02 novembre 2020

Ce que nous apprend Monsieur Trump

Jamais, semble-t-il, le monde ne s’est autant intéressé à une élection présidentielle. En Russie ou en Inde, la préférence va pour Monsieur Trump ; en Allemagne ou en Espagne, on choisit Monsieur Biden. Pour beaucoup, le simple fait de prononcer le nom du premier provoque des mimiques de dégoût et des paroles peu amènes. Je peux le concevoir. En revanche, ce qui m’inquiète, c’est que généralement l’on ne cherche pas à comprendre pourquoi des citoyens américains voteront pour Monsieur Trump. Quelques rares reportages nous dévoilent que les électeurs de Monsieur Trump appartiennent à des catégories plutôt variées et non, comme souvent on voudrait nous le faire croire, à une large majorité dite de petits blancs déclassés. Sans doute ceux-ci existent-ils, mais qui sont-ils ?

Un reportage télévisé nous apporte une réponse parmi d’autres. Ces petits blancs déclassés sont d’anciens électeurs démocrates, des bûcherons, des mineurs, des ouvriers qui, on le comprend, se sentent abandonnés par les leaders démocrates depuis environ quarante ans. Ces hommes et ces femmes, sont souvent les fils et les filles de bûcherons, de mineurs, d’ouvriers. Ces hommes et ces femmes restent fidèles aux valeurs qui les ont construit. Ces hommes et ces femmes aiment leur travail, aiment leur style de vie, ils voient avec inquiétude le parti démocrate se tourner vers d’autres classes de la société qui s’engagent pour la défense du climat, pour la défense de l’égalité raciale, objectifs sans doute des plus nobles, mais qui, à leurs yeux, menacent leur style de vie, leur emploi. Que leur répondre qui puisse les convaincre d’accompagner ces luttes ? Leur dire que le tournant vers les énergies renouvelables peut leur permettre de trouver de nouveaux emplois ? Non, non et non, car ils aiment leurs métiers, ils aiment les territoires où ils vivent, où leurs familles vivent depuis des générations. Peut-on leur reprocher d’aimer leur travail ? Seuls des gens sans cœur restent insensibles à leurs objections.

Quand on se prétend de gauche, c’est-à-dire du côté des classes laborieuses, pour parler comme autrefois, peut-on rester insensible à leurs objections ? Je ne le crois pas. Il y a un discours de gauche à reconstruire pour convaincre ces personnes que Monsieur Trump se fiche bien d’eux. Et au-delà du discours de gauche, il y a des objectifs de gauche qui restent à définir. C’est à ce prix, c’est-à-dire, au bout de cet effort, et seulement au bout de cet effort, qu’il sera possible de les convaincre de lutter vers de nouvelles formes d’égalité et de solidarité plus inclusives qu’autrefois, de lutter pour de nouveaux objectifs qui prennent en compte les défis qui s’imposent à nous chaque jour davantage, tels que la recherche d’économie d’énergie ou le maintien de la biodiversité. Et cela est vrai dans le monde entier. Cela passe par la construction d’un populisme de gauche, qui prenne en compte la réduction des inégalités sociales, contrairement au populisme de droite qu’affecte Monsieur Trump.

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