’autres espaces encore dont j’ignore peut-être l’existence ?

A cet égard, l’utilisation cette année de l’auditorium du Conservatoire à la Cité des arts s’est révélée être une heureuse initiative. Sur ce dernier point, je dois malgré tout vous signaler un très regrettable incident. Le vendredi, alors qu’avant le début, à 18h, du remarquable concert d’Eric Tanguy en présence de Michel Onfray, nous tentions d’obtenir auprès de l’accueil des informations quant au moyen d’obtenir des places pour la lecture des extraits du dernier roman de Philippe Claudel par l’auteur et la comédienne de grand talent Clotilde Courau, lecture se déroulant dans le même auditorium à 20h30, il nous a été répondu que l’on ne devait pas mélanger, je cite, les torchons et les serviettes, compte tenu que ces dames et messieurs de l’accueil ne travaillaient que pour la musique. Qui étaient respectivement les torchons et les serviettes, je l’ignore et je ne veux pas le savoir. J’ajouterai que, ayant eu, pour les besoins de mon travail, à me rendre dans une cinquantaine de pays, il n’y a malheureusement qu’en France qu’on s’entend répondre pareilles âneries… Si cela n’avait déçu que moi, cela ne serait rien, mais j’ai eu l’occasion ce soir-là d’entendre les mêmes récriminations de la part de nombreux candidats spectateurs, dont des Suisses et aussi un visiteur belge.

Je ne doute pas, Monsieur le Maire, que vous saurez trouver d’ici septembre 2019 des réponses satisfaisantes aux impératifs qu’exige un si bel événement que les Livres dans la boucle.

Par avance, je vous remercie pour les efforts que, je le sais, vous et vos équipes ne manqueront pas d’entreprendre pour porter encore plus haut le succès du festival, et vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, mes salutations distinguées.

09 septembre 2018

Marcia Baila

Cela se passe le long du Doubs, un samedi de septembre, une vraie journée d'été...
Marcia, elle danse sur du satin, de la rayonne
Du polystyrène expansé à ses pieds
Marcia danse avec des jambes
Aiguisées comme des couperets
Deux flèches qui donnent des idées
Des sensations
Marcia, elle est maigre
Isabelle Bazin, elle est pas maigre, elle est plutôt gironde. Isabelle Bazin, c'est une des musiciennes, pour l'occasion chanteuse munie d'un porte-voix, une des musiciennes de l'Orchestre National de Ukulélés. Isabelle Bazin, surgeon de la Rita Mitsouko.
Cela se passe le long du Doubs, dans le cadre de la 71ème édition du Festival international de musique. Et c'est à Besançon, vénérable capitale de la Franche-Comté...
Belle en scène, belle comme à la ville
La voir danser me transforme en excité
La foule est là qui l'écoute, qui les écoute, ceux et celle de l'Orchestre National de Ukulélés. Sur l'eau du Doubs, il y a aussi l'intrépide quintette de cuivres Le Vesontio, à bord d'un Dragon Boat...
Moretto
Comme ta bouche est immense
Quand tu souris et quand tu ris
Je ris aussi, tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid que l'on sent en toi?
Le Dragon Boat s'écoule au rythme des pagayeurs. A son bord, les cuivres. Et sur les quais l'Orchestre National de Ukulélés. Et sur les quais 3000 Bisontins aussi, qui les suivent et les écoutent. Et sur les quais quelques extra-terrestres aussi.
Et au même moment, le long des rues de centaines de villes du monde entier, de petites foules de citoyens inquiets, des citoyens qui voudraient alerter l'immense majorité silencieuse quant à l'urgence de se lever et de gueuler. L'urgence de se les bouger, de bouger leurs jambes, de faire de leurs jambes des jambes aiguisées comme des couperets. C'est qu'il est peut-être trop tard... Trop tard pour sauver la planète, celle que nous avons connue quand nous étions d'innocents enfants. Trop tard pour sauver l'humanité contre le suicide qu'elle semble avoir renoncé à éviter...
Mais c'est la mort qui t'a assassinée, Marcia
C'est la mort qui t'a consumée, Marcia
C'est le cancer que tu as pris sous ton bras
Maintenant, tu es en cendres, cendres
C'est la mort qui t'assassine, mon amie la Terre. Qui nous assassine, nous chétifs êtres humains. Maintenant que nous sommes en cendres, cendres.
La mort, c'est comme une chose impossible
Et même à toi qui est forte comme une fusée
Et même à toi, qui est la vie même, Marcia
C'est la mort qui t'a emmenée
Et à 10000 km de là, de Besançon et du Doubs, c'est une nation qui s'apprête à se suicider. Un pays appelé Brésil, un pays de braises. Que la mort consume. Avec ses vraies violences et ses faux attentats, orchestrés pour propulser au pouvoir un nouveau dictateur, surgeon latino-américain d'un Mussolini...Un surgeon nommé Bolsonaro. Le Bolsonaro qui demande à cor et à cri qu'on gave d'huile de ricin les nègres et les pédés. Un Bolsonaro qui demande à cor et à cri qu'on fusille les petralhas.
Marcia danse un peu chinois
La chaleur
Dans les mouvements d'épaules
A plat
Comme un hiéroglyphe inca
De l'opéra.
Et les Chinois aussi. Les Chinois qui hésitent encore un peu quant aux mouvements d'épaule à suivre... A plat, comme un hiéroglyphe inca, de l'opéra... Les Chinois qui ont les clés de notre amie la Terre. Plus encore que les dégénérés étasuniens.
Et nous au bord du Doubs, et sur le Doubs, qui répétons ce jour de fêtes. Combien de jours de fêtes encore ? Avant que les cendres nous retombent dessus. Cendres venues de loin. De très loin. De trop loin, pour nous, chétifs êtres humains.

(Les paroles de chanson sont extraites de Marcia Baila, des Rita Mitsouko)

21 août 2018

Les fourmis rouges dans ce qu'il restera de l'Amazonie

Chers amis, comment ne pas voir qu'au fond ledit brexit n'a strictement aucune importance. Dans 20 ou 30 ans, le Royaume-Uni ne sera plus qu'un souvenir. De même que la disparition de l'espèce humaine... Juste une petite question, une toute petite question : quels seront les animaux ayant survécu à l'extinction humaine pour se souvenir de notre passage sur Terre ? Voilà une question, peut-être anecdotique, mais qui m'amuse au même titre que l'évolution des babouins dans la péninsule arabique ou, autre exemple, l'évolution des fourmis rouges dans les lambeaux de l'Amazonie qui échapperont au cataclysme.

Respectueusement,

Francis

17 août 2018

Benalla, Crase et compagnie

Chers amis, ne serait-il pas temps de mettre la pédale douce sur ce fait divers, désormais qualifié d'affaire Benalla-Crase, et de concentrer notre travail d'enquête sur des sujets autrement plus importants, comme vous savez si bien le faire ? En effet, à quoi bon attaquer M. Macron sous cet angle des plus anecdotiques.

Notre président est sans nul doute possible notre meilleur chef d’État depuis, à tout le moins, la Révolution française. Certes il pourrait mieux faire, notamment pour tout ce qui touche à la transition énergétique, mais force est de reconnaître qu'il s'attache, avec une énergie remarquable, aux nécessaires réformes à entreprendre pour moderniser notre société et tenter de remettre la France sur les rails du progrès, alors que ses prédécesseurs n'avaient de cesse que d'accompagner le déclin de notre pays.

Respectueusement,

Francis

25 août 2017

De plus en plus rarement

J'ai de moins en moins envie d'écrire sur le Brésil, tant ce pays est devenu désespérant. Il fut un temps où j'étais passionné par la culture brésilienne, en premier lieu sa musique et sa littérature. Rencontrer deux fois Jorge Amado à Paris, ou nombre de musiciens parmi les plus mythiques, de passage à Vitoria, grâce à notre amie Lena Signorelli, avaient été des moments forts de ma vie là-bas.

Même la politique m'avait intéressé, grâce à Lula et aux avancées qu'il avait permises. Maintenant, avec Temer le pays effectue le plus grand bond en arrière de son histoire, au-delà des pires craintes que l'on pouvait redouter.

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles. Et le peuple, toujours plus aliéné dans sa large majorité, s'en contrefout, tant qu'il y a de la bière qui coule. Ainsi va le Brésil dans le peloton de tête des pays courant à leur perte. En éclaireur, sans doute, du reste du monde, guère plus clairvoyant. Qu'on en finisse au plus vite avec l'espèce humaine et qu'on laisse une chance à la vie sur cette planète qui avait tant à nous offrir !

23 juillet 2017

Deux villes, deux pays, deux continents

Vitória. Besançon. Se partager entre deux villes, deux pays, deux continents. Que signifiait se partager ? Il se le demandait. Comme il se demandait tant de choses qui au fond étaient sans importance. Il avait bien d'autres certitudes : la fin de l'espèce humaine était proche et c'était souhaitable. Car s'il espérait encore quelque chose, c'était que la vie animale, végétale, microbienne poursuive son destin enfin libérée de la malédiction humaine. L'homme avait inventé le plus sûr des pièges : le calcul économique. Et il s'y jetait à corps perdu. Et lui aussi, comme tous les autres, s'y jetait la tête le première.

En attendant il était là, à regarder l'océan ou bien le ciel, contemplant de sublimes phénomènes naturels. Quelque chose qui ressemblait à l'idée qu'il se faisait du bonheur. Quelque chose qui le dépassait. Et de beaucoup. Il était là, à lire aussi des romans ou des poèmes qui le distrayaient, à étudier des dessins et des tableaux pour tenter de s'y perdre, de s'y dissoudre avant l'heure de sa mort.

Toi qui arrives ici par hasard, fais en ton miel si tu le peux. Et reviens quand tu le pourras pour en savoir plus. En savoir plus ou mieux t'égarer. Car aucun des mots de ce texte n'est définitif, du moins du vivant de son auteur.

18 mars 2017

Pourritures

Après la police au repos, laissant le champ urbain libre aux voyous désœuvrés, toujours prêts à en découdre et à s'emparer de quelques miettes ; après la fièvre jaune ayant fait son retour dans l'Espírito Santo, avec la bénédiction de l'Esprit Saint, dit encore Saint-Esprit, après 70 ans d'absence tout de même ; après toutes ces merdes remuées, tous ces remugles en fête, c'est au tour de la viande qui nous est vendue d'apparaître comme pourrie en une de tous les journaux. Et dire que je suis invité à un churrasco ce midi !

Et demain ? Qu'en sera-t-il ? Sans doute pas quelque chose de folichon. Et pas qu'au Brésil, sans doute. Les USA nous montrent la voie avec leurs trumperies. Bientôt cela sera-t-il le tour de la France ? Même si dans la mère patrie on échappe au pire cette fois, comme aux Pays Bas, ne nous faisons pas trop d'illusions, le peuple, comme on dit en Suisse, le peuple souverain pense d'une façon qui pue chaque fois plus. Au fond, plus tôt on en finira avec l’humanité, mieux cela vaudra pour la vie sur Terre. Espoir, donc.

Je pense à toi, Frantz Fanon. Je repense à toi, à tes combats. À tous nos combats qui, finalement, auront été inutiles. Comme ceux des peuples de la forêt amazonienne il y a 1000 ans ou 600 ans encore. Ils étaient des dizaines de millions qui parlaient des centaines de langues, qui peuplaient des centaines de villes et villages, qui parcouraient des milliers de routes, qui cultivaient des milliers de champs, qui élevaient des poissons, qui domestiquaient des arbres et des plantes. Quand les Portugais sont arrivés, il n'y a point eu de combats, ou si peu, contrairement à ce que voudraient faire croire les Brésiliens aujourd'hui encore, et qui justifieraient l'appellation donnée à Vitória, une prétendue victoire sur les indigènes, il a suffi de nos microbes et bactéries européens pour décimer les habitants de l'Amérique du Sud. Presque tous. A ce propos, on lira avec profit le livre de l'archéologue Stéphen Rostain, Amazonie, les 12 travaux des civilisations précolombiennes.

08 février 2017

Gendarmes au repos

Cela dure depuis cinq jours et nous n'avons pas idée de la fin du mouvement. Mouvement, c'est une façon de parler puisqu’ils restent cantonnés dans leurs casernes. En grève, nos gendarmes réclament 43% d'augmentation. Pour le gouvernement local, il est hors de question de leur accorder ne serait-ce que 1%. Austérité, tel est le mot d'ordre.

Conséquence : les fripouilles s'en donnent à cœur joie. Vandalisme, braquages, homicides (85 en 5 jours). Conséquence : les bus ne circulent pas ; les boutiques, les supermarchés et les restaurants restent fermés, faute de sécurité et de personnel.

Le gouvernement local a fait appel à des renforts venus de Rio et Brasília. Pour l'instant, aucun effet. Et puis ceci : avis aux partisans de l'État minimum ! Si c'est ça que vous voulez, ça va clairement pas le faire.

19 janvier 2017

Daniel Blake au Cine Jardins

C'est un film auquel il n'est est peut-être pas nécessaire d'assister en tant que spectacle, mais qui vaut pour sa valeur documentaire.

Ken Loach nous donne à voir une société anglaise en train de se défaire. Décadente, comme dirait à juste titre Michel Onfray.

Et, oh surprise, une large part du public n'a pas hésité à applaudir à la fin de la projection, comme une façon de dire "Fora Temer !".

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...