Cela dure depuis cinq jours et nous n'avons pas idée de la fin du mouvement. Mouvement, c'est une façon de parler puisqu’ils restent cantonnés dans leurs casernes. En grève, nos gendarmes réclament 43% d'augmentation. Pour le gouvernement local, il est hors de question de leur accorder ne serait-ce que 1%. Austérité, tel est le mot d'ordre.
Conséquence : les fripouilles s'en donnent à cœur joie. Vandalisme, braquages, homicides (85 en 5 jours). Conséquence : les bus ne circulent pas ; les boutiques, les supermarchés et les restaurants restent fermés, faute de sécurité et de personnel.
Le gouvernement local a fait appel à des renforts venus de Rio et Brasília. Pour l'instant, aucun effet. Et puis ceci : avis aux partisans de l'État minimum ! Si c'est ça que vous voulez, ça va clairement pas le faire.
Affichage des articles dont le libellé est Vitória. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vitória. Afficher tous les articles
08 février 2017
19 janvier 2017
Daniel Blake au Cine Jardins
C'est un film auquel il n'est est peut-être pas nécessaire d'assister en tant que spectacle, mais qui vaut pour sa valeur documentaire.
Ken Loach nous donne à voir une société anglaise en train de se défaire. Décadente, comme dirait à juste titre Michel Onfray.
Et, oh surprise, une large part du public n'a pas hésité à applaudir à la fin de la projection, comme une façon de dire "Fora Temer !".
Ken Loach nous donne à voir une société anglaise en train de se défaire. Décadente, comme dirait à juste titre Michel Onfray.
Et, oh surprise, une large part du public n'a pas hésité à applaudir à la fin de la projection, comme une façon de dire "Fora Temer !".
10 mars 2013
Mariana Aydar, cavaleira selvagem
Avant le concert, on se
pose des questions. Ou pas. Je m'en posais, je me demandais comment
serait reçue Mariana Aydar à Vitória. Une chanteuse qui passe très
rarement à la télé. Même chose à la radio. J'étais curieux de
voir et écouter Mariana, de la voir confrontée à la scène, au
live, au public. Est-ce qu'elle tiendrait la route ?
Pendant le show – comme
on dit ici, influence nord-américaine oblige –, des tas d'idées
ont surgi, des phrases et même des paragraphes à reporter sur le
papier. Ou l'écran. Et puis quelques bières plus loin, une nuit
chargée des échos de la veille et même un déjeuner argentin plus
tard, je me dis qu'il faut que je m'assoie un moment pour tenter
d'écrire quelques lignes sur la dame et ses trois musiciens.
Donc, dans le désordre et
de manière très incomplète, qu'ai-je encore envie de dire ?
Qu'ai-je retenu alors que je digère mon pavé de bœuf de la pampa ?
D'abord que j'ai aimé autrement plus que les mp3 que j'avais écoutés
avant coup. Ce n'est pas vraiment une surprise, la musique ao vivo
est toujours préférable à la musique en conserve. Quitte à ce que
le concert soit un naufrage. Ce qui n'a pas été le cas hier soir,
disons-le tout de suite.
Mariana, enceinte d'une
petite Brisa et en forme et formes, n'a pas peur de montrer ses
jambes et de s'en servir. Il faut bien commencer par quelques chose.
Et ce quelque chose n'est pas rien. Avoir les pieds sur scène vaut
bien avoir les pieds sur terre. Mariana les a. Et efficacement.
Mariana est accompagnée d'un power rock trio, un guitariste
habile du manche à tisser des mélodies dérivant de rythmes
nordestins comme à s'aventurer aux confins psychédéliques à la
Kevin Ayers – in memoriam du moment, dans mon panthéon
intime –, Mariana soutenue par un bassiste construisant les
fondations de toutes les chansons avec son compagnon batteur, l'un et
l'autre puissants et subtils – ce qui n'est pas à la portée de
toutes les sections rythmiques –, précis et sûrs. De cela tu as
déduit, ô lecteur et auditeur des disques de Mariana, que les
arrangements sur scène sont bien différents de ceux figés en
studio, qui sont plus dans la tradition de la MPB et ont permis entre
autres d'inviter Dominguinhos – très malade en ce moment, comme
nous l'a dit Mariana – ou Leci Brandão.
Et le public ? Le
théâtre, certes petit, du SESI était archi-bondé, avec quelques
spectateurs debout dans les escaliers. Et divine surprise, une partie
non négligeable du public reprenant les paroles de la Mariana comme
si elle était une amie de longue date. Un public plutôt jeune –
j'étais le plus vieux, quel privilège ! – et en majorité
féminin – des filles incroyablement jolies dont je me demandais
d'où elles sortaient, que je ne rencontre jamais en ville le jour.
Côté répertoire,
Mariana a puisé dans les trois albums de son patrimoine. Ce qui est
la moindre des choses. Des choses que je ne vais pas détailler.
Simplement, je voudrais m'arrêter un peu sur un titre : Zé
do Caroço. Composé par Leci Brandão, avec qui Mariana a
enregistré dans son premier opus. Une Mariana mille fois
meilleure du Zé do Caroço sur scène que en studio. Et l'on
se prend à rêver ce qu'aurait donné la présence de la
compositrice sur scène, tant l'une et l'autre se complètent, le
phrasé pauliste de Mariana faisant un heureux hiatus – eh oui, le
hiatus heureux existe ! – avec celui de la carioca Leci. Au
point que je ne pouvais m'empêcher de songer à ces propos de Wanda
Jakob, traductrice allemande de romancières brésiliennes
contemporaines :
“As estadias no exterior não são obrigatórias para tradutores, mas certamente ajudam. Pude observar a fala dos cariocas, as cadências, como e quando eles aplicam ironia, agressividade ou doçura. Isso não se encontra nos dicionários”
En un mot, poignant, ce Zé
do Caroço dans la bouche et dans le cœur de Mariana, rendant
justice à la qualité des paroles de Leci, un concentré de clichés
cariocas, forgés dans la sincérité plutôt que dans la vérité
vraie. Poignant, au point que, avouons-le, des larmes ont pointé au
coin de mes yeux fatigués, expression d'une émotion irrépressible.
Allez, je ne me retiens pas, voici les paroles de la chanson :
“No serviço de auto-falante
Do morro do Pau da Bandeira
Quem avisa é o Zé do Caroço
Que amanhã vai fazer alvoroço
Alertando a favela inteiraAí como eu queria que fosse em Mangueira
Que existisse outro Zé do Caroço
Pra falar de uma vez pra esse moço
Carnaval não é esse colosso
Nossa escola é raiz, é madeiraMas é o Morro do Pau da Bandeira
De uma Vila Isabel verdadeira
E o Zé do Caroço trabalha
E o Zé do Caroço batalha
E que malha o preço da feiraE na hora que a televisão brasileira
Destrói toda gente com a sua novela
É que o Zé bota a boca no mundo
Ele faz um discurso profundo
Ele quer ver o bem da favelaEstá nascendo um novo líder
No morro do Pau da Bandeira
Está nascendo um novo líder
No morro do Pau da Bandeira
No morro do Pau da Bandeira
No morro do Pau da BandeiraLelelelê Lelelelelelelelelê
Lelelelê Lelelelelelelelelê”
Cette chanson – tu le
sais, lecteur connaisseur des choses du Brésil – a aussi été
interprétée par Seu Jorge. Une interprétation différente mais
tout aussi poignante. Et tu sais quoi, après Mariana, Seu Jorge l'a
chantée deux heures plus tard sur une autre scène dans un autre
quartier de Vitória. Après Mariana et son power trio, après Seu
Jorge, il y avait encore hier soir le Barão Vermelho, groupe veuf de
son Cazuza, sur une troisième scène, dans un autre quartier. Et
dire qu'il y a de mauvaises langues pour se plaindre qu'il n'y a rien
à se mettre dans les oreilles et les yeux à Vitória !
08 février 2013
Concentration capitalistique : la rue aussi
C'est le soir, nous sommes
quelques amis attablés à la terrasse du botequim Caiana.
S'arrête un vendeur ambulant de vidéos pirates. Tânia lui demande
s'il a O Bom Lado da Vida. Il ne l'a pas. Quelques minutes
plus tard, arrive un autre vendeur ambulant. Même question. Il
laisse Tânia chercher dans le stock qu'il lui confie, le temps de
démarcher d'autres clients. Le film de la belle Jennifer Lawrence
n'est pas dans le tas, mais Voo retient l'attention de notre
amie, qui a entendu parler d'un atterrissage acrobatique qui, selon
elle, serait prétexte à nous en dire un peu plus sur la société
américaine.
Le vendeur se lance :
« Cinq reais pour un, dix reais pour trois ». Tânia
repasse en revue la pile de DVD. Et hésite avec As Aventuras de
Pi en main. Quelqu'un a
vu les aventures de Piscine Molitor Patel et lui recommande
chaudement. Va pour Pi ! Mais manque le troisième. Tânia
insiste, elle voudrait tant passer un moment du « bon côté de
la vie ». Le vendeur réfléchit deux secondes. Puis sort son
portable. Appelle un collègue : « T'aurais pas O Bom
Lado da Vida ? » Le collègue l'a en stock, il sera là
dans cinq minutes. Ça, c'est du service !
Je l'ignorais, la
ribambelle de garçons qui nous proposent toutes les cinq minutes des
DVD travaillent pour le même boss. Ce qui fait qu'il ne doit pas
rester grand chose pour le vendeur au bout du compte. Le capitalisme
est décidément implacable et laisse très peu de place au petit
commerce. Le secteur informel ne déroge pas à la règle !
06 octobre 2012
Adel Abdessemed est innocent
Depuis le 3
octobre, c'est-à-dire depuis le jour de mon retour à Vitória, Adel
Abdessemed s'expose à Paris, Beaubourg – à moins qu'il ne faille
dire « Beaubourg, Paris ». Pompidou nous dit – est-ce
l'artiste lui-même qui le leur a soufflé ? – qu'Adel Abdessemed est innocent. Donc le monde est mal foutu – ça tout un
chacun le sait déjà depuis belle lurette, mais ça ne fait pas de
mal de le rappeler – et le monde, ici, c'est sa composante
chronologique. J'aurais bien voulu juger de l'innocence de AA.
J'aurais voulu jouer / jouir de l'alpha et de l'oméga de son œuvre.
Puisque c'est une œuvre qui ne me laisse pas indifférent depuis que
je l'ai croisée à São Paulo, lors de la biennale 2006, une
biennale qui s'attaquait ou s'attachait – cela sera selon votre
humeur – au comment vivre ensemble.
La biennale de São
Paulo, justement, semble couler cette année des jours plus
tranquilles que lors des éditions précédentes. Malgré tout,
j'aimerais bien y faire un tour, histoire de me donner le luxe de
pouvoir être surpris, encore, comme il y a six ans je l'avais été
par Adel Abdessemed, sa vision de la rue, le spectacle d'un chat
bouffant une souris sur grand écran, filmé au ras du sol, filmé de
là où il faut quand on veut montrer les mouvements convulsifs
qui traversent le monde contemporain – dixit Pompidou, encore
eux. Mais un chat avalant une souris, me direz-vous, qu'est-ce que ça
a de particulièrement contemporain ? Les chats avalent des
souris depuis la nuit des temps – la nuit des temps, tous les chats
sont gris. Le contemporain là-dedans, ça doit être l'acte de
filmer un échantillon de la chaîne alimentaire ordinaire, conjugué
à l'acte de le projeter sur un grand écran dans une salle de hangar abritant une exposition d'art étiqueté contemporain.
Ce même jour, à
la faveur d'hyperliens, je découvre avec quelques mois de retard que
Claude Gaignebet est mort. C'était en février, le mois de Carnaval
– en général ! – et c'est précisément à Carnaval que je
dois d'avoir rencontré Claude Gaignebet. Le MAES (Museu de Arte do
Espírito Santo) présentait une exposition de gravures venues de
Gravelines, sur le thème de Carnaval. Nous y étions, ma dame et
moi, quand une employée zélée du secrétariat à la culture, nous
reconnaissant, était venue vers nous pour nous annoncer que rôdait
dans les parages un Français pas tout à fait innocent quant à
l'organisation de l'expo. C'était Claude Gaignebet, vous l'aviez
deviné. Claude nous avait accompagnés deux heures durant, nous ouvrant
les yeux sur chacune des pièces exposées, décortiquant notamment
l'expression de la chronologie dans les tableaux de Pieter Bruegel de
Oude, passant avec bonheur de Dionysos à Rabelais et de Gargantua à
Blaise. À la fin, il nous avait confié travailler sur la symbolique
de la corne. Aura-t-il eu le temps d'achever cette exploration ?
Sans doute pas.
J'évoquais, plus
haut, des liens Internet. Cela me donne l'occasion de saluer un autre blog écrit depuis Vitória, qui est l’œuvre d'Emmanuelle,
qui sans nul doute a eu l'occasion de rencontrer, elle aussi, Claude
Gaignebet, eu égard à des trajectoires qui ont dû se croiser du
côté de Dunkerque, France, plutôt qu'à Nice, France (bis). Mais
sait-on jamais !
28 mars 2012
Encore une belle journée
Encore une belle journée qui s’annonce. Il ne pleuvra pas. La météo nous annonce trente-quatre degrés. Le soir, alors que les fatigues se seront accumulées, il ferait bon s’installer à une terrasse. Mais il est peu probable que nous sortions ce soir. Nous sommes à court d'imagination. Et puis l’argent fait défaut. Pour l’heure, j’ai de l’énergie, je vais d’un bon pas, rattrape la plupart de ceux qui me précèdent, fais même quelques foulées pour me tester. La carcasse semble tenir.
Il y a assise sur un banc, à l’ombre, une jeune femme, en chemise et jean gris. Une frêle jeune femme, le visage fermé, que je vois souvent assise là, attendant je ne sais quoi, je ne sais qui. Ses longs cheveux forment une natte rejetée dans son dos. Qu’en sera-t-il d’elle d’ici trente ou quarante ans ? Sans doute sera-t-elle toujours là. Il m’arrive, voyant de jeunes personnes, de les imaginer vieilles, comme il m’arrive de m’imaginer le corps mort, attendant d’être livré au feu ou descendu en terre.
En attendant, je marche avec dans les poches ma carte d’assurance santé et mon portable. Pour le cas où une nouvelle crise viendrait à se produire. Pour faciliter le tri : les hôpitaux gratuits pour tous, sans garantie d’être soigné dans les meilleurs délais ; les cliniques privées parfaitement équipées pour ceux qui ont de quoi payer. Nous n’avons pas beaucoup d’argent, mais nous avons fait de notre santé une priorité. À dire vrai, elle plus que moi.
Nous appartenons à la première génération où la part des dépenses de santé dépasse tous les autres postes de dépense. Est-ce bien raisonnable alors que nous serons bientôt deux cent millions ici, sept milliards sur la planète ? Je me pose la question de temps en temps, mais ce matin, merde, j’ai encore envie de vivre. Un avion, qui vient de contourner la ville, a entamé la procédure d’approche de l’aéroport. Me reviennent les images des voyages qui m’ont amené ici, qui m’ont chaque fois émerveillé : les montagnes environnantes aux formes fantasques, les quartiers que j’ai plaisir à reconnaître, les dizaines de cargos qui attendent de charger, l’île enserrée entre mer et continent, le troisième pont long de trois kilomètres, ceux franchissant le chenal tout petits, la mangrove verte qui résiste encore à l’urbanisation. Il faut voir la région du ciel pour en comprendre l’étrange géographie. Je voudrais être dans cet avion. Il y a maintenant longtemps que nous n’avons pas voyagé. Y aura-t-il encore un autre voyage ?
![]() |
| Photo (c) PixeLuz / Francis Juif |
08 mars 2012
Silva
Nul n'est prophète
en son pays, le dicton se vérifie une fois de plus avec Silva.
Silva, c'est Lúcio Silva de Souza, un Capixaba de 23 ans, un comme
qui dirait compatriote, un mec de Vitória, quoi. Aurait-il échappé
à ma veille locale ? Le fait est que je ne me souviens pas
avoir lu un papier dans nos gazettes et tribunes. Il aura fallu qu'un
article de la Folha – décidément ! – attire mon
attention sur ce jeune homme au moment où il s'apprêtait à donner
un concert.
Que la renommée
lui vienne de São Paulo, plutôt que de Rio, n'est d'ailleurs pas
pour surprendre. Car à écouter sa musique, c'est avant tout à la
nouvelle vague pauliste que l'on songe : un mouvement informel,
qui trouve sa cohérence, en premier lieu, par les interactions entre
musiciens locaux ou attirés par la métropole maximale du Brésil
et, en second lieu, par un esprit d'ouverture et d'aventure qui rend
ses productions passionnantes. Si Rio continue d'explorer avec plus
ou moins de bonheur le riche filon où brillent les pépites samba et
bossa nova, São Paulo se laisse moins attirer par ce qui brille au
premier coup d’œil et jette ses innombrables oreilles à l'écoute
non seulement d'elle-même et du Brésil, mais aussi du monde,
boussole orientée en priorité vers l'hémisphère nord.
Ce serait quoi,
alors, ce son de Sampa, comme il y a eu, en d'autres temps et sous
d'autres latitudes, des sons west coast ou motor city ?
La volonté ou le désir d'avancer en terra incognita, de
mixer les couleurs, de secouer les rythmes dans le grand shaker
mondial, de construire des arrangements qui marquent une rupture avec
les traditions trop bien établies.
Fils d'une
professeure de piano, violoniste avant tout mais aussi
multi-instrumentiste, né et habitant au pays des oiseaux-mouches –
l'Espírito Santo – Lúcio nous offre un premier EP d'excellente
facture – mixé par Matt Colton, en toute simplicité – et la
promesse de grands projets à venir.
Pour le découvrir,
il suffit de se diriger le plus simplement du monde vers la
musicoteca qui, outre une présentation du disque, permet de
le télécharger. En toute légalité, cela va sans dire.
22 février 2012
Carnaval 2012 : les classements
On aura donc vécu
un dépouillement inédit à São Paulo. Alors que celui-ci n'était
pas très loin de s'achever, un homme s'est jeté sur des paquets de
notes et les a emportés, rendant impossible leur prise en compte. Et
cela a fini avec l'incendie de deux chars, une confusion générale,
l'arrestation de cinq hommes. Après quelques heures de pourparlers
entre patrons des écoles de samba, Mocidade Alegre a été déclarée
champion 2012. Mais la Jeunesse n'ayant pas le cœur à la
fête, celle-ci a été annulée, rompant avec le rituel habituel.
On aura entendu,
suite à ces violences, qui auraient été selon la police
orchestrées, des commentaires à n'en plus finir, comme si la Terre
avait été tout près de s'arrêter de tourner. On aura entendu
notamment les opposants au carnaval de service reprendre leur
rengaine et, ma foi, tout dans les heures chaudes de la journée
semblait leur donner raison. Mais entre l'adoration et la
détestation, n'y a-t-il pas la place pour une opinion plus mesurée ?
Sans doute pas, tant le Carnaval déchaîne les passions. Comme
l'écrivait, samedi dernier, l'ami Chaudanne dans le cahier Pensar de notre gazette locale : « Le carnaval est un art total.
Et le carnaval brésilien est, par excellence, le carnaval de tous
les carnavals ». Et donc la passion des passions.
Malgré tout,
puisqu'il s'agit d'un art, faut-il qu'on en fasse un championnat au
même titre que le football, cette autre passion brésilienne ?
Depuis hier, le carnaval s'est rapproché un peu plus du football en
faisant jouer de la pire des espèces ses torcidas organisées,
en ayant recours à la provocation et à la violence, en roulant dans
le caniveau. Cela nous annonce-t-il pour les années qui viennent
mort d'homme ?
« L'opéra de
la rue », pour reprendre encore les propos de Chaudanne, a-t-il
besoin d'être noté ? Une école de samba a-t-elle besoin
d'être déclarée championne ? Certainement pas ! Tant que
tout se passait dans un esprit bon enfant, y compris les arrangements
en coulisse, on pouvait s'en amuser et puis l'oublier dès le
lendemain. L'incident d'hier nous montre non seulement à quel point
tout est, par les temps qui courent, rabaissé à une compétition
mais aussi que tous les moyens sont bons pour triompher et cracher
son mépris à la face des concurrents.
À Rio de Janeiro,
les choses se sont passées plus tranquillement et c'est Unidos da
Tijuca qui l'a emporté, avec 299,9 points sur 300 possibles, un
petit dixième perdu pour nous rappeler que la perfection n'est pas
de ce monde. Viennent ensuite Salgueiro et Vila Isabel.
Et puisque je vous
écris depuis Vitória, je ne manquerai pas de rendre hommage à Boa
Vista, champion 2012.
![]() |
| D'un autre carnaval - Photo (c) PixeLuz / Francis Juif |
21 février 2012
ArcelorMittal, tentative de comparaison entre les sites de Florange et Tubarão
Depuis
hier, lundi 20 février, entre 100 et 200 métallurgistes ont
investi les locaux de la direction de l'usine ArcelorMittal
de Florange en Moselle. Pour les syndicats, la décision
de la direction de ne pas remettre en route la filière liquide à
Florange annonce une « mort
programmée du site », où travaillent environ
5.000 personnes, dont 3.000 en CDI. Florange serait donc une énième
illustration de délocalisations qui ne disent pas toujours leur nom.
On connaît la chanson : les délocalisations seraient
justifiées par un manque de compétitivité dû à des salaires et
des charges trop élevés. Qu'en est-il au juste ?
Ici, sur la presqu'île du Tubarão
dans le grand Vitória, est installé un des plus grands sites de la
multinationale ArcelorMittal, présente dans 60 pays. De l'entrée du
site à son port privé, il y a douze kilomètres, parsemés de
bâtiments administratifs et techniques et, bien sûr, de
hauts-fourneaux. Sur le site, travaillent un peu moins de 4.600
personnes, soit de ArcelorMittal, soit d'entreprises sous-traitantes.
Quels sont les salaires des employés
de ArcelorMittal ? Le salaire fixe plancher est fixé, depuis la
grève de novembre 2011 où les métallurgistes ont obtenu une
augmentation de 8% (soit 1,5% de plus que l'inflation officielle), à
environ 1.800 reais, auquel il faut ajouter, pour les ouvriers, 400
ou 600 reais, selon le type d'horaires, « quatre huit »
ou « deux douze ». Les employés bénéficient du 13ème
mois et reçoivent chaque année une prime de participation aux
résultats. Grosso modo, le revenu minimum, ramené à une base
mensuelle, s'élève à l'équivalent de 1.200 euros. En outre,
ArcelorMittal rembourse 97% des frais de transport collectif et prend
en charge la restauration sur le site et le plan d'assurance santé
privé assuré par Unimed, qui a la réputation d'être le meilleur
du Brésil. Pour les cadres, brésiliens comme expatriés, les rémunérations sont supérieures à
celles de leurs homologues français, et ce d'autant plus que la
position dans la hiérarchie est élevée.
Le nombre d'heures de travail maximum
est de 44 par semaine, heures supplémentaires non comprises.
Cependant, il varie considérablement selon les métiers. Ainsi, la
convention collective qui s'applique aux personnes qui saisissent les
données qui alimentent le centre de traitement informatique limite à
30 heures la durée hebdomadaire de travail. Les congés sont, au
minimum, de quatre semaines par année, hors jours fériés.
Par conséquent, si les salaires
mensuels les plus bas ne sont pas très différents de ceux pratiqués
en Moselle, le nombre d'heures travaillées semble en revanche plus
conséquent. De plus, la comparaison des salaires est biaisée par la
forte valorisation du real. Autrement dit, le niveau de vie permis avec 1.200 euros est inférieur au Brésil à ce qu'il est en
France. Rappelons, par exemple, qu'une automobile coûte au Brésil
près de deux fois ce qu'elle coûte en France.
Ces informations reposent notamment sur
le témoignage de personnes travaillant chez ArcelorMittal, ainsi que
sur des documents publics. Manque une donnée importante, celle de la
productivité. Aux dires d'un ami, cadre sur le site, elle serait
l'une des plus élevées du groupe. Est-ce l'effet de l'ufanismo
ou est-ce fondé ? Je n'ai pas pu le vérifier.
Malgré les zones d'ombre, il me semble
que l'on peut affirmer, sans risque de se tromper, que le choix
d'implantation des sites du groupe ne repose pas uniquement sur une
priorité donnée aux sites ayant les coûts les plus bas. En France,
les articles de presse ayant trait aux délocalisations ne fouillent
guère les données micro-économiques et se contentent généralement
de reprendre l'idée reçue selon laquelle les délocalisations
s'expliqueraient uniquement par un coût de la main d’œuvre et des
charges moins élevé. À vrai dire, cela n'est pas étonnant de la
part de groupes de la presse commerciale aux mains d'intérêts
privés, dont l'objectif premier est de faire pression sur l'opinion
publique afin qu'elle admette la nécessité de faire baisser les
salaires et les charges patronales. À nous d'exiger des informations
de qualité et de privilégier les très rares médias indépendants.
04 février 2012
Délices du cerrado
Araticum,
buriti, guavira, jatobá, mangaba,
mutamba, murici, taperebá, umbu, telles
sont quelques unes des saveurs exotiques, pour nous Capixabas, que
nous offre le glacier Delícias do Cerrado. Araticum, buriti,
guavira, jatobá, mangaba, mutamba,
murici, taperebá, umbu, comme une comptine,
comme cette comptine de mon enfance : « Orléans,
Beaugency, Notre-Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme ! ».
La comptine de mon enfance évoquait des lieux qui, bien qu'à
seulement quelques centaines de kilomètres, paraissaient d'une autre
planète, une planète harmonieuse, une planète dédiée à la
musique la plus simple et, par conséquent, la plus belle qui fut.
Araticum,
buriti, guavira, jatobá, mangaba,
mutamba, murici, taperebá, umbu résonnent
en moi, eux aussi, comme la musique d'une autre planète, peuplée
d'arbres fruitiers étranges jamais vus sur la terre de mon Brésil
ordinaire. De tous ces noms, un seul m'est familier, le buriti,
par la grâce du roman de João Guimaraes Rosa, Grande Sertão :
Veredas, où en suivant Riobaldo et Diadorim il m'arrivait de
faire une pause à l'ombre d'un bouquet de palmiers buriti dans le
sertão.
Ce soir, j'ai dans
la bouche le goût du fruit du buriti, fruit couleur caca
d'oie et divinement délicieux, exotiquement délicieux. Si je
n'avais pas été condamné à manger des glaces pendant deux jours,
sans doute n'aurais-je jamais connu le goût du buriti, sans
doute serais-je mort sans avoir vraiment désiré me reposer quelque
jour à l'ombre d'un bouquet de palmiers buriti. Sans compter
qu'il me reste à vivre le goût de l'araticum, de la guavira,
du jatobá, de la mangaba (pas vraiment du cerrado,
mais plutôt du Nordeste), de la mutamba, du murici,
du taperebá, de l'umbu.
Pour ceux qui ne
seraient pas tentés par ces saveurs d'une autre planète, Delícias
do Cerrado offre d'autres exotismes : le leite condensado
qui, comme on sait, pousse en Suisse romande du côté de Vevey ;
l'abacaxi francês (ananas français) qui ne laisse pas de
m'intriguer ; ou encore le romeu e julieta (composition
mariant le fromage et la pâte de goyave) qui étonne chez un
glacier...
Pour les lecteurs
qui passeraient à Vitória et qui n'auraient pas la chance de se
perdre dans le cerrado, Delícias do Cerrado se trouve rue
Joaquim Lirio (Praia do Canto), presque en face du Café do Canto. Le
picolé (bâtonnet de glace à l'eau) y vaut 2,50 reais, soit
un peu plus d'un euro.
![]() |
| Vaqueiro peint par Chaudanne |
21 janvier 2012
Crack en stock
Puis-je tout dire sur le Brésil, sur mon Brésil – insensé pari – sans parler du crack ? Hélas non. Le crack fait partie de mon Brésil au quotidien. Rares sont les jours où je ne donne pas une pièce d'un real à un flanelinha(1) décharné, les yeux injectés de sang, définitivement fatigué. Deux remarques : d'abord, ce portrait à grands traits qui tient du cliché n'est que trop vrai ; ensuite, que le lecteur ne conclue pas que tous les flanelinhas sont accrochés au crack !
La première fois que j'ai entendu parler du crack, c'était à Washington DC. Le maire de la capitale étasunienne venait de se faire prendre en flagrant délit. Je le rapporte ici, ne serait-ce que pour rappeler que cette saloperie est déjà ancienne.
La première fois que j'ai vu dealer des cailloux, c'était sur les quais de la station de métro Stalingrad à Paris. La saloperie est assez largement répandu sur le flanc dit occidental de la planète...
Et c'est tous les jours que je croise dans les rues de Vitória des hommes et des femmes, parfois des ados, abrutis par le sommeil du crack. C'est tous les jours ou presque que je participe à l'économie de ce commerce, pièce après l'autre. Que faire ? Ne pas donner, c'est aussi les priver de manger, c'est prendre le risque de punir les flanelinhas qui n'y touchent pas.
N'en déduis pas, l'ami, que le crack n'accable que les misérables entre les pauvres ! Toutes les classes sociales sont clientes. Je connais un avocat qui a tout vendu et tout perdu pour la cocaïne et qui, aujourd'hui à la rue, mendie chaque jour son gramme d'ersatz. Je connais un ado de la classe moyenne que ses parents ont récupéré au poste de police après avoir été arrêté avec cinq cailloux en poche. Les parents se sont fait racketter 5.000 reais (un peu plus de 2.000 euros) pour éviter au fiston la prison.
Depuis quelques jours, le maire de São Paulo a déclenché une vaste opération policière pour démanteler Cracolândia, le pays du crack, la cour des miracles du dernier cercle de l'enfer. Mal préparée, l'opération fait débat. Le trafic s'est redéployé sur d'autres terrains, s'est dilué. Et rien ou presque n'est fait pour tenter de « désintoxiquer » les « consommateurs ». Manque de volonté politique, manque de moyens, l'un et l'autre vont ensemble, comme souvent.
Il y aurait deux millions de consommateurs à travers le Brésil. Invérifiable, évidemment, mais l'épidémie continue de se propager, personne n'en doute. « O que fazer ? », dit-on avec fatalisme. Le monde glisse doucement à sa perte, le crack est une composante de sa faillite parmi d'autres. Révolution ! Nous ne nous en sortirions et nous sortirions les damnés du crack que par une révolution. Mais qui croit encore à un possible sursaut quant tout est fait pour nous condamner à la torpeur ?
Vitória aussi a son Cracolândia : quelques bâtiments à l'abandon le long des quais. Des corps jonchent les trottoirs et les plate-formes. Nous filons très vite en voiture le long de ces quais, nous ne les voyons plus.
La première fois que j'ai entendu parler du crack, c'était à Washington DC. Le maire de la capitale étasunienne venait de se faire prendre en flagrant délit. Je le rapporte ici, ne serait-ce que pour rappeler que cette saloperie est déjà ancienne.
La première fois que j'ai vu dealer des cailloux, c'était sur les quais de la station de métro Stalingrad à Paris. La saloperie est assez largement répandu sur le flanc dit occidental de la planète...
Et c'est tous les jours que je croise dans les rues de Vitória des hommes et des femmes, parfois des ados, abrutis par le sommeil du crack. C'est tous les jours ou presque que je participe à l'économie de ce commerce, pièce après l'autre. Que faire ? Ne pas donner, c'est aussi les priver de manger, c'est prendre le risque de punir les flanelinhas qui n'y touchent pas.
N'en déduis pas, l'ami, que le crack n'accable que les misérables entre les pauvres ! Toutes les classes sociales sont clientes. Je connais un avocat qui a tout vendu et tout perdu pour la cocaïne et qui, aujourd'hui à la rue, mendie chaque jour son gramme d'ersatz. Je connais un ado de la classe moyenne que ses parents ont récupéré au poste de police après avoir été arrêté avec cinq cailloux en poche. Les parents se sont fait racketter 5.000 reais (un peu plus de 2.000 euros) pour éviter au fiston la prison.
Depuis quelques jours, le maire de São Paulo a déclenché une vaste opération policière pour démanteler Cracolândia, le pays du crack, la cour des miracles du dernier cercle de l'enfer. Mal préparée, l'opération fait débat. Le trafic s'est redéployé sur d'autres terrains, s'est dilué. Et rien ou presque n'est fait pour tenter de « désintoxiquer » les « consommateurs ». Manque de volonté politique, manque de moyens, l'un et l'autre vont ensemble, comme souvent.
Il y aurait deux millions de consommateurs à travers le Brésil. Invérifiable, évidemment, mais l'épidémie continue de se propager, personne n'en doute. « O que fazer ? », dit-on avec fatalisme. Le monde glisse doucement à sa perte, le crack est une composante de sa faillite parmi d'autres. Révolution ! Nous ne nous en sortirions et nous sortirions les damnés du crack que par une révolution. Mais qui croit encore à un possible sursaut quant tout est fait pour nous condamner à la torpeur ?
Vitória aussi a son Cracolândia : quelques bâtiments à l'abandon le long des quais. Des corps jonchent les trottoirs et les plate-formes. Nous filons très vite en voiture le long de ces quais, nous ne les voyons plus.
* * *
(1) Celui ou celle qui aide à stationner, en échange d'une pièce. Le tarif généralement admis est un real à Vitória, en temps ordinaire. Les soirs de spectacle, cela peut monter à 10 reais.
19 janvier 2012
Nara Leão
Le 19 janvier 1942, Nara Leão naissait à Vitória. Il y a donc 70 ans aujourd'hui. Fille cadette du couple Jaíro Leão et Altina Lofego – cette dernière descendante d'immigrés italiens (les Lofiego) venues de la province de Potenza –, Nara est, par ses origines, la Capixaba typique. Sa sœur aînée, toujours vivante et paraissant 20 ans de moins, est un ancien mannequin très jet set et aujourd'hui une chroniqueuse, toujours très jet set, de la Folha de São Paulo, Danuza Leão. La relation de Nara avec Vitória est, cependant, du même ordre que celle de Victor Hugo avec Besançon.
En effet, c'est quand elle a un an que ses parents s'installent à Rio de Janeiro. Ce n'est donc pas un hasard ni l'effet d'une coquetterie si elle chante avec l'accent chuintant des Cariocas. Sans doute est-ce son plus grand défaut, me souffle-t-on, mais on me le souffle de l'Espírito Santo, cette terre bénie des dieux où l'on parlerait portugais sans accent ! Mieux vaut que je ne dise rien de ces dieux et que je passe au paragraphe suivant.
Nara apprend à jouer de la guitare quand elle est adolescente, comme l'a fait au même âge ma cousine Michèle, de Besançon elle aussi. Petite différence, Nara a notamment étudié avec Patricio Texeira, ex-membre du groupe Os Oito Batutas, qui accompagnait rien moins que Pixinguinha. Mais, on le sait, elle est surtout connue pour avoir fait de l'appartement de ses parents à Copacabana, au début des années 60, un des berceaux de la bossa nova. Roberto Menescal et Carlos Lyra (qui avaient aussi été ses professeurs), Sérgio Mendes, Ronaldo Bôscoli (l'amoureux d'alors) en étaient les clients les plus assidus. On a dit qu'elle avait été la « muse de la bossa nova », mais je ne suis pas sûr qu'elle aimait cette étiquette, alors qu'elle a été elle-même une grande chanteuse de la MPB, qui a notamment gagné deux prix lors du festival organisé en 1966 par TV Record, en interprétant A Banda de Chico Buarque.
Nara a aimé le cinéma en se mariant, d'abord avec Ruy Guerra, puis avec Cacá Diegues, avec qui elle a eu deux enfants, dont Isabel, née à Paris, qui, à l'occasion du 70ème anniversaire de la naissance de sa mère, lance un site très sobre et néanmoins très complet qui nous offre, entre autres, la possibilité d'écouter toutes les chansons et d'en lire les vers. Cher lecteur, tu le rejoindras en cliquant ici.
Rappelons que Nara est morte en 1989, des suites d'un cancer. Nara avait alors 47 ans.
En effet, c'est quand elle a un an que ses parents s'installent à Rio de Janeiro. Ce n'est donc pas un hasard ni l'effet d'une coquetterie si elle chante avec l'accent chuintant des Cariocas. Sans doute est-ce son plus grand défaut, me souffle-t-on, mais on me le souffle de l'Espírito Santo, cette terre bénie des dieux où l'on parlerait portugais sans accent ! Mieux vaut que je ne dise rien de ces dieux et que je passe au paragraphe suivant.
Nara apprend à jouer de la guitare quand elle est adolescente, comme l'a fait au même âge ma cousine Michèle, de Besançon elle aussi. Petite différence, Nara a notamment étudié avec Patricio Texeira, ex-membre du groupe Os Oito Batutas, qui accompagnait rien moins que Pixinguinha. Mais, on le sait, elle est surtout connue pour avoir fait de l'appartement de ses parents à Copacabana, au début des années 60, un des berceaux de la bossa nova. Roberto Menescal et Carlos Lyra (qui avaient aussi été ses professeurs), Sérgio Mendes, Ronaldo Bôscoli (l'amoureux d'alors) en étaient les clients les plus assidus. On a dit qu'elle avait été la « muse de la bossa nova », mais je ne suis pas sûr qu'elle aimait cette étiquette, alors qu'elle a été elle-même une grande chanteuse de la MPB, qui a notamment gagné deux prix lors du festival organisé en 1966 par TV Record, en interprétant A Banda de Chico Buarque.
Nara a aimé le cinéma en se mariant, d'abord avec Ruy Guerra, puis avec Cacá Diegues, avec qui elle a eu deux enfants, dont Isabel, née à Paris, qui, à l'occasion du 70ème anniversaire de la naissance de sa mère, lance un site très sobre et néanmoins très complet qui nous offre, entre autres, la possibilité d'écouter toutes les chansons et d'en lire les vers. Cher lecteur, tu le rejoindras en cliquant ici.
Rappelons que Nara est morte en 1989, des suites d'un cancer. Nara avait alors 47 ans.
11 janvier 2012
Quand les vaches tombent du ciel
Faut-il que je tire désormais au sort les films que mon épouse et moi irons voir ? Après tout, ne sommes-nous pas victimes de préjugés anti-hollywoodiens ? En effet, la discrimination positive nous conduisant à privilégier des films de pays périphériques, comme la Chine et la France, se montre parfois contre-productive.
Ainsi, vendredi, nous nous décidons pour Kristin Scott-Thomas dans le dernier Gilles Paquet-Brenner au Metrópolis, le ciné-club de l'université. Je jette un œil à l'affiche, aux horaires, j'achète nos deux billets et nous nous installons dans des fauteuils fatigués et encore humides des pluies torrentielles de l'avant-veille. Commence le film et le spectacle passe aussitôt dans la salle : nous nous regardons tous et improvisons d'improbables dialogues. C'est que le projectionniste semble s'être emmêlé les pinceaux. Deux spectateurs prennent l'initiative de prévenir le gérant et reviennent, deux minutes plus tard. Verdit : Kristin Scott-Thomas a raté l'avion qui devait l'amener à Vitória. J'imagine la même scène en France, le public réclamer à grands cris le remboursement des tickets. Mais, à Vitória, nous avons affaire à un bon public : collectivement, nous décidons de rester. Après tout, le Machine Gun Preacher qui a débuté est peut-être un chef d’œuvre qui, sans ce cafouillage, nous aurait échappé ! Repoussant un accès de mauvaise humeur, je me dis qu'il y a toujours quelque chose à prendre et à apprendre. De fait, j'apprendrai l'existence de Sam Childers, petite frappe ultra-violente qui a, miraculeusement, choisi la rédemption en construisant une église et un orphelinat au sud du Soudan – c'était avant la très récente indépendance –, faisant accessoirement le coup de feu contre les guérilleros de la secte prétendument chrétienne de Joseph Kony (Lord's Resistance Army). Disons le, ce panégyrique à la gloire d'un Rambo pentecôtiste est un navet de première.
Samedi, nous jetons notre dévolu sur un opus allemand qui déroule sa trame en Argentine : Le jour où je ne suis pas né. Tu parles d'un titre à la mords-moi-le-noeud ! Mais j'ai les idées larges et le Ciné Jardins, qui est notre cinéma favori, nous déçoit rarement, grâce à la curiosité universaliste de Juninho, son gérant. Hélas, trois fois hélas, nous avons encore une fois fait mauvaise pioche. La pellicule est brûlée en son centre (!) et rayée tout autour, des rayures d'une densité rarement vue dans ma déjà longue vie de cinéphile. Mais l'objet cinématographique ? Est-ce ma mauvaise humeur, que cette fois je ne parviens pas à dompter, toujours est-il qu'il m'a semblé voir un docu-fiction d'Arte sur l'affaire des bébés de disparus de la dictature argentine, des bébés enlevés par des familles en mal d'adoption.
Le cinéma étant comme le saut à la perche, nous remettons ça, pour une troisième et dernière tentative, le dimanche. Après le navet étasunien annexant le sud du Soudan, après le regard allemand porté sur l'Argentine, nous tentons un Conte chinois qui, comme son titre l'indique, se déroule à Buenos Aires. Le croiras-tu, le film projeté sur le grand écran est celui annoncé et la copie en excellent état ! Quant au personnage principal, Roberto, ce serait mon portrait – psychologique, je tiens à le préciser – craché, selon ma chère et pas très tendre, qui aurait, si tel était le cas, bien du mérite de me supporter au quotidien. Faites connaissance avec Roberto, aux prises avec un immigré chinois, vous rirez peut-être du Roberto qui sommeille en vous, comme ont ri tous les Roberto – et ils étaient nombreux ce soir-là – présents dans la salle. Enfin, vous saurez, grâce à un David Pujadas russe, qu'il arrive que des vaches tombent du ciel. Vraiment !
Ainsi, vendredi, nous nous décidons pour Kristin Scott-Thomas dans le dernier Gilles Paquet-Brenner au Metrópolis, le ciné-club de l'université. Je jette un œil à l'affiche, aux horaires, j'achète nos deux billets et nous nous installons dans des fauteuils fatigués et encore humides des pluies torrentielles de l'avant-veille. Commence le film et le spectacle passe aussitôt dans la salle : nous nous regardons tous et improvisons d'improbables dialogues. C'est que le projectionniste semble s'être emmêlé les pinceaux. Deux spectateurs prennent l'initiative de prévenir le gérant et reviennent, deux minutes plus tard. Verdit : Kristin Scott-Thomas a raté l'avion qui devait l'amener à Vitória. J'imagine la même scène en France, le public réclamer à grands cris le remboursement des tickets. Mais, à Vitória, nous avons affaire à un bon public : collectivement, nous décidons de rester. Après tout, le Machine Gun Preacher qui a débuté est peut-être un chef d’œuvre qui, sans ce cafouillage, nous aurait échappé ! Repoussant un accès de mauvaise humeur, je me dis qu'il y a toujours quelque chose à prendre et à apprendre. De fait, j'apprendrai l'existence de Sam Childers, petite frappe ultra-violente qui a, miraculeusement, choisi la rédemption en construisant une église et un orphelinat au sud du Soudan – c'était avant la très récente indépendance –, faisant accessoirement le coup de feu contre les guérilleros de la secte prétendument chrétienne de Joseph Kony (Lord's Resistance Army). Disons le, ce panégyrique à la gloire d'un Rambo pentecôtiste est un navet de première.
Samedi, nous jetons notre dévolu sur un opus allemand qui déroule sa trame en Argentine : Le jour où je ne suis pas né. Tu parles d'un titre à la mords-moi-le-noeud ! Mais j'ai les idées larges et le Ciné Jardins, qui est notre cinéma favori, nous déçoit rarement, grâce à la curiosité universaliste de Juninho, son gérant. Hélas, trois fois hélas, nous avons encore une fois fait mauvaise pioche. La pellicule est brûlée en son centre (!) et rayée tout autour, des rayures d'une densité rarement vue dans ma déjà longue vie de cinéphile. Mais l'objet cinématographique ? Est-ce ma mauvaise humeur, que cette fois je ne parviens pas à dompter, toujours est-il qu'il m'a semblé voir un docu-fiction d'Arte sur l'affaire des bébés de disparus de la dictature argentine, des bébés enlevés par des familles en mal d'adoption.
Le cinéma étant comme le saut à la perche, nous remettons ça, pour une troisième et dernière tentative, le dimanche. Après le navet étasunien annexant le sud du Soudan, après le regard allemand porté sur l'Argentine, nous tentons un Conte chinois qui, comme son titre l'indique, se déroule à Buenos Aires. Le croiras-tu, le film projeté sur le grand écran est celui annoncé et la copie en excellent état ! Quant au personnage principal, Roberto, ce serait mon portrait – psychologique, je tiens à le préciser – craché, selon ma chère et pas très tendre, qui aurait, si tel était le cas, bien du mérite de me supporter au quotidien. Faites connaissance avec Roberto, aux prises avec un immigré chinois, vous rirez peut-être du Roberto qui sommeille en vous, comme ont ri tous les Roberto – et ils étaient nombreux ce soir-là – présents dans la salle. Enfin, vous saurez, grâce à un David Pujadas russe, qu'il arrive que des vaches tombent du ciel. Vraiment !
08 janvier 2012
Je me suis ennuyé chez Fantasia
Si je ne recherche pas la compagnie de mes compatriotes, je ne l'évite pas non plus. Au bonheur la chance, telle est en la matière, comme en bien d'autres, ma devise. C'est ainsi que je me suis ennuyé l'autre jour en acceptant l'invitation à dîner d'un couple franco-brésilien, l'un linguiste qui se croyait distingué, l'autre tout autant masculin qui a longtemps été cuistot au Lapin toqué, le restaurant de la clinique de La Borde.
J'ai très vite fait connaissance avec le premier, en sirotant un breuvage exotique fait d'une eau dans laquelle avaient macéré diverses plantes et à laquelle avaient été ajoutées quelques gouttes de Martini blanc, cet alcool frelaté haut placé dans l'échelle des apéritifs vulgaires. Ce premier est donc un linguiste français égaré, par amour, sur le campus de l'université locale et néanmoins fédérale. Sans cet appel de l'amour, sans doute n'aurait-il jamais mis les pieds à Vitória, pas plus que son compagnon brésilien, soit dit en passant. Grand bien lui aurait fait puisque, à peine avions-nous engagé la conversation, notre linguiste, piqué par je ne sais quelle mouche tropicale, qualifiait les Capixabas de ploucs ! Notre linguiste – je l'appellerai désormais Fantasia – devrait pourtant savoir que, comme pour les intellectuels, il n'y a de ploucs que français, et que, par conséquent, de même qu'il ne saurait y avoir de traduction en français du signifiant « saudade » comme de son signifié, il ne saurait y avoir de traduction en portugais du signifiant « plouc » comme de son signifié. Mais qu'importe, je me suis risqué à traduire en mon for intérieur « plouc » par « pé de cachorro ». Pés de cachorro, les Capixabas ? Je lui ai fait remarquer qu'il y avait, sans doute permis, la même proportion de ploucs à Vitória qu'à Rio de Janeiro et à São Paulo. Que nenni ! croyait-il devoir rétorquer, argumentant qu'il n'en avait pas vu autant dans les deux métropoles susdites. Il m'a été facile d'ironiser qu'il ne connaissait pas très bien ces deux villes. Il a alors essayé de dribbler : comment pouvais-je dire ça alors que nous ne nous connaissions que depuis cinq minutes ? Je l'ai aussitôt contré, en lui faisant remarquer que son opinion démontrait qu'il ne connaissait que des territoires assez exigus de Rio et São Paulo.
Le bec cloué, Fantasia s'est levé et a fait mine de s'intéresser à ce qui se passait du côté de la cuisine. Quant à moi, je me suis promis de ne plus perdre mon temps en arguties avec cet énergumène pendant le reste de la soirée, ce qui ne m'empêchait pas de le guetter du coin de l’œil de temps à autre.
Entre la salade de crevettes sur son lit de potage marin et les confits de canard, la conversation a soudain dévié vers Rio. Quelqu'un a évoqué les macabres parties de football qui se jouent dans certaines favelas et cours de prison. Règle du jeu : on trucide un compagnon d'infortune et on lui tranche la tête pour en faire un ballon. Puis c'est chacun pour soi et Dieu pour tous ! De ce jeu qui tient autant du polo afghan que de la balle au pied, d'autres convives sont passés à évoquer les mille maux de la société brésilienne, la diabolique trinité médiatique (le foot encore, la corruption, les homicides), le trafic de drogues alimenté par ses riches clients et l'ignorance crasse des élites, « pé de cachorro demais ». Quelqu'un a commencé à balancer des noms d'artiste sous perfusion cocaïnée. Ah oui ? s'est étranglé Fantasia, manifestement pas franchement déniaisé. Puis, clou de la conversation, un autre a voulu le rassurer : même les pés de cachorro qui courent les rues de Rio, mais aussi de plus en plus souvent celles de Vitória, ont une fâcheuse tendance à abandonner la bière et la maconha pour adopter le crack et le Coca, y compris dans les pagodes, des pagodes qui risquent de se transformer petit à petit en cimetières du samba où ne rôderaient plus que des zombies armés de guitares et cavaquinhos en lambeaux de bois putréfiés. Pour enfoncer le clou, ma chère et tendre a cru devoir en rajouter en déchiffrant pour notre linguiste ces funestes propos dont il ne maîtrisait pas tous les sens.
Notre nouvel ami s'est levé, est allé chercher une nouvelle bouteille de vin et s'en est servi un grand verre. J'ai attaqué ma cuisse de canard, délicieuse au demeurant, et me suis pourléché goulûment les babines. Et, pour marquer le point, j'ai trinqué avec Fantasia.
![]() |
| Un pagode n'ayant pas encore muté - Photo : PixeLuz / Francis Juif |
05 janvier 2012
La descente aux enfers d' Alexandre Estevão Ramos
L'Espírito Santo, ses plages, ses montagnes, sa moqueca capixaba. Et ses prisons. Des prisons qui nous rappellent que l'enfer est une invention humaine, que l'enfer est sur terre et non pas au ciel. Des prisons dont les conditions d'enfermement épouvantables ont déjà été pointées plusieurs fois, au point d'émouvoir jusqu'à des rapporteurs de l'ONU. Des prisons dont se désintéressent les principales autorités locales, à commencer par le gouverneur actuel, Renato Casagrande, qui semble ne pas vouloir faire mieux que l'ancien gouverneur, Paulo Hartung, lui-même moins occupé à promouvoir le bien public qu'à constamment manipuler dans l'ombre ceux qui auraient pu (ou pourraient encore) le gêner. Des prisons auxquelles ne s'intéressent guère les citoyens capixabas. Mais faut-il en être surpris ? Si la presse et les télés locales tiennent avec force détails morbides la chronique des homicides, elles taisent les meurtres d'État. Il aura fallu qu'un journal en ligne, Século Diário, en parle pour que, malgré le black out décrété par les politiques et leurs complices journalistes, une nouvelle et lamentable histoire finisse par toucher quelques uns d'entre nous, nous toucher à tous égards, et nous décide à la relayer via les réseaux sociaux ou les blogues.
C'est mardi dernier qu'a pris fin le supplice du jeune Alexandre Estevão Ramos, une septicémie signant la fin de sa descente aux enfers. Les souffrances d'Alexandre ont commencé le 18 mars 2010. Touché dans le dos, ce jour-là, par une balle tirée par un policier, il a été abandonné en équilibre instable sur un rocher où il est resté trois heures à perdre son sang, avant que le SAMU lui porte secours. Pour cela, encore aura-t-il fallu que des habitants du quartier réussissent à obtenir d'abord l'envoi sur place d'une équipe d'une chaîne de télévision...
Il restera deux mois dans un hôpital, puis sera transféré dans un autre hôpital. Puis il sera interné au pénitencier de haute sécurité de Viana, sans que sa famille en soit informé et moins encore de son état de paraplégique. C'est dans l'infirmerie de la prison qu'Alexandre contractera une infection généralisée. On le conduira à nouveau à l'hôpital où il sera nécessaire d'amputer ses deux jambes. On le rendra alors à sa famille. Puis ce seront des déménagements, de nouveaux séjours à l'hôpital. À la fin, terriblement affaibli, il n'aura plus la force de parler.
Le récit de cette descente aux enfers est à lire sur le site du Século Diário. Les photos sont difficilement soutenables. La vérité des faits ne l'est pas moins.
Mehdi et moi-même, qui vivons dans l'État d'Espírito Santo, avons pensé qu'il était de notre devoir de répercuter cette affaire au-delà des frontières du Brésil.
Nous publions donc simultanément un article sur le supplice d'Alexandre.
22 décembre 2011
Tribulations d'un intellectuel français au Brésil
Prenez un intellectuel français et suivez mon regard ! Mon regard ? Non, plutôt ma pensée. Soit dit en passant, l'expression « intellectuel français » est quelque peu redondante, car a-t-on déjà vu des intellectuels étasuniens, baloutches ou bavarois ? On me dit que non, que l'intellectuel est forcément français. Admettons...
Prenons donc un intellectuel français, né en 1939, et invitons-le à répandre sa divine parole à Vitória, loin du lieu où il est né, loin du lieu où il professe. Il accepte avec joie, mais, et c'est normal, y pose gentiment mais fermement quelques conditions bien compréhensibles, eu égard à son grand âge et à sa grande sagesse.
Si, initialement, un voyage en business class lui convenait, il lui vient à la réflexion, une réflexion dont le poids n'a pas de prix, cela va sans dire, il lui vient donc qu'il lui serait plus confortable de voyager en première classe et, impérativement, avec Air France.
Sans nul doute, notre intellectuel français est-il, et je l'approuve, sensible à l'air du temps qui veut que les Français consomment avant tout français. Qu'importe alors que la puissance invitante et payante lui ait proposé un vol de la TAM, notre intellectuel en fait une question de principe. De même qu'il laisse entendre, gentiment mais fermement, qu'il ne saurait pousser jusqu'à Vitória, Air France ne desservant pas la capitale capixaba. Ce sera donc aux 150 auditeurs attendus de faire le voyage de Rio ou São Paulo. Mais il est vrai que la divine parole n'a, elle non plus, pas de prix.
Notre intellectuel imagine-t-il que des réticences puissent se faire jour côté brésilien ? Nullement. Ne lui a-t-on pas répété, ces dernières années, sur les ondes et dans la presse, que le Brésil tenait la forme, économiquement parlant ? Puisque la France périclite et que le Brésil s'enrichit, notre intellectuel est convaincu qu'il fait œuvre d'intérêt patriotique en défendant les parts de marché de l'entreprise France.
Oui, mais voilà, les Brésiliens qui l'ont invité rechignent à faire l'investissement. Notre intellectuel ne devrait pas croire tout ce que l'on raconte dans les journaux. N'est il pas payé pour le savoir ? Trop tard, cette fois ses vieux os feront l'économie d'un voyage au Brésil.
21 mai 2011
Crise d'embouteillage
Hier soir, pluies torrentielles. Et, par conséquent, crise d'embouteillage à Vitória et dans l'agglomération. Si bien que nous n'avons pas réussi à rejoindre le théâtre Carlos Gomes où se produisait Wanderson Lopez.
Nous nous sommes tous retrouvés au restaurant Spaghetti & Cia. Excellente soirée finalement.
Ce matin, sale temps encore. Plutôt le crachin normand.
Nous nous sommes tous retrouvés au restaurant Spaghetti & Cia. Excellente soirée finalement.
Ce matin, sale temps encore. Plutôt le crachin normand.
06 mai 2011
La facture d’électricité
Putain, quel sujet la facture d’électricité ! C’est que ce matin, ô surprise, j’ai découvert après tant d’années comment se faisaient les factures d’électricité. Et c’est de la haute technologie, très astucieuse, il faut bien le dire.
Donc, pour commencer, le releveur des compteurs passe dans les immeubles, ce qui ne doit pas être très différent du processus français, si je me souviens bien. Puis il enregistre dans une machine ad-hoc les chiffres, machine qui aussitôt dégurgite la facture papier, facture qui est aussitôt mise sous pli plastique, lui~même thermiquement scellé dans la foulée. Il ne reste plus au releveur des compteurs qu’à remettre les petites enveloppes rouges d’EDP, la multinationale portugaise qui opère à Vitória, au portier qui les distillera aux habitants.
Haute technologie, je vous disais. Grâce à laquelle nous faisons, euh, des putains d'économie.
Montant de notre facture pour le mois d’avril : 74,19 reais, soit environ 31 euros au cours de ce jour.
Donc, pour commencer, le releveur des compteurs passe dans les immeubles, ce qui ne doit pas être très différent du processus français, si je me souviens bien. Puis il enregistre dans une machine ad-hoc les chiffres, machine qui aussitôt dégurgite la facture papier, facture qui est aussitôt mise sous pli plastique, lui~même thermiquement scellé dans la foulée. Il ne reste plus au releveur des compteurs qu’à remettre les petites enveloppes rouges d’EDP, la multinationale portugaise qui opère à Vitória, au portier qui les distillera aux habitants.
Haute technologie, je vous disais. Grâce à laquelle nous faisons, euh, des putains d'économie.
Montant de notre facture pour le mois d’avril : 74,19 reais, soit environ 31 euros au cours de ce jour.
02 mai 2011
Jour férié
Lundi 2 mai. Jour férié. Bienvenu pour compenser un 1er mai qui tombait un dimanche. Cela devrait être interdit ! Il serait temps de ré-instituer un calendrier révolutionnaire...
Et dire que c'est à Nossa Senhora da Penha que nous devons ce jour de repos !
Élimination de Ben Laden quelques heures après la béatification de Jean-Paul II. J'y vois un curieux rapprochement. Voire malencontreux...
Beau temps.
Et dire que c'est à Nossa Senhora da Penha que nous devons ce jour de repos !
Élimination de Ben Laden quelques heures après la béatification de Jean-Paul II. J'y vois un curieux rapprochement. Voire malencontreux...
Beau temps.
14 avril 2011
Copa 2014 : du plomb dans l’aile
Selon l’IPEA (Instituto de Pesquisa Econômica e Aplicada), les aéroports de neuf des villes qui accueilleront la Coupe du monde de football ne seront pas prêts à temps. Il ne s’agit pourtant pas de les construire, mais simplement de les mettre à niveau...
Et de citer l’exemple de Vitória (qui n’accueillera pas la Copa) pour qui, selon l’Infraero (Empresa Brasileira de Infra-Estrutura Aeroportuária), la prévision de trafic à l’horizon 2014 est de 2,1 millions de passagers par an, alors qu’en 2010 le trafic a été de 2,3 millions.
Et de citer l’exemple de Vitória (qui n’accueillera pas la Copa) pour qui, selon l’Infraero (Empresa Brasileira de Infra-Estrutura Aeroportuária), la prévision de trafic à l’horizon 2014 est de 2,1 millions de passagers par an, alors qu’en 2010 le trafic a été de 2,3 millions.
Inscription à :
Articles (Atom)
.jpg)




